•r-^ ^5^. 1^^^^%^^ SOClfiTfi PHILOMATIOUE DE PARIS. ! ■ — i J. . . II. ANNlilE 48.18. I m^ u itawi— »» EXTRAIT DE L'lNSTITUT, - JOUBNAL I'NITEKSEI. DES SCIENCES ET DEB SOCIKTBS SAVANTBS EN FRANCE ET A l'i^RANGER. 1" Section. — Sciencesmath6niatiques,phjsiques etnaturelles. Boulevard Poissonniere, 24, S Paris. SOCIfiTfi PHILOMATIQUE DE PARIS. EXTRAITS DES PROCis-VERBAUX DES silANGES PENDANT l'aNNEE 1848. PARIS , IMPRIMERIE DE COSSON, RUE DC FOUR-SAINT'GERUAIM, 47. 1848. S> Jt) jl&. EXTRAIT DE L'INSTITUT, JOrHNAL VNITEBSEL DES SCIENCES ET DE8 SOCIETiS 8ATANTBS EN FRANCE ET A l'^HANOER. SOClfiTfi PHILOMATIQUE DE PARIS. EXTRAITS DES PROCts-VERBAUX DES silANGES PENDANT l'aNNEE 1848. PARIS , IMPRIMERIE DE COSSON, RUB DU FOUR-SAINT- GERMAIN, 47. 1848. SOCIETY PHILOMATIQUE DE PARIS. SEANCES DE 1848. ' Seance du 15 Janvier 1848. Anatomik. — M.Ch. Robin lituo second memoire et pr6sente !es planches relatives a la structure des ganglions du systeme nerveux peripherique. Voici le resume que M. Robin donne lui-meme de son travail. « 1° Deja dans mon premier memoire(l3 fev.l847),j'avais dit que, dans toutes ies classes des Vertebres, la structure des gan- glions etait la meme que chez Ies Poissons, Ies faits que je viens d'enoncer achevent de le prouver. » 2° Chez Ies Reptiles (Grenouilles, Triton), Ies Oiseaux (Coq, Pigeon, Lams) et Ies Mammiferes (Homme, Boeuf, Cliat j Lapin), comme chez Ies Poissons, Ies globules ganglionnaires ne sont pas de petits centres nerveux ; mais a celui de leurs p6- les tourne vers le cerveau ou la raoclle arrive un tube nerveux qui communique avec la cavite du globule. Du p61e oppose part un tube qui se rend dans Ies organes peripheriques. » 3" Cheztous ces aniraaux on distingue deux ordresde glo- bules, qui correspondent chacun a une espece particuliere de tu- bes nerveux. Les uns sont plus volumineiix, spheriques (ovoides chez les Oiseaux) et sont en relation avec les tubes larges ou sen- sitifs. Les autres, du tiers ou de moitie plus petite j generale- 6 ment ovoides (quelquefois spheriques), sonl en relation avec les tubes minces on sympathiques. » 4' Ces deruiers giobulos on petits globules sontmoins nona- brcux dans les ganglions cerehraux et raehldiens que dans ceux du grand sympathique, oil ilspredominentde beaucoup. » 5" Chez tons les Vertebres le contenu des globules ganglion- naires est different du contenu dcs tubes nerveux; il est forme d'une masse homogeoe,finementgranuleuse, contenant dans son centre ou h peu pres une cellule transparcnte, pkine d'un li- quide limpide , legerement jaunatre. Cette cellule est pourvue d'un nucleolegraisseux. Cette masse granuleuseest assez dense, et souvent, pendant la preparation, I'enveloppe du globule etant dechiree , celle-la s'echappe en conservant la forme qu'avait le globule. » 6° La parol des globules varie d'epaisseur suivant les clas- ses animales et suivant les especes de globules ; elle est toujours plus epaisse dans les grands globules que dans les petits. Elle est parsemee de noyaux ovoides ou polygonaux allonges, qu'on rend tres apparents par I'emploi de I'acide acetique. Les Repti- les sont, de tous,ceux chez lesquels les parois sont les plus min- ces , et les noyaux manquent presque toujours ou sont tres peu nombreux. Les Plagiostomes sont les seuls Vertebres chez lesquels la paroi des globules soit tapissee de cellules k surface interne. »7" L'adhcrencedes globules lesunsaux autrcs, par I'interme- diaire d'un tissu cellulaire tres serre, rend la preparation dts globules plus difficile dans les Mammiferes, les Oiseaux et les Reptiles que chez les Poissoiis, surtout quo chez les Plagiosto- mes. Ordinairement les tubes se cassenta leur point d'uniou avec les globules mous, on apercoit presque toujours a leurs deux p6les opposes les traces de la rupture des tubes nerveux. Toutefois ces traces de rupture ne se voient pas chez les Reptiles parce que I'enveloppe des globules est tres mince et n'est pas parcourue par des fibres, comme chez les autres animaux ; elle est plus homogene , et n'a pas I'aspect fibreux. » 8° Les petits globules sont toujours reunis en groupes serres et DOQ melanges avec les gros globules, ou globules dee tubes de la vie animale, lesquels forment aussi des groupes, raais moins serresque les precedents. >' 9° De tousles Vertebras , les Oiseaux soiit ceux donl les globules ganglionnaires sent les plus petits. » L'analyse des nombreux travaux publics sur ce sujet dej^ depuis longtemps, et dans ces derniers temps (R. Wagner, Bid- der, Vokmann, etc.), sera publiee prochainement avec le me- moire entier, et d'autres recherches sur les globules ganglion- naires des lusectes et des Crqstaces. » Arithmetiqup. — M. Serret fait la comraunicalioi^ suivante : 1* Si I'on developpe en fraction continue laracine carreed'un nombre entier A, et i x„ et a\„ designent les deux fractions cou- vergcntes qui corres;;o::dent respectivement au dernier quotient dans les periodes de rangs n et 2k, on a la relation tressinaple ■ A a?„-| *^««— '_ ■ 2° Si I'on applique la methode d'approximaiion de Newton h la recherche de p^A, et que Ton preuneo?,. pour premiere valeur approchee, la methode de Newton fournit aCjnpour secondc va- leur de J/aT I 3° II ya d'autres cas encore, oil, en partant d'une fraclion convergente, la methode de Newton fournit une seconde frac- lion convergente.Cela arrive en particulicr pour le nombre 39 ; en prenant une fraction convcrgeiiti; [)our premiere approxima- tion, la jmethode^de Newton en fournit toujours une seconde. Generalement si— est une fraction convergente vers^^A, et si le quotient de // — kq^ par le plus grand commun diviseur dc if — A9- et de 'iTp est moindre que ^^A^on obtiendra une seconde fraction convergente en appliquant la methode de Newton a la premiere. M. Serret annonce aussi qu'en executant sur la sphere dis constructions analogues a celles qui lui ont fourni les courbcs elliptiquesde premiere classe, sur le plan,onobtieatdescourbes 8 • elliptiques spheriques, dont les arcs representent exactement lesfonctions elliptiques de la premiere espece. — Le merae raerabre, en faisant hommage a la Societe, au nom de I'auteur, d'un exemplaire de la premiere lecou d'ua cours de cinematique, professe a 1' Association polyleclinique, par M. Charles Laboulaye, aucieii elevede I'Eeole poiyte^hni- que, presente quelques considerations sur la haute importance de renseignement de cette partie de la mecanique appliquee. Hydraulique. — M. de Caligny comraunique4es observations qu'ii afaites sur les tourbillous de I'eau dans le Loiret, en aval d'un retrecissement. Jai communique, dit-il, eu 1845, des experiences que j'ai faites a rembouchure d'un canal factice, dans ua reservoir d'a- val. J'ai montre qu'il y avail des circonstances pour lesquelles un 6vasement donnait lieu a un relrecissemejit^ a cause de la maniere dont se comportaieut les tourbillons lateraiix. L'obser- vation dont il s'agit aujourd'hui confirme cette remarque pour des vitesses beaucoup plus grandes et de beaucoup plus grandes masses d'eau. Le retrecissement etait asscz graduel en amout pour que les filets liquides dussent etre paralieles a la direction du courant principal. Mais les tourbillons lateraux qui faisaieut remonter les corps flottants et les corps plonges en sens contraire du courant occasionnaient une deviation tres sensible dans la direction des filets lateraux, d'ou il r6,-.ultait un second retre- cissement. II y a lieu de penser, d'apres ces observations, qu'il doit y avoir quelque erreur dans la maniere dont on estime la perte de force vive aux evasements dans les tuyaux de conduitc, quaud la dilatation est /e/aai'emsH^ plus giande que ne Tindique en appa- rence la difference des sections des tuyaux. Les tourbillons ten- dent, iiest vrai, icommuniquer lateralement de la vitesse dans !e sens du raouveraent de sortie de la veine liquide, mais la force vivequ'ils peuvent restituer ainsi aete d'abord empruulee k la veiue liquide elle-meme. Seance du 22 Janvier 1848, M. de Caligny a communique I'aTinee derniere a la Societe une roue verticale a aubes courbes, lecevant I'eau do haul en 9 has. II fait observer aujourd'liui que, du moins pour les dia- metres d'une grandeur suffisante, la theorie de cette roue dif- f^re tres pen de celle des roues d'^Euler et de Borda, meme quand le liquide entre lat^ralcmcnt, aulieu d'entrer a I'interieur d'uue mauiere analogue a ce qui se presente dans la roue k au- gets de Thiville. On pent tenir compte de la force centrifuge provcnant du mouveinent de la roue, d'une mauiere parfaite- ment analogue a celle dont Euler en tient compte dans la theorie de sa roue horizontalc, rcproduite par Navier. II y a, il est vrai, une difficult^ de plus relativement iVIa sortie de I'eau, si Ton tient compte du mouvement d'cntrainement desaubes courbes. Mais on sait que, pour les roues d'uu assez grand diametre, on ne tient pas compte de cette circonstance dans la theorie des roues verticales a aubes courbes de M. Poncelet. II y a, au reste, plusieurs raisons pour lesquelles la nouvelle roue vertieale h aubes courbes versant I'eau a sa partie infe- rieure, et la recevautsoif a rmlcrieur^ soil latcralevient, ue sera peut-etre applicable que dans des circonstances particulieres. Maisil est facile de voir que, pour les chutes d'eau pen varia- bles, le liquide pouvant sortir sans que le has de la roue soit plonge, ou n'aura point a .s'embarrasser du degagement de I'air entre les aubes, d'une raaniere bieu serieuse. Alors la theorie est plus simple que celle de la roue vertieale a aubes courbes de M. Poncelet; elle differe en general assez peu de celle de la roue d'Euler pour que Ton puisse se former d priori une idee du rendement et de la vitesse de rotation. Chimie. — M. Ch. Deville communique les resultats suivants de ses experiences sur lesoufre. t° Le soufre moii rouge, refoudu et soumis ix une crislallisa- tion rajy'ide, donne des aiguilles prismatiques plus ou moins colorees en rouge, et cette coloration est tres persistante. 2° Si ou laisse evaporer spontaueincnt une dissolution deces- aiguilles rouges, ou de soufre mou ordinaire, dans le sulfure de carbone, on obticnt des octaedres, des prismes obliques, et eufm une ceinture mamelonnee rougeatre, qui ne presente pas de for- mes geomelriques, et qui parait etre le soufre vesiculaire; ce qui constituerait trois etats distincts de ce corps simple en relation avec des quantites diflerentes de chaleur lateute, et dont le pre- EslraitUc Umtimt, l'« section, 1848, 2 10 mier seul (le soufre octa^drique) presente ua etat d equilibre stable a la temperature ordinaire. 3° Le depot, dans la meme dissolution, des deux formes in- compatibles ' Dans un travail prescnte a rAcademic des sciences de Paris (seance du 26 mars I84{i), j'ni deja monlre ijue toutes les va- rietes d'urine si nombreuses cliez I'Homme et les animaux a letat pbj'siologiquc, dependaitnt exeliiHiveraent de la nourri- ture. Le premier, j'ai eiabli qu'en dehors de ralimentalion , c'esl-a-diredurant I'abstinunce, I'urine offiait les memes carac- teres chez tons les animaux , et que, dans ces conditions , les urines de Ghieo , de Clieval, de Lapin, d'Horame, etc., etaient toutes acides, linipides el dUine couieur jaune ainbree. Depuis, j'ai vu que cette identite se verifiait egaleraent pour la compo- 15 sition chimique de I'unae chez ces in^mes aaimaux d'espece differente , mais qui se trouvaient places dans une condition physioiogique semblabie. Chez ies Herbivores, j'ai vu que les carbonates et I'acide hippurique disparaissaient del'uriiio sous I'influence de I'abslineiice, et qu'alors i'uree se montraiten tres forte proportion. Cliez les Carnivores , I'acidc urique disparalt egalement dans Tabslineace , et I'uree seule pursisto en tres grande quantite. On voit de cette maniere que tous les auimaux prives d'alimentset vivant de leur propre substance deviennent Carnivores. L'uree est alors le seul principc de Purine qui cor- responde a cette nourriture que j'appellerai normale, parce que I'urine qui en resulte doit, snivant nooi , servir de type et de point de depart a toutes les recherches qu'on fera dans le hut de comprendre les variations que peut offrir i'excretion iirinaire sous I'influence de la digestion. » La bile, malgre la divergence (Jcs chiinistes sur sa compo- sition, parait devoir etrc ramenee, ainsi que I'urine, a une con- stitulii>n primitive constante. En effet,c8serait une grandt- er- reur de croire , comme cela est generalement admis, que la bile est toujours aicaline. La verite est que le fluide biliaire, comme I'urine, varie de reaction suivant le genre de nourriture , qu'elle est aicaline chez les Hti'bivores et acide chez les Carni- vores. De nieme aussi , chez ces divers animaux, a I'abstinence complete d'alimeuts, la bile prend une reaction acide tres mani- feste. Jusqu'a present je n'ai encore repele mes experiences que ' sur les Chiens, le Boeuf et les Lapius. Chez cos derniers ani- raaux en particulier, la bile, habituellement alcah'ne, devient acide quand on les soumet h une abstinence de 36 a 48 hiures, et des qu'on les uourrit avec des substances herbacees, elle re- prend une reaction tres neltemeut aicaline. Jenedoute pas que cette variation de reaction doive entrainer avec elle une diffe- rence dans la constitution chimique de la bile. Pour aujourd'hui je signale seulement ce que j'ai observe, c'est-a-dire la variation de reaction de ce fluide suivant I'elat d'abstinenco ou d'alimen- tation differente. » Les conclusions des f lits que j'ai cites sont faciles h deduire. II est evident, en effet, que, dans I'analyse de ces liquidcs ani- maux, la question physiologique doit dorainer la question chi- 4G mique.Et si Ton ne tiont pas compte del'etat physiologique dans lequel se trouvent les animaux sur lesquels on experimente, il devient impossible d'appliquer avec fruit les analyses si discor- dantes des chimistes a I'etude des piienora^nes vitaux. — M. Pappenheim ajoute h la communication de M. Bernard, que les changeracnts dans la nature de la reaction lui paraissent- tenir a la nature des membranes muqueuses de la vcssie biliaire et des conduits hepatiques, selon que ces membranes sont pourvues ou depourvues de giandcs, de sorte que oe pheno- mfene, appartenant a la nature des glandes, rentrerait dans I'or- dre des observations faites sur d'autres glandes, dont la secre- tion cbange, taut6t dans la nature alcaline, tant6t dans la nature acide. Chimie, — M. P. Thenard communique la note suivante sur le phosphurede chaux. « Mes nouvelles recherches sur les combinaisons de I'ethyle avec les phosphures d'hydrogene m'ont fait penserqu'il y au- rait quolques modificalions a apporter daus Its formules des composes homologues du nietbyie et par consequent peut etre dans mes travaux sur les phosphures d'hydrogene et sur le phosphure de chaox , qui est la base de tous les composes que j'ai fait connaitre. » Au commencement de mes recherches j'avais fait passer du phosphore sur un poids connu de chaux, etc. Depuis , j'ai repet^ la meme experience, seulement j'ai prisun poids quelconquede chaux et je I'ai soumis plusieurs fois a Taction du phosphore en vapeur, aiusi j'ai obteuu le phosphure de chaux que j'ai analyse. — C'est ainsi qu'au lieu de PCaO" j'ai trouve que le phosphure de chaux pouvail se saturer d'une plus grande quantite de phos- phore et aller jusqu'a contenir P'^CaO''. » Si cette nouvelle maniere de voir se confirmait, la formula du phosphure de chaux serai t P052CaO-}-P3Ca5 » Du reste, je dois elendre ces nouvelles recherches, qui sont des plus delicates, et j'aurai I'honneur, dans une proehaioe seance, de communiquer mes nouveaux resultnts a la Societe. » BoxANiQUE. — M. Duchartre communique quelques-uns des 17 resultats auxquels I'oat d^ja conduit ses recherches sui' les em« bryons vegetaux regardes et decrits par ia plupartdcs botanistes comme polycotyledones. Ses observations iui paraissent demoa- trer, au moiiis pour les plantes qui font I'objet de sa communi- cation, que ees embryons n'ont que deux cotyledons, seuiement divises profoudement en deux lobes ou bipartis. Le premier des embryons dont il s'occupe est celui du Ma- cleya cordata [Bocconiacordata ^ "Willd.), plante de la fnmille des Papaveracees. Get embryon a ele deciit comme possedant tantot trois cotyledons egaux , tantot deux ou quatre cotyledons inegaux. (Voyez Endlic, Gen.^ u" 4817). Or, en examinant un grand norabre d'embryons de cette espece , a I'etat adulte et frais, M. Ducbartreen a observe'plusieurs dans les((U('ls il exis- tait deux cotyledons egaux et entiers ; d'autres dans lesquels Tun des cotyledons restant entier, le second raontrait, soit une echancrure legere et fortement dessin^e, soit une scissure de profondeur variable, ou meme presque totale. Dans ce dernier cas, les deux lobes du cotyledon biparti auraient pu facilement 6tre pris pour deux cotyledons distincts, si Ton n'avait examine ce tres petit embryon sous un grossissement assez fort et avee une attention sciupuleuse. Le second embryon dont s'occupe I'auteur appartient au Schizopclalon Walkeri, de la famille des Cruciferes. Pour ce- lui-ci, i'opinionqui Iui attribue quatre cotyledons egaux et ver- ticilles est appuyee sur I'autorite d'un grand nom. En effet, elle a ete professee par M. Rob. Brown {Bolnn. Regis,, tab. 752). L'iliustre botaniste anglais paralt avoir ct^ conduit a cette ma- niere de voir par I'examen de la graine. C'est aussi en etudiant cette meme parlie que M. Hooker a cru reconnaltre dans ce meme embryon, uonpas quatre cotyledons distincts et separes mais seulemeDt deux cotyledons profondement bipartis. Mais I'examen de la graine seule ne pouvait suffire pour prouver ri- goureuseraent I'exactitude de I'une ou I'autre de ces opinions contradictoires. C'est ce qu'a tres bien senti M. M. Barneoud, qui, des-lors, a cru devoir chercher, dans i'histoire de la forma- tion et du developpement de cet embryon les bases d'une de- monstration plus positive. Ses observations ont ete publiees dans les Annates des sciences nalurelles (3' serie. ; Botan.; fevr. 1846 Extrait de I'lnUitut, V* section, 1848. 3 ♦8 pag. 77-83 ; plan III). Elles I'ont conduit ^ adracttre dans i'em- bryou du Scluzopetalon Wallieri « quatre cotyledons tresegaux, » et preuant tons leur origine sur le mcme plan. » Or, selon M. Duehartre, \eSchizopelalon Walkeri n'a que deux cotyledons profondemeut bipartis, et non quatre tresegaux. Celaresulte : 1° De {'observation erabryogenique. Des ['instant oil I'em- bryon, encore a pen pr6s globuleux, commence a ebaucher ses cotyledons , ceux-ci se prescutent sous la forme de deux petits mamelons , et non de quatre. Si Ton admet que I'observation de mameious si peu prononces et ['extreme petitesse des parties • puissent laisser des doutes, on verra cette difficult^ disparaltre tout a fait un peu plustard. Eneffet , ['observation montre bien- t6t, en place des mamelons primitifs ,' deux cotyledons s^pares I'uu de I'autre par un espace bu une sorte de siilon assez large , et chacun d'eux simplement echancre au sommet. II resulte de la, sur I'embryon regarde de prolil et successivement dans deux positions perpendiculaires I'une a I'autre, I'appareuce de deux sillonsdeprofondeur Ires notabiemenl inegale el dont I'inegalite est parfaitement demonstrative. Ce meme embryon, regarde en desius, ou par le sommet des cotyledons, acheve la demonstra- tion, en montrant ses quatre mamelons cotyledonaires disposes nettcment en deux paires bien distiiictes. Plus tard, i'inegalite de profondeur des deux sillons ou fentes intercotyledonaires et. interlobaires, quoique moins frappante par suite du cbangement de proportion des parties, reste toujours appreciable. 2° De I'examendes faisceaux fibro-vasculaires.En faisantma- cerer des germinations de Schizopetalon, M. Duehartre a obtenu I'isoleraent complet de leurs faisceaux fibro-vasculaires.Or, ces faisceaux se degageaient d'abord au nombrede deux seulement, et chacun d'eux ne tardait pas a se bifurquer, de maniere aen- voyer ses deux moities dans les deux lobes d'un meme cotyledon. Des coupes transversales de jeuues plantes germees depuis peu, permeltaient aussi de reconnaitre cette organisation. 3" De I'examen des germinations. A la germination , le Schi' %opetabn Walkeri pr^sente I'apparence de quatre cotyledons liueaires et allonges ; mais d'abord ces quatre organes foliaces gonl rapproch^s par paires , dont chacune resscmble a deux lo- bes plus ou moins divergents d'un organe unique. De plus, dans 49 chacune de ces paires, on reconnait k la base des deux lobes une coDtinuit^ de substance qui n'existe pas d'une paire a I'autre. Cette particularite deviant meme de plus en plus apparente , I'accroissement de ces organes foliaces par leur base ayant pour effetde dessiner davantage ceite sorte de membrane basilaire, qui traduit visiblementa I'exteneur la partition des cotyledons de cette plante. L'auteur croit que ces divers faits fournissent une demonstra- tion rigoureuse de I'existence de deux cotyledons profondement bipartis chez le Schizopetalon Walkeri. II explique par 1^ lecas observe par M. Barneoud lui-meme, dans lequel «deux des co- » tyledonsjdit ce botaniste,etaientsoudes jusque vers le milieu. » La seule difference qui existait entre ce caset I'etat normal de I'embryon de cette plante consistait en ceque la division de Tun des cotyledons avait ete moins profonde que de coutume. Theorie desnombres.— M. Wantzel communique quelques recherches sur les diviseurs des nombres de la forme x^ — cij^ et de formes plus compliquees. A J'occasion de deux demonstra- tions elementaires , presentees dans les dernieres seances par MM. Hermite et Serret, de ce theoreme connu que tout divlseur premier d'une somme de deux carres est egalement une somme de deux carres, il fait remarquer d'abord que la maniere la plus simple d'^tablir cette proposition parait etre celle qui resulte de I'empioi des nombres entiers complexes, d'apres le beau travail de M. Dirichlet sur ce sujet. Ce procede a en outre I'avantage de pouvoir se generaliser et s'etendre a beaucoup d'autres formes , comme M. Wantzel I'a d^ja raontre dans des communications faites a I'Academie des sciences et a la Societe philomatique , en fevrier 1846. Par exemple, on pent demontrer que le nombre premier p qui divise x^ — c?/^ est de la meme forme , quand c est compris entre — 4 et -\- 6. Pour cela 11 faudra considerer les nombres com- plexes, tels que x+y)/c faeteurs du nombre x^ — a/ qui est appel^ leurwonne. L'addition et la multiplication s'effectuent fa- cilement sur ces nombres et donnent des resultats de meme for- me. Si I'onveut diviser x-\-y\/c par \i-\-i\/c^ le quotient sera (A'4-j/i/f)((t— ji/c) , — -^ — — T dout ou peat extraire une partie entiere, 1 au- 20 tre partie sera encore de la forme x'-\-rj'\/c\ mais x' et y' y re- prcsenteront des nombres fractionnaires, et son produit parle diviseur donnera le reste entier complexe. II faut tacher de ren- drc la norme de ce reste moindre que celle du diviseur, ou, ce qui est lara^me chose, de rendrc la norme x'- — ci/'^de.*;'-)-.'/'|/c moindre que i'unite. On y parviendra en prenant x' et y' moin- dres que- en valeur absoluepourczz — 3, — 2, — 1,2, 3; dans le cas de crrS, on choislra x' entre -et 1 ou entre et — 1 , ce ' 2 2 ' qui est possible. - , D'apres ces principes, si p divise x'^—cy*, on cssayera la divi- sion de p par x-\-yy/c, apres avoir suppi ime dans ^ et i/ le plus grand multiple de p, de sorte que la norme x-—cy'^ soit moindre que p', pour les valeurs de cque nous considerons. On trouvera ainsi p — ix~\-y\/c) (r-\-s\/c)zzu-{-li/c ^ et par suite p — [x — yl/^c) {>■ — s\/c):ziu — ly/c ; en multipliant par ordre, on recon- uaitra faciiement que /; divise la norme de u-\-i\/c moindre que celle de x-\-ij\/c. La division de p par u-^-iy/c et par les resies suiv. ntsconduira par consequent k uu reste nul, puisque les normes toujours decroissantes sent divisibles par p. Ainsi, une quantile de la forme u-\-l{/c divise p ; done pz=.[u-{-i\/ c) (r-f-«|/t),d'ou/j2=:(a* — f<«)(r2— cs^jctparsuiteprrw* — c<*,puis* que cette norme est inferieurea/;^. Dailleurs, on ne peut avoir /zro, ni wrrro, a moins que p ne soit egal a (?, ce qui est un cas excoptionnel. II y a eg.ilemcnt exception pour le facteur 2, quand c esi e^al a — 3 ou ^ -|- ^» parce qu'on ne peut rendre alors la norme de x-^-ijy'c moindre que 2^. II faut remarquer de plus que p pourrait elre egal a ct'^ — u' aussi bien qu'a u^ — ci'; mais ces deux formes ne different r^ellement que pour crr3. — Le raeme precede pourra servir a mettre le nombre p sous la forme x^ — cy^, lorsqu'il en est susceptible. On salt, en effet, que p doit alors diviser q* — c pour une valeur de q inferieure a P — ; la division de p par q-\-[/c conduira trte rapideraent au nombre complexe x-\-y\/c dont la norme est p. Si Ton substi- tuait a ;) dans les operations indiqueesprecederameut un nombre 21 complexe p-\-(il/c premier, c'est-^-dire tel qu'il ne put etre divisible par aucun autre de norme plus petite et differente de I'unite, on arrivera necessairement a un reste dont la norme sera egale a + * i puisqu'on ne peut trouver un reste nul ; alors on demonlrera,commeen arithmetique,que lout nom Ore premier complexe ne peut diviscr mi produit snns diviser run des facleurs, el ,par suite,qn'unnombre complexe n'esl decomposable que d'une maniere enfacleurs premiers. Toutes ces propositions s'appliqueront h beaucoup d'autres nombrcs complexes provenant des racines d'une equation du second degre et meme de degres sup^rieurs. Soient r, et r^^Ies racines de I'equation r^-\-ar-\-bz:zo : on considerera alors les nombres complexes de la forme x — r^y ou x — rjj dont la norme sera. x^-\-axij-\-bij^. La division de p par x — r,y servira k d^- montrer de la meme maniere que ce nombre ne peut diviser une norme sans etre de meme forme, pourvu que Ton puisse obtenir des restes k normes decroissantes, ou, ce qui revient au meme , si I'on peut re ndre la norme de x' — r,?/' moindre que 1 , en pre- nant les nombres fractionnairesas' et y' dans I'intervalle d'une unite. Cette methode reussit pour lis formes a;2_)_xy-|-2f/2, .x*-)-x!/-|-3/^, x'^-\-xy — 3j^, x^-\-xy--4y'^ quicomprennent,res- pectivement, lesfQvmesx^-{-l7j'^,x^-\-liy^, x^—lZy^,x^ — 17f/2, comme on le reconnait facilement en rempiacant y par 2y. Comrae d'ailleurs les trois formes x'^-\-7y-,x'' — IZy^^x"^ — 17jy* renferment egalement les precedentes quand elles representent des nombres impairs, il en resulte que leurs diviseurs premiers sont de meme forme. On peut d^montrer egalement ce theoreme pour les formes x^ —Gy'^etx^ — 7y*, a I'aide de quelques artifices. Les nombres complexes provenant d'une equation du 3* de- gre renfermeront trois indeterminees ; car les nombres de la forme oj — rij/ ne se reproduiraient pas par la multiplication qui introduit les puissances de r, dont la seconde ne peut s'eliminer. Les nombres qu'il faut prendre sont tels que x — r,y-^r,^z, et leur norme sera une fonction homogene du 3<= degre. Si I'on choisit I'equation r^ — r — IrrO, on trouve pour norme x^ — ?/3-f- z^-\-z'y—xy^-\-xz''-\-2x*z-\-Zxyz\et Ton demontre facilement que les conditions ci-dessus enonc^es sont reraplies, de sorte que les diviseurs de cette norme sont de meme forme. 22 Si Ton voulait chercher les diviscur3 de x^-\-2y^ , on verrait ^galement qu'ilsappartiennent^ uue formeatrois variables plus 3 gendrale x3-\-2i/-\-4z^—6xijz qui est la norme dea;-fjyj/2 -\- M. Blaachet annoucc qu'il a compost et qu'il se propose de publier un traite compiet des proprieles elemeutaires des surfa- ces du 2* ordre, sous ce titre : Anahfse geomelriquc des surfaces du deuxieme ordre , pour servir d'introdncuon a I'ctude de la geomelrie superieure. Apr^s \me introduction sur la sphere et les c6ties, je pars, dit- il, de la definition suivante : Une surface du deuxieme ordre est tine surface qui, coupee par un plan quelconque, donne pour section I'tme des courhcsdu deuxieme degre ou de leursvarieies. La premiere partie, entiereraent redig^e, contient toutes les proprietes qu'on peut etablir sans la connaissance des axes prin- cipaux ; la deuxieme partie, non redigee en entier,contient la re- cherche des axes et les sections circuiaires ; enfio, I'ouvrage sera termine par quelques problemes sur les surfaces du deuxieme ordre, resolus geom6triquement. Physique DU globe. — M. Bravais communique k la Societe quelques details sur I'aiguille magnetique bifilaire avec laquelle des membres de la commission du nord (MAI. Lilliehoek, Siljes- troem,Lottin et Bravais) ont mesure les variations de I'intensite horizontale a Bossekop , en Laponie. II indlque les lois de la variation diurne de cet element, soit dans les jonrnees pendant lesquelles la marche des aiguilles est lente et reguliere, soit dans les journees pendant lesquelles cette marche est brusque et irreguliere. En consideraut de preference ces dernieres journees, et comparant les variations simultanees de la d^clinaison et de I'intensite horizontale, M. Bravais fait voir que le p61e nord d'une aiguille aimautde est habituellement tire suivantla direction N. 17° 0. de la boussole, ou suivant la direction inverse S. 17° E. : telle est done la direction predomi- nante des forces perturbatrices pendant les orages maguetiques qui agitent les aiguilles. La valeur N. 17* 0. represeuteseulementia direction moyenue 23 de la force perturbatrice ; cette valeur est susceptible de varier suivant la grandeur absolue des perturbations. Dans le cas ou celles-ci sont faibles, la direction de la force se rapproche beau- coup du N. 28" 0., de la boussoie, et en jetant les yeux sur une carte magnetique, on voit que les choses se passent comme si le foyer de la force troublayite elait sitae Ires pres du pole ma- gnelique boreal. Dans le cas des grandes perturbations , leur direction devient le N. 14° 0., comme si le foyer s'etait rappro- che de Bossekop, en reslant loujours silue sur le meridien magne- tique de la station. M. Bravais fait remarquer en outre que cette direction de la force perturbatrice coincide a quelques degres pres avec I'azi- mut moyendu point de culmination des arcs de I'aurore boreaie, tels que ces arcs ont ete vus paries observateurs de Bossekop, pendant le raeme hiver (1838 a 1839) ; c'est ce dent on peut s'assurer en recourant aux observations publiees dans le volume « Aurores boreales » de la relation du voyage. Ce rapport entre la direction de I'axe suivant lequel agissent les forces perturba- trices raagnetiques et la direction du sommet des axes, soil qu'on deduise ceile-ci de Tobservatlon , soit qu'on la determine par la supposition que les arcs sout partout perpendiculaires k lameridienne magnetique du lieu, a paru meriter d'etre signaie aux physiciens qui suivent en Europe les variations boraires de la declinaison et de i'iutensite magnetiques , dans des stations moins boreales que celie de Bossekop. Sdance du 4 mars 1848. Geologie. — M. d'Archiac communique les resultats sommai- res des observations faites par lui sur le terrain quaternaire ou diluvien. « Le terrain quaternaire ou diluvien., tel que nousl'entendons, coraprend touslesphenomeues, tantorganiques qu'inorganiques, qui out iaisse des traces entre la fin de la periode subapennine, amenee par le sQulevement delachaine principale des Alpes, et le commtnceraent de Tepoque actuelle ou du terrain moderne. La comparaison et la coordination de tous les materiaux qui ont ete pubiies depuis quinze ans, reiativementa I'Europe, al'Asie, «ux deux Ameriques et a I'Australie, sur les prodaits decesphe- nomenes, nous ont conduit aux resultats suivauts, qui sont uni- quement la cousequeuce des faits et qui pou\e:it elre regardt's comme independaDts de toute theorie sur I'origiue des causes auxquelles lis sont dus. C'esl, en d'autrcs termes, I'expressiou la plus simple de ce qui jus ju'a present est acquis a la science. k 1° Le pheuoraene des stries etdu poiissage des roches, pris dans sa geueialite, a precede tous les depots de cette epoque et par consequent le dev.loppemeut des fauues marines, lacustres et lerrestres. Si ces traces de frottement ont ete produites par des glaciers, les coquiiles dites arctiques, ensevelies dans les ar- giles et les sables qui les recouvrent, ne sont point contempo- raines de I'epoque du plus grand froid, puisqu'on les Irouve a la place raerae que les glaciers ont du occuper. Ainsi ces depots coquillers, qui scmblent indiquer une temperature plus basse que celled'aujourd'hui a la merae latitude, prouveraient aussi une temperature plus elevee que celle de I'epoque qui les a imme- diatement precedes. » 2° Autant que les documents recueillisjusqu'6 present per- mettent de le conjecturer, la faune terrestre des grands Mammi- feres Pachydermes, Ruminants et Carnassiers serait egaleraent posterieure au phenomene des stries et en partie aussi aux de- pots coquillers dont on vient deparler. La cause qui la detruite n'a done pas pu etre, comme on I'a dit, la basse temperature qui avait determine la plus grande extension des glaciers, sans quoi ces auimaux se trouveraient appartenir au terrain lertiaire superieur. Or, ce dernier presente des caractcres zoologiqaes bien distincts ; sa fin a du coincider a peu pres avec cette meme periodede froid, et dans le centre de I'Europeavecle souleveraent des Alpesdu Valais. Cette faune d'animaux vertebres, non moins remarquables par leur taille que par leurs varietes et le nom- bre desindividus, a vecu comme les coquiiles precedentes entre le moment du phenomene des stries ou du plus grand froid pre- sume et ie cataclysme qui les a detruits presque simultanement en Europe comme en Asie, dans les deux Ameriques et dans FAustralie, et quia enveloppe leurs debris dans le sable, le gra- vieret les cailloux routes des vallees, ainsi que dans le limon des cavernes ou nous les trouvons aujourd'hui. , » 3° Si les depots erraliques qui reuferment ces ossements ont 25 ^te charries par cles eourants provonant de la fontc d'anciens gla- ciers, il faut que ceux-ci iraienl point appartenu a I'epoque du plus grand froid ; ils devaient etre confines alors dans les re- gions montagneuses pour permettre le developpement dans les plaincs et les parties pleincs du sol, non-seulement des grands Mammiferes, mais encore d'une vegetation assez riche poursuf- fire a leurnourriture. II y aurait eu aiusi un radoucissement tres sensible de la temperature apres le monoent du plus grand froid represente par les stries et les roches polies les plus aneiennes; periodepour la duiee de laquelle nous ne possedons encore au- cun chronomeire semblable a ceuxqu'emploient les geologues, et dont nous ne pouvons assigner a peu pres que le commence- ment et la lln. » 4' Le premier phenomeue erralique seserait plus particulie- rement exerce dans la zone boreale de I'Europe et de TAmeri- que et ses effets auraient ete plus generaux ; le second, affec- tant surtout les regions temperees des deux hemispheres, a ete soumis a rinflaence de causes plus locales, et sur beaucoup de points il aurait eu deux phases distinctes, caracterisees chacune par la nature de leurs dep6ts. » Noussommes amene de la sorts k une application plus ge- nerate d'une partie de I'opinion emise par M. H.-D. Rogers pour I'Araerique du nord, savoir qu'il y aurait eu deux pheuoraenes erratiques separes par une periode de repos. G'est peniiant celle- ci qu'auraient vecu la faune des Moliusques marine, fluviatile et terrestre et celle des Mammifeies Pachydermes, Carnassiers et Ruminants qui caracterisent le terrain quaternaire. La premiere de ces faunes existe encore piesque en totalite, tandis que la se- conde n'a plus qu'un tres petit nombre de representants dans la nature actuelle. » 5" Apres le phenomene des stries, 11 y eut sur beaucoup de points un abaissement sensible des c6tes, et plus tard,dans pres- que toutes les parlies du globe, la fin de I'epoque quaternaire a coincide avec un soulevement inegal de ces memesc6tes. Ce sou- levement a varie depuisquelques metres jusqu'a 450 et peut-etre 1000 metres au-dessus du niveau actuel des raers, et sans que dans la plupart des cas il ait encore ete possible de constater des dislocations en rapport avec ces raouvements du sol. Exlrait de VJnstiW, 1" section, 1848, 4 26 « 6" Bien que Ton rencontre clans tous les terrains des pou- dingues, des breehes et des conglomerats incolicrents, on doit reconnaltre qu'a aueune des epoques de I'lilstoire de la terre, il ne s'est produit d'une maniere aussi generale a sa surface des depdts detritiques dus h des causes ra^caniques, vioientes et pas- sagferes, et une aussi faible quantite comparative de depdtssedi- mentaires reguliers, marins ou lacustres, dus a racliun des eaux trauquilles. » 7° Eufin on peut penser des a present qu'aucunedes hypo- theses proposees pour expliquer les pheuoraenes de I'epoque di- luvienne n'est suffisante a elle seule pour rendre compte de tous les fails observes, mais que les agents invoques par plusieurs d'entre elles ont concouru, soit simultaaement, soit successive- ment et dans des proportions diverses, suivant les circonstan- ces, aux resultats que nous avons sous les yeux. On doit done s'attacher k determiner dans le temps et dans i'cspace le dcfjre d'influence des diverses causes qui ont produit ceseffels. » Toutes les preuves a I'appui de ces conclusions forraeront la premiere partie du tome II de Vllisioirc des progres de la geo- logie. » Hydra. ULiQUE. — M. de Caligny aunonce que M. Bourdon , ingenieur mecanicien, qui a execute sous sa direction le modele du nouveau moteur hydraulique dont il a entretenu la Societe le 11 decembre dernier, y a ajoute un dynamometre, au moyen duquel il a mesure I'cffet ulile.Comme ce modele etait tres petit, et par suite tres imparfait, ayant ete construit avec une stricte econoraie pour la Faculte des sciences de Besancon ou il est au- jourd'hui depos6, on sera sans doute etonne, dit M. de Caligny, d'apprendre que M. Bourdon a mesure un effel utile de cin- quante-quatre environ pour centdu travail depense par la chute d'eau sur laquelle cet appareil etait etabli. II est ci rcgretter que I'inventeur u'ait pas ete prevenu de ce resultat avant I'euvoide I'appareil a sa destination, M. de Caligny entretient aussi la Societe de la generalite des applications dont les principes de sou nouveau moteur sonl sus- ceptibles. Ainsi I'ecluse de navigation dont il a presente I'annee derniere un modele fpnctiounant, qui epargue environ les deux tiers de I'eclusee^ peut £tre modifi^e de maniere a marcher saas 27 le secours de I'dclusier. Pour eviter les repetitions et s'en tenir aux principes, il suffit de remarquer que : 1° le moteur hydrau- lique a flotteur oscillant peut servir da r^gulateur, en s'arretant aux epoques convenables, quand I'eau motrice est introduite par- dessous, et que le systeme oscillant est scmblable a I'appareil hydraulique de I'auteur decril dans le torae III du Journal de mathematiques de M. Liouville. a^L'espece particuliere desou- pape annulaire en fonction dans le nouveau moteur jouit de la propriete de pouvoir marcher d'elle-naeine, soit au moyen d'un systeme particulier de succion quand elle se ferme, soit au moyen du mouvement aseensionnel d'une colonne oscillante di- recte ou iaterale, quand cette soupape doit s'ouvrir. On n'entre pas ici dans le detail des syst^mes d'encliquetage, parce qu'ils sont analogues h ceux qui ont ete precedemment d^crits. Seance du 25 mars 1848. Chimie organique. — MM. Auguste Laurent et G. Chancel coramuniquent les deux notes suivantes: I. Production arlificielle tl'tin alcaloide oxyyenc. — Depuis quelques annees les ehiraistes se sont beaucoup occupes de la production artificielle des aicaloides, mais leurs nombreux essais n'ont encore donne que des aicaloides volatils non oxygenes. MM. Laurent et Chancel viennent d'obtenir pour la premiere fois, par des procedes sembiables, uu alcaloide oxygene, non volalil, semblable k la quiriine , h la morphine etauxauti'es ai- caloides vegetaux. — Voici comment : la bcnzone^ soumise a Faction de I'acide nitrique fumant, donne un corps nitrd; cette benzone binitree , traitee par i'hydrosulfate d'ammoniaque , fournit un alcaloide jaune pdle, cristallise en aiguilles, auquel MM. Laurent et G. Chancel donuent le nom de flavine, et qui a pour formule (dans la notation de M. Gerhardt) : C13H12]>j20 le chloroplatinateetant Ci^Hi2]N20, 2(HCI, PtC|2). La flavine appartient par consequent i la classe des aicaloides biacides, telles que la semi-benzidam, la semi-nap htalidam, la tfuinoleinCf la nicotine, etc. IL Sur un nouveau carbure d'kijdrogene. — En distillant du 28 beiizoate d'aramoniaque sur de la baryte caustique chauffee au rouge, MM. Laurent et Chancel out obtenu, outre la beuzine, une petite quantite d'un carbure d'hydrog^oe sobde, d'une odeur agreable , et possedant la mfime composition que la naphtaline. Ceschimistespensentque la naphtaline, queM. Pe- ligot croit avoir obtenue en distillant le benzoate de chaux , est identique avee cenouvcau produit. Seance du 1" avril 1848. Chisiie. — M. Ebelnoen communique a laSocicte les r^sultats des experiences qu'il a faites sur un nouveau mode d'emploi de rhydrogene sulfure dans les analyses. L'hydrogene sulfure est employe, comme on sait, par voie bumide dans un grand nombre de recherches, pour separer cer- tains metaux les uns des autres. On pent Tutiliser aussi par voie s^che et resoudre ainsi plusieurs questions d'analyse chimique. 1 "Separation du manganese etdu cobalt. — La separation exacte de cesdeux metaux a present^ jusqu'i present les plus gnindes difficultes. Le procede employe par M. Ebelmen consiste ^ trai- ,ter le melange pui des deux oxydes par uncourant d'hydrogeiic sulfure, a une temperature un peu inferieure au rouge. Les deux oxydes se cbangent facilement en sulfures. On traite ensuite le melange des deux sulfures par de I'acide clilorhydrique tres etendu et a froid. Le sulfure de manganese seul se dissout. — ^ Plusieurs experiences ont ete faites par M. Ebelmen sur des melanges formes de quantites connues de chacun des i leux oxy- des. Elles ont montre que le procede conduisait a des icsultats absolument exacts, et qu'il ne restait jamais ni trace de manga- nese dans le cobalt, ni trace de cobalt dans le manganese. On pent reconnaitre et doser ainsi dans les oxydes de manganese nalurels les plus faibles proportions de cobalt. — Le meme pre- cede a ete applique a la separation du nickel et du manganese. La separation est tout aussi nette qu'entre le manganese et le cobalt. 2" La volatilite de certains sulfures a une temperature un peu elevee permet d'employer I'bydrogene sulfure comme moyen de separation dans quelques autres cas. Ainsi, en traitaut par l'hydrogene sulfure a cbaud Tarseniate d'oxyde d'etain obtenu par le traiteraent de I'etain arsenifie au moyen de I'acide uitri- 29 que, on volatilise tout I'arsenic a I'etat dc sulfure, etil ne reste que du sulfure d'^tain. On peut effectuor aussi la separation de rarsenie et de Tetaiii, separation consideree jusqu'ici comme un des problemesles plus difficiles del'anaiyse cliimique. L'arseniate de fer, traite par voie seche par rhydrogene sul- fure, ne retient pas du tout d'arsenic. Le fer reste en enlier a I'etat de sulfure. — A la suite de ectte communication, M.Elie de Beaumont fait remarquer que des reactions analogues aux precedentes ont pu se passer dans le remplissage de certains filons qui renferment du sulfure d'arsenic dans leurs parties superieures, tandis que les pyrites deviennent abondantes dans la profondeur. La t6te des filons aurait servi d'appareil de condensation pour les va- peurs de sulfure d'arsenic. Seance du 8 avril 1848. Anatomie. — M. Pappenheim fait une communication rela- tive aux parties sexuelles du Colimacon. II annouce qu'il r(5sulte des rcclierehcs qu'il a cntri-prises en commiin jucc M. Bertlitien, que si, dans la glaiide lurniaphro- ditique, des ceufs ont ete trouves en meme temps avec les spcr- matozoides, cetle observation ne peut pas etre faitc a toutes les epoques de I'annee. On trouve, au contraire, en ce moment, dans cette glande, des ceufs, et les spermatozoides dans lapartie inferieure de la glande linguale, organe auquel on avait attri- bue jusqu'a present la fonction de secreter un liquide autour de I'ceuf. Des recherches multipliees et bien suivies ont conduit a ce resuitat constant que la glande hermaphroditique prepare uniquement des ceufs, et represente, par consequent, seulement Covaire , tandis que les spermatozoides se preparent dans la glande linguale, de maniere que Ton y trouve, a certaines epo- ques de I'annee, seulement des gouttes graisseuses; dans d'au- tres, au contraire, des cellules qui, dans la pointe de cette glande, sont trfes rares, deviennent plus copieuses vers le mi- lieu, et, dans le tiers inferieur, non-seulement augmentent, mais grossissent en m^me temps, tout en etant renferm^es dans les lubes memes; de sorte qu'on voit ici tout-a-fait la meme for- mation des capsules spermatiques que Ton connait depuis tres lougtemps sur les animaux vert^bres. so II r^siille de 1^ que cette glande linguale est le veritable testi- cule et en m6me temps I'organe dans lequel les spermatozoides SB pr^parent pour en sortir plus tard. Les organes sexuels sont done parfaitement distincts dans le Coliinacon, et la double mem- brane qui, seion M. Meckel, devrait composer chaque tube de la glande hermaphroditique n'existe pas. — Au sujet de la communication de 31. Pappenheim, M. Lau- rent presente les reflexions suivantes qu'il appuie de la citation des fails deja observes par lui et communiques a la Societe dans les seances du 24 Janvier 1 842 et du 1 9 aout 1 84 3. 1° Les recherches anatomiques et microscopiques lui ont de- montre que I'organe en grappe des Helix et des Lbnax ren- ferme en merae temps les ovules et les Zoospermes, et que I'organe regarde par G. Cuvier corame testicule, ue coiitenant jamais de Zoospermes, est evidemment I'organe de la glu ou une glande albuminipare, comme I'a pens6 Swammerdam. 2° Ces determinations anatomiques doivent etre confirmees par des observations physiologiques faites au moment de I'ac- coupiement sur les Guides ejacules ou restes dans les divers organes intestiniformes de la generation, et meme quelque temps aprte Taccouplement. 3" Ces etudes anatomiques et physiologiques ne doivent point dispenser d'etudier avec soin les moeurs de ces Mollusques, en s'attachant surtout a bien constater tous les phenomencs de la reproduction, depuis la premiere apparition des ovules et des Zoospermes jusqu'au moment de la ponte des oeufs. M. Laurent rappille qu'il a mis sous les yeux de la Socidte les pitees anatomiques a I'appui des faits qui ont servi de base aux determinations qu'il eroit avoir proposees le premier en Fiance et qui ont 6te confirmees depuis par les recherches de M. Meckel publiees dans les Archiv. de Mulkr, en 1844. ' Physique du globe. — M. Bravais communique les remar- ques suivantes sur la construction des aiguilles aimanteesdes- tineesa la mesure de I'iutensite raaguelique horizoutale, par la methode des oscillations. Lorsqu'une aiguille a oscillations horizontales est successive- H ment trnnsportee a differentes latitudes , son p61e nord va sans cesse en s'abaissant audessous du centre de gravity, a mesure que Ton s'avance^vers le nord ; il se relfeve, lorsque le voyageur revient vers le sud. L'axe magn^tique de I'aiguille perdant ainsi son horizontalit^ absolue, les observations faites en divers lieux ne sont plus immediateraentcomparables, etiesintensites cessent d'etre rigoureusement reciproques aux carres des durees d'osciilation. La necessite de tenir comple de cette cause d'erreur a ete tle- puis longtemps indiquee par la theorie ; raais les liraites entre lesquelles les observations peuvent en etre affectees restent en- core a determiner. En souraettanl celte question au calcul , on arrive aux resullals suivants. Par le centre de gravite de Taiguille (sa chape comprise) me- nons'une droite A parallele a son axe magnetique; soient P le poids lolaL d© I'aigaille, et PK^ son moment d'inertie autour de cet axe A. Par le point de suspension de raiguille, exlremite inferieure du fil d'attaehe, menons une droite B perpendieulaire sur A. Soit e la distance du pied de cette perpendieulaire au centre de gravity ; soit I la distance de ce pied au point de sus- pension ; soit PH2 le moment d'inertie de I'aiguille autour de l'axe B ; enfin soit i Tangle (tres petit) que forme A avec I'ho- rizon ; cet angle est positif si le point d'intersection des lignes A et B est plus bas que le centre de gravite ; il est negatif, dans le cas contraire. On trouveque I'inlensite horizontalc doit elre, en chaque station, mu|tipliee par le facteur 2e/ 2£-j-2K2— H2 P 1 + H2 '+ H2 2 ' en negligeant les termes en P, i*, lesquels sont compiefemcnt iflscnsibles. D'ailleurs, en nommant I rinclinaison magnetique ^'la station, T la dureeen secondes de roseillation de I'aiguille horizontale k la station, Xla lopgueur du pendule a secondes, on a, h fort peu pres, ._H2 tang I_ e ' llTi T' Los regies pour corriger I'intensite obscrvee se deduisent facjle- paent de ces deux formules. 32 Mais cequ'il importejie plus de remarqucr, c'est qu'il est pos- sible de construire raiguillc de telle maniere que la correction soit uulle, pour tous les lieux de la Terre.En effet, le construc- teur peut disposer arbitrairement des deux quantites eet / que Ton peut considerer comme I'abscisse et I'ordonn^e du point de suspension par rapport au centre de gravite de raiguille. En s'assujetissant a la condition e rr 0, il fera disparaitre le terme en i : en s'assujetissant a la condition Z^in^H^ — K*, il fera dis- parnitre a son tour le terme en i^. Une telle aiguille ne sera rigoureusement horizontale que sousl'equateur magnetique : dans I'liemisphere boreal, son p61e nord sera plongeant ; ce sera I'inverse dans I'liemisphere austral; mais les angles de plongement seront petits , et en general inf6- rieurs a un degre. M. Bravais ajoute : — <• L'aiguille raise sous les yei>x de la Societe provient des ateliers de Gambey; sa longueur est de 119""", 5 ; sa largeur, de 8"",1 ,• son epaisseur, de 1™™,2. J'ai ti suspension. » Seance du 15 avriC 1848. Hydrauliquk. — M. de Caligny communique desobservations sur I'intermitlenced'un jetd'eau, dontil avaitdej^ parle dansla seance pr^cedente. « J'ai communique, dit-il, en 1846, des observations sur les intermittences d'un jet d'eau provenant de la maniere dontl'o- 33 riiice elait bouche en partie par des pieces iixes. II n'clait pns necessaiieque le jel fiit vertical. Le moindre derangement dans robturateursul'lisait pour rendre, dans certains cas, an jet d'eau une permanence sensible. J'ai renouvele ces experiences avecdes hauteurs de reservoir plus considerables et s'elevant a un metre deux decimetres au-dessus de I'orifice du jet. Les intcrmittenees se remarquaient encore dans des circonstances analogues , mais la cessation complete du jet ne se presentaitpius. » J'ai fait des observations analogues sur un jet d'eau ver- tical sortant d'un orifice sensiblement circulaire, sansobtura- teur, de deux millimetres et demi environ de diame^re , entoul'e de dix jets d'eau d'un diametre de deux millimetres environ dont cbacun sortait a peu prfes a douze millimelres du jet cen- ral. Celui-ci s'elevant a des hauteurs de vingt-trois centimetres ou au-dessous ainsi que la couronnede dix jets d'eau un peu in- clines, il cessait alternativement , tandis que tous les autres s'e- levaient k une hauteur sensiblement constante. Pour une hau- teur de trois decimetres, le jet vertical ne cessait plus altern.tti- vement d'une maniere complete, il y avail seulement des inter- niittences tres sensibles. La plaque de cuivrc dans laquelle etaient disposes les orifices avait environ un millimetre et demi d'epaisseur. Pour I'orifice du jet vertical I'epaisseur etaitd'envi- ron deux millimetres. II parait, au reste, que le phenomenede- peiidait principalement de la chute de I'cau elevde, au moiiis pour les plus grnudcs hauteurs, I'intermittence u'ayant pas la regularite qui resulte ordinairement des vibrations proproment dites. La plaque eiait d'ailleurs trop bien polie pour que I'air put s'arreter lougtemps par dessous. Pour les jets d'one tres petite hauteur, les dix jets un peu inclines etaiit toujours sensiblement constants, les intcrmittenees du jet central etaient tres rapides et tr6s regulieres. « Les oscillations quelconques du jet central au-dessus et au- dessous de la limite de hauteur des autres, permettrait sans doute, si le ph^nomene se presentait sur une plus grande echelle, de Jeter alternativement un peu d'eau au-dessus du niveau du reservoir superieur au raoyen d'un luyau conique fixe. II parait, au reste, que si le jetaune certaine elevation par rapport a son diametre, il y a une raison pour que ['accumulation d'eau q.ui ExUait de I'lnsiitui, i'* section, 184S. 6 34 resultedu dubit dc Torifice fasse suffisaramcntdivcrger le sono- met de la colonne sans relombcr sur I'eau ascendaiite. Au reste, il serait iudispeusable de faire uu plus grand norabre d'oxpe- rieuces pour eclaircir la question. Plus les jets ctaieut cicvcs, raoins ies intermittenees eiaient sensibles par rapport a leurs • hauteurs ; j'ai observe dei. hauteurs d'un demi-metre a un metre et au-dessus ; niais on coucoit que pour dcs jets d'un si petit diametre, la colonne se divise en gouttes pour les hauteurs un peu grandes. Ce sont precisoment les plicnomenes dependant de la fornaation des gouttes qui laisscnt de I'iuccrtitude a cause des actions moleculaires, quand on opere sur de si petits diametres.* Stance du 22 avrU 1848. Physiquk du globb. — M. Bravais connraunique la note sui- vante : « En faisantosciller une aiguille horizontale, alternativement au nordetau sud dune barre defer doux vertical, on peut deter- miner ledcgre d'aimantation que Ja barre recoit du globe ter- resire. En operant ainsi, j'ai trouve que I'intonsite de ce mague- * tisme pouvail etre representee par la barre soumise a mes expe- riences, et en adoptaut les unites de M. Gauss, par I'expres- sion 155 T.S.L., formule ou T est la composante , sulvant I'axe de la barre, de I'intensite magnetique terrestre, s la section de la barre expri- mee en millimetres carres, et L sa longueur en millimetres. La section etait un carre de 19 millimetres de cote : on avail Lrz2420. Je n'ai pas eherche a verifier si I'inteusitc absolue de la magnetisation temporaire de la barre etait en effet propor- tionnelleaset aL. » Sennce du 29 avril iSltS. Physiologie. — La note suivante, sur les usages du sue pancr^alique, est communiquee par M. CI. Bernard. « Le sue pancreatique est uu fluide limpide, visqueux, alca- lin , ayant des proprietes physiques analogues £lccllesde la sa- live, mais en differant completement sous le rapport des pro- prietes physiologiques. J'ai trouve que le sue pancreatique est I'agent indispensable h la digestion de« malieres grasses. Je vais S5 indiquer les r^sultats priucipanx des experiences dejitresnoni- breuses que j'ai faites h ce sujet , et que je poursuis toujours. » 1° Si I'on melauge dans un tube de verre de I'huile et du sue pancreatique recent , I'liuile se trouve immediatemeut emul- sionnee de la raaniere la plus complete. Si au lieu d'buile on fait usage de saindoux , de beurre ou de suif, I'emulsion s'opere egaleraent bien en portant le melange a la temperature de 35^40". » 2° Aucun autre fluide de I'^conomie ne possede cette remar- quable propriete d'emulsionuer simultaueraeut les corps {];ras neutres. J'ai essaye, comparativement a ect effet, la bile, la salive, ie serum du sang , ie sue gastrique , etc. , et dans aucun de ces liquides la graisse ou Huiile n'out cte modiflees. » 3° L'aetion da sue pancreatique sur les corps gras n'est pas une saponification ou une combinaison chimique. C'est d'abord une emulsion et une division trcs grande de la matiere grasse, qui s'opere sous I'influeuce d'une substance orgauique particu- liere<|ue contitnt Ie sue pancreatique. Toutefois cette substance, destructible et precipitahle par la chaleur, ne borne pas la son r61e, et elle exerce d'autres modifications beaucoup plus profon- des sur les corps gras. » 4" Eneffet, dans les corps gras neulres emulsionnes par le sue pancreatique , il se developpe rapideraent une reaction acide tres energique, et I'odeur des acides butyrique , sebaci- que, devient (res prononcee, si Ton a fait usage de beurre ou de suif. Avec MM. Barreswii et Margueritte, nous avons examine des produits de cette nature, et nous avons reconnu de la facon la plus claire que , sous I'influence du sue pancreatique, le corps gras ueutre etait decompose en acide gras et en glycerine. » 5« La bile, avons-nous dit, n'exerce aucune action sur les corps (fvaa neutres. Cependant il est connu que la bile degraisse, c'est-a-dire enl^ve les taches produites par les corps gras. Ce qui n'est pas raoins particulier, c'est que le sue pancreatique, qui agit avec une grande ^nergie sur les corps gras neutres, ne jouit pas au raeme degre de la propriety d'enlever les tacbes d'huile ou de graisse. Oa obtient I'expiication de ces faits, en apparence contradictoires , quand on sait que la bile dissout les 36 acides gras. C'est k. cet 6tat que. les corps gras neutres se trou- v.eni transforraes sans doute quand ils ont ele quelque temps etales a I'airsurun tissu oil ils constituaient une tache. >' C" Lorsqiie la bile se trouve melangeeau sue pancreatique, aiiisi que cela a lieu dans le duodenum, elle possede a la fois la double propriete de dissoudre les corps gras neutres et les acides gras. » 7» De ce que le sue pancreatique decompose les corps gras neutres en acides gras et en glycerine , je ne veux pas en infe- rer que ce n'est qu'a ces deux etats que les corps gras sont ab- sorbes. Dans les cas ordinaires , les corps gras sont abscrbes a r^tat de simple emulsion. C'est a la graisse absorbee sous cet etat que le chyle doit son apparence laiteuse. » Or, j'avance que sans le sue pancreatique il n'y a pas d'6- raulsion, et par consequent pas d'absorption des corps gras. » 9° J'ai lie sur des chiens les deux conduits paucreatiques, et chez le lapin le conduit pancreatique unique qui s'ouvre tres bas dans I'intestin. Apres cette operation , les chyliferes des chiens et des lapins nourris a dessein avec des niatieres grasses ne contenaient point de graisse, tandis que I'intestin etait rempli de matieres grasses uon cmukionnees. » 1 0" En terminant , je dirai que cette action du pancreas sur les matieres grasses, qui, je crois , n'a encore ete signalee par personne, donnea cet organe une grande importance dans les pbenomenesde la digestion. Je ferai remarquer en outre quece r6ledu pancreas est tout-a-fait different de celui des glandes sa- livaires, et que la denomination dc glandc salivaire abdominalc, donnee au pancreas , est completement fautive. » Seanee du 6 mai 1S48. Embryogenie. Tareis. — M. de Quatrefages a sulvl le de- veloppement de I'oeuf dans ces MoUusques , depuis la premiere apparition de la vesicule de Purkinje. II I'a vu se completer suc- cessivement et presenter dans son etat parfait les trois parties essenlielles de tout oeuf complet , savoir : un vitellus , une vesi- cule de Purkinje, et une tache gerrainative. Ces faits rappellent ce que le meme naturaliste a observe depuis longtemps chez les Ann^lides. S7 Le developpemeul des jeunes Tarcts presente plusieurs pe- riodes dislinctes : I'e pei'iode. Le premier resultat du contact des Spermato- zoidesestun mouvement marque de concentration des granules \iteliiues , qui se pressent autour de la vdsicule de Purkinje, et rendent Ic centre de I'oiufplus opaque , en menie temps que les bords s'eclaircissent au boul d'une demi-heure , quelquet'ois plus t6t ; la tache germinative disparalt , et alors se raanifestent des mouvements obscurs et irreguliers, qui ameuent la dispa- rition de la vesicule de Purkinje. A cette epoque ( troisieme heure ) a lieu I'expulsiou d'un globule diaphane, comme chez les Sabellaires. IP periode , troisieme beure. La periode de segmentation commence immediatement apr^ I'expuksion du globule dia- phane. Le vitellus se partage en deux portrons a peu pres egales. L'une de ces moities continue h se fractionner de plus en plus , et s'elend en meme temps sur I'autre raoitie du vitellus , de maniere k I'envelopper enlln entierement. La moiti6 aiusi en- veloppee reste longtemps sans presenter de modifications sensi- bles. Pourtant, a son tour, elle entre en travail , et sans pre- senter de mouvements appreciables, elle s'organise rapdement, de maniere a presenter I'aspect des jeunes tissus. On voit que cette periode presente de ;i[randes analogies avec ceque M. Vogt a observe chez les Acteons. IIP periode, onzieme heure. A cette epoque on voit appa- raitre quelques cils du bord courts et gros , puis de plus en plus longs , plus fins et plus nombreux. Alors le jeune Taret est constitue h I'etat de larve , et il se meut rapidement en tous sens dans le liquide , de la vingt-quatrieme jusque vers la qua- rante-huitieme heure. A ce moment les cils diminuent en nom- bre; les mouvements deviennent plus lents et moins etendus, et bientdt la larve tombe au fond du vase , oil elle ne se meut plus que lentement. IV' periode , quarante-huitieme heure. Pendant que s'ac- complissent les phenom^nes que nous venous d'indiquer, la membrane vitelline n'a rlen prespnte de particulier. Mais au moment ou la larve commence a se mouvoir , on apercoit sar un point de cette enveloppe un espace clair, qui , vers la quarante- 38 huiti^me heure , s'etend en forme de foifte , et partage bient6t I'enveloppe en deux parties egales , adhercntes I'une a I'autre sur une assez vaste eteudue. Ce sont-li les premiers rudiments de la coquille, qui est alors irrcgulierement ovalaire et unicjue- ment membraneuse. Bient6t , par suite du tiraillement exerce par des muscles qui ne tardent pas h paraitre , elle devient cor- diforme et s'eucroute eiifin de sels ealeaires. A mesure que la coquille se constitue, on volt se developper un appareil cili^ qui occupe une des extreraites du corps , et remplace , corarae organe locomoteur, les cils qui couvraient la larve tout enti^re. Je n'ai pu, continue M. de Quatrefages , suivre d'une ma- niere continue le developppmeut des jeunesTarels au-dela de la cent-trentieme heure environ. Mes couv(5es ont toujours peri k cetteepoque. ivlais unedesdouxespecesque j'avais sous la main conserve pendant tout I'hivcr, dans le tube palleal , ses petitS eclosen automiie. J'ai done pu pousser mes observations plus loin et constater que la forme generate de I'animal change en- core et finit par devenir globuleuse. En meme temps on voit apparaitre les premiers rudiments des tubes palleaux , les otoli- tes, et unpied fort long, a I'aide duquel I'animal rampe sur le sol , taudis que son appareil cilie , alors tres developpe , lui per- met de nager avec une grande vivacite. De I'ensemble de ces faits , dit-il en terminant , il resulte que les jeunes Tarets, avant d'atteindre leur forme definitive , subissent de veritables metamorphoses. Or ,des observations de divers naturalistes, eutre autres de MM. Carus , Jacobson et des raiennes, il resulte queles Anodontes sont dans le meme cas. En voyant un fait de ce genre se produire en quelque sorte aux deux extremit^s du groupe des Acephales , il est permis de penser qu'il est general pour la classe entlere , et que tons, ou presque tous les Acephales sont des animaux k metamorphoses. — A la suite de cette communication sur une espece de Taret, que M. de Quatrefages croit nouvelle, M. Laurent fait remarquer qu'il est possible que cette espece soit I'une de celles deji bien connues,qui, dans I'etat actuel de la science, lui semblunt devoir ^tredistribuees en trois groupes sous-generiques que renferme le genre Taret.C'est d'apres les determinations fouruies par Spren- S9 gel,pnr Dclle Chiajectsurtout par M.dc Blainville et d'apres ses propres observations sur les diverses especes de Taretsdu littoral de la France, qu'il a ete conduit a proposer cette distribution methodique des espfeces de ee genre de Moliusques acephales. M. Laurent ayant, dans ses recherches sur les Tarets, a se preoccupcr piincipalement de leurs mceurs et surtout de la ma- ni^re dout ces animaux nuisibles se piopagent et penetrent dans lesbois, dil avoir, d' puis novembre 1845, dans ses rapports au naiuistre de la marine, constate Tovoviviparite des Tarets , et decrit les raoeursdela iarve pourvue en meme temps d'organes de natation et d'un tres long pied qui lui sert a marcher sur les bois, sur les parois dts vases et a se lixer dans les petites sinuo- sites du tissu ligneux ou elle pent se nicher. II s'est attach^ aussi a bien conslater la raaniere dont cette Iarve perfore le bois et revet ensuite graduellement unc forme de plus en plus allon- gee. Les details de cette partie de ses recherches^ confirment I'opinion deja emise a cetegard par Adanson. Les observations faites par M. Laurent a Toulon , a Fouras {embouchure de la Charente) a Lorient , k Brest et au Havre , I'ont conduit & penser que les Tarets sent ovovivipares, herma- phrodites et se reproduisent dans les localites favorables a leur propagation, non-seulement pendant la belle saison , mais en- core en automne et en hiver. Seance duiS mai 1848. Geometrie DBSCBiPTivE. — M. Thcodorc Olivier fait la com- munication suivante : « On sait qu'il existe deux plans M et N diametiaux coupant chacun la surface hyperboloide a une nappe et non de revolu- tion suivant une section circuiaire; ces deux plans secoupent suivant une droite Q qui passe par le centre dela surface ; Ton sait que cette droite Q est perpendiculaire en meme temps a la projection orlhogonaie, sur le plan M, du diametre D de la sur- face, qui est conjugue par rapport au plan M, et k la projec- tion ortiiogonak', sur le plan IN, du diametre D' de la surface, conjugue par rapport au plan N, et Ton sait que les diametres D etD' ont meme longueur. Cela pose, on demontre le theoreme suivant : — Dmguani far C la section chculaire et Uiametrnle ~ /lO - d'un iiijperboloUe a une nappe , si par chaque point x de ce ccrcle on fait passer les generatrices dcs deux syslcmcs rectili- ^ gnes G el K, et si par Ic point x on viciie un plan P pcrpendi- culaire a la droile G el tin plan R perpcndicutairea la droile K, tons les plans P couperont la droile Q en un nteme poinla ct tons les plans R couperont la droite Q en un nn'me point b. Desi' gnanl par o le centre de llujperboloide , centre qui est en meme temps celui du cercle C on aura oamob.^^ la distance du point fixe houhau centre o sera ig ale a la projection oithoyonale sur le plan oti cercle C de la longueur du demi-diametre conju- ^ gue D. « L'existence desdeux points fixes a et 6 pour I'hyperboloide k une nappe et non de revolution, conduit a des constructions nouvelles du probleme dcs tangenles a I'hyperbole, » On en deduit la demonstration d'unepropriete georaetrique assez curieuse et que Ton peut enoncer aiusi qu'il suit : — Etanl doime un hyperbolof^e a une nappe et non de rcvolulion , si par son point fixe a on nthie une droile A perpendiculaire an plan de son cercle diametral C , si par son second point fixe b on inene aussiune droite B perpendicidaire au vu-me plan ; si Con suppose que le centre odu cercle C decrive aulour de I' axe A une lielice circulaire re lui paraitrait preferable surtout s'il n'ya pas reellement de fecondalion. M. Laurent cite alors a I'appui de sa determination les resultats de ses recherches sur lesoeufsou les ovules simples des Hydres et de I'Eponge d'eau douce qui , sans avoir ete fecondes au moyen d'un produit fourni par des organes mSles (puisque ces animaux sontcom- pletement agames), se transforment cependant en corps em- bryonnaires qui deviennent des individus distincts et Isolds dont il a decrit et figure le developperaent complet depuis leur nais- sance jusqu'a leur mort. Sdance du 27 mai 1848,; ZooLOGiE. — M. Laurent lit une note sur la reproduction du Volvox globalor, Exirait de I'lnstUut^ i'o section 1848, 6 M. Laurent aynnt eu occasion d'observer plusieurs fois la reproduction dc cette esp^ce d'Infusoire , au moyen de corps reproducteurs qui se ddveloppent dans I'interieur de cet animal, a vu ces corps, parvenus a ieur developpement embryonnaire completjSe mouvoir dans I'interieur de I'individu qui lesproduit eten sortir par une fente resultant de la dechirure de I'enve- loppe externe. II considere ces corps reproducteurs qui sont tou- jours verts , nus et pourvus de cils vibratiles, comme des gem- mes ou bourgeons intimes ; ce qui les distin{>ue d'une deuxieme sorte de corps reproducteurs plus petits, constitues par une co- que transparente, homooeneetdensc,qui contientune substance globulineuse epaisse et rouge. II est porte a cruire que ces der- niers sont des corps oviformes ou de veritables oeufs;.niais il avoue n'etre point encore parvenu a voir eclore les nouvcaux individus qui lui semblent devoir se developper dans ces oeufs. Les Volvox (ilobator^qni renferment ces corps oviformes rouges, ont 6te consideres parM. Ehrenberg comme appartenanta une deuxieme espece de ce genre. II serait important pour la science que les observateurs places dans des circonstances favorables cussent la patience de couflr- mer la veritable nature des corps oviformes rouges de cette es- pece d'Infusoire. Seance du 3 juin iShS, ZooLOGiE. Annelides-LUIioplicKjes. — M. de Quatrefagos communique les details qui suivent sur une Annelide du genre Sabelle qui se creuse des galeries dans le calcaire tres dur des roches de Guethary et de plusieurs autres points du golfc de Gascogne. Cette Annelide pousse plus profoudement que les Mollusques lithophages les galeries cylindriques , etroitcs, tortueuses, ta- pissees entieremeut par un tube mince , semblable par sa nature h celui, qui d'ordinaire, protege seul les congeneres de cette Tu- bicole. Ces galeries sont quelquefois multipliees au point que la roche ressemble a du bois vermoulu. Elles s'arreteni toujours au quartz qui , dans plusieurs localites , et entre autres, a Gue- thary, adhere intimement aux feuillets de la roche calcaire. Ce fait a pent 6trequelque interefc poui^la geologic en ce qu'il four- pit ua moyen de plus pour reconnaitre I'ancienne immersion &3 dans la mer, de terrains aujourd'hui a sec ; car si Ton a pu dire que Ics Helix perforaient le calcaire a la maniere des Mollus- qiies lithophages, on n'a encore signale ehez aucun Ver d'eau douce ou terrestre rien d'anaiogue aux Iiabitudes de la Sabelle de Guethary. Seance du lOjuin 1848. ZooLOGiE. Tarets. — M. de Quatrefages communique la note suivante. « L'esp^ce de Tare t dont j'ai parle dans une de mes dernieres communications et que M. Laurent regarde comme pouvant bien etre une des espeees deja decrites est bien certainement nouvclle. S '. coquille etroite et la forme de ses palettes I'eloi- gnent du Taret naval et des espeees voisines pour la rapprocher des Fistulanes et entre autres de la Fislulana gregata (Laji!.), ea menie temps que le pedicuie assez long qui supporte ces memes palettes est a lui seul un caractere qu'on n'a encore si{jnal6 dans aucun Taret proprement dit, » Cette esp6ce nouvelle conserve pendant toutl'hiver dansson canal branchial les larves ecloses vers !a fin do I'aulomne. On les y trouve alois a divers degres de developpement. Ge fait , qui rappeile ce qu'on voit chez les Anodontes, pent expliquer I'er- reur dans laquelle sont tombes les anciens zoologistes qui ont cru que les Tarets etaient ovovivipares, opinion que M.Lau- rent est porte a partager. Les deux espeees que j'ai observ^es nele sont certainement pas. Chez celle dont je viens de parler, les organes genitaux etaient entierement vides et d'oeufs et de Zoospermes a I'epoque ou je trouvais ces larves de divers ages ainsi accumulees dans les replis du mantcau et des branchies. Quanta I'autre qui me parait etre le Taret naval de la plupart des auteurs (i) , je I'ai vue pondre plus de dix fois dans mes va- ses de veritablesceufs, qui restaient au fond de I'eau, sans jamais (1) Je ne puis ici m'exprimer ([U'avec quelque doutc, attendu que les caractferes assignes ci cette espSce par divers auteurs ne sont pas toujours les memes. M. de Blainville, par exemple, lui attribue des palettes bicorneet et touvent soutenues par une ■piece lozaugique, tandis que M. Deshayes d6crit et figure ces pi&ces corame assez semblables h ua baltoir de blanchisseusc, description qui s'accorde ties bien avec les caract^res de I'esp&ce dont il s'agit ici. Q. se developper, a moins d'une fecondation toute exterieure. J'ai vu de meme des nidles eraettre leur liquide fecoiulaut. J'ai pu repeter ces observations bien des fois,ayant eu pendant pres de troia mois des Tarels vivants dans racs vases. » Ces fails s'opposent de meme h ce qu'oa regarde comme fondle une autre opinion vers laquelle semble pencher M. Lau- rent. II est evident, d'apres ce qui precede, que les Tarets ne sont pas hermaphrodites. J'ajouterai que des rcchcrciies di- recles contirment ce resultat. J'ai bien des fois examine au microscope le contenu des organes genitaux. Mes etudes sur I'embryogeuie me forcaieut a repeter ces observations prosque chaque jour. Eh ! bien, jamais je n'ai trouve reunis sur le merae individu des ceufs ei des Sperraatozoides. « Toutefois ilest unecirconstance qui pourrait en iraposerau premier coup d'oeil. Lorsque I'organe genital, ovaire ou testi- cule, s'est oxyde a raoiiie, on trouve k la partie anterieure une matiere blanche, epaisse, ressemblant assezau sperme des nui- maux inferieurs, si ce n'est que la teinte est un pen moins mate. Examinee au microscope, cettc matiere se resout en une infinite de corpuseules qui semblent etre des debris d'organcs et de pellicules roules, pliss6s de toute maniero. Les plus petits de ces corpuseules sont agites par le mouvement brownien et pourraient etre pris par un obser^ateur inatientif pour des Sperraatozoides. Mais, a part la difference bien connue du mode de mouvement, la comparaisou directe faite par moi bien des fois ne permit pas I'ombre d'un doute. Cette matiere, reste des cloisons cellulaires et des loges ou se sont developpes les ocufs chez les fenielles et les Spermatozoides chez les males, se pre- sente avec les raemes caracteres da6« les deux cas , el sou existence ne pourrait etre invoquee a I'appui de I'hermaphrodi- tisme que par un observateur superficiel. » Anatomie. Developpement des spermatozoides , des cellules et des elements analomiques des tissiis. — M. Robin, apres avoir expose les r^sultats des travaux de plusieurs auteurs etdeses propres recherches sur les memes sujels, developpe diverses considerations, dont quelques-unes out deja ete mises en avant par certains d'enlreeux. En voici les principales conclusions : a. Relativemenl anx femelles des etrcs vivants. 4r. 1° Od sait depuis lougtemps que le vitellus de I'auf de tous les auiraaux se dlvise sucaessivemeul on 2, 4, 8, etc., petites spheres qui s'entourent d'uiie parol oa enveloppe plus ou moias distincte du contcnu et constiluont les celhiles emhiyonnuires qui peu a peu torment I'enibryon tout entier, et qu'a ces cel- lules succedeut ies tissus, Ces plienomenes ont lieu a rinterieur de la membrane vitelline (aussi appelee chorion^ zone iranspa- rente, etc.). 2' On peut reconnaitre dans les travaux deMM. Decaisiie eJ; Thuret, sur les spores et ies antlieridies des Fucus, que les spo- ruies d'une part se deveioppent dans ies spores par un pheno- meuc de segiiientatiou ou de fractionnement de leur contenu, veritable vitellus, enti^rement semblable, jusque dans se« pins minutieux details, avec le menie plienomene chez Ies animaux. Dans les sporules qui germent, on voit leur vitellus ou contenu se segmentcr a son tour par un niccanismc idi'Uli(|ue aux pre- cedenls, et cbaque segment ou petite sphere former une des cellules primitives ou embryonnaires de I'AIgue. 3'' D'apres les recberches dc plusiours pliytologistes et dans ces deniiers temps de MM. Amici, H. Mold, Cb. Muller, etc., on voit que le contenu du sac embryonnaire des Phanerogames donne uaissance apr^s la fecondation aux cellules embryon- naires (qui formeront bientdt I'embryon vegetal) par uii meca- nisme identique a celui qui a 6te signale dans les ovules des etres precedents, identique au mains quant aux phenomenes prineipaux, savoir : apparition du noyau avec concentration des granulations du contenu toutautour dans certaines cellules, et formation d'une parol autour de chaque masse, paroi ayaut I'aspect d'une cloison eutre chaque noyau central des cellules, des quil y en a plusieurs de formees. Chez certains animaux, on peut voir que rallonj^ement, puis la division en deux du preitiier noyau apparu, precede ou accompagne la separation en deux de la sphere vitelline entiere, ou des spheres de frac- tionnement deja produites, c'est-i-dire I'apparition de la liyne de separation ou apparence de cloison qui separe Tune de I'au- treles deux nouvelles spheres ou cellules formees. Les cellules embryonnairesdu vegetal sont separables et distinctes les unesdes autres dans la cavite du sae embryonaaire;, comme les Hi6mes 46 particules le sont dans celle dela membrane vitelline de l'o\ule dcs animaux et des Al{j'ues. D'apres tout ce qui precede on voit que le sac embryonnaire de I'ovule des vcgetaux est la seule partie qui soit comparable h Tovuie des elres precedents; que c'est la I'ovule des vegetaux ; qu'apres avoir comnoence par etre une cellule, comme I'ovule des animaux et des Algues, ii vient un moment ou c'est un organe a part forme d'une membrane ho- mogene, amorphe, d'un contenu granuleux et ayant pour fouc- tion et pour but la reproduction de rindi\idu; dont I'enveloppe quoique 6tant une pai oi de cellule au point de vuc morpholo- gique, doit rccevoir le nora de membrane vitelline, et son con- tenu celui de vitellus, puisque I'un et I'autre jouent le mfime role que cesmemes parties dans lesautres etres vivants. Quant au nucelle, c'est en general un organe transitoire ou ttmpo- raire ; la primine et la secondine sont des membranes de protec- tion accessoires, composees de cellules et non amorphes. b. Relativement aux corpuscuksfecondateursdes m^les : 1" On sait que d'apres les travaux de MM. de Mirbel, I)e- caisnes, etc., sur le d^veloppement des grains de pollen des Plianerogames (Cucurbitacees, Viscum album, etc.), de grandes cellules se developpeut dans chaque moitie de Tautbere encore jeune. Ce sont les ulricules polliiiiques on cellules meres ilu pol- len, dont le contenu granuleux se reunit en masse, dans laquelle se montrent deux ou quatre noyaux, et entrc chacun de ceux-ci se montre un sillon de separation , puis il y a segmentation ou fractionuement du contenu et bientot formation d'une mem- brane ou parol d'euveloppeautour de la masse granuleuseagglo- meree autour du novau. On ne peut meconnaitre ici I'analogie qui existe entre le mecanisme de la formation des grains de pollen et celui de la formation des cellules imbryonnairesdans I'ovule ou sac embryonnaire vegetal. L'uiriculoncre pollinique a parol bomogene, amorphe, est analogue a la parol propre du sac embryonnaire ou veritable oeuf vegetal, c'est la membrane vitelline de I'ovuie du vegetal male; son contenu granuleux en est le vitellus, et par le meme mecanisme qu'a lieu la formation des cellules embryonnaircs de I'embryon, ce vitellus dans le ve- getal mfile donne lieu A la formation de cellules particulieres. Mais celles-ei au lieu de s'arranger par juxtaposition en forme 47 d'embryon restent isolees, se modifient, prenneiit une deuxieme rncmlirane, et alois constituent le grain dc pollen^ qui est bien une cellule morpbologiquement parlant; mais qui n'est pas une cellule dans le sens que Ton donne k ce niot en histogenesie. Ainsi, le grain de pollen est devenu quelque chose de special, charge d'une function speciale et deterrain^e, e'est-a-dire sa cooperation a la perpetuation des indiviiius, par intromission du boyau poilinique jusqu'a I' ovale fenaelle, pour lequel il devient cause determinante et premiere du fractionuement de son con- tenu et de formation de cellules suivant un mecanisme iden- tiquea celui par lequel il s'etait I'orme lui-meme spontanement dans I'ovule male, II joue, relativeiiifMit ;i I'ovule vegetal, le r61e des sperraatozoides a I'egard des ovules aiiHnaux. II est I'analogue de ces corpuscules. 2° Dans les Cryptogames on pout constater que les antheri- dies, apres s'etre developpees dans uneenveloppe analogue aux perispores, sont remplies d'un contenu graouioux anaiogiie a celui des spores, veritable vitcilus de I'ovule male, dont I'en- veloppe bomogene amorpbe est la membrane yi/e//i>?e analogue acelle de I'utricule mere poilinique. Ici le phenomene du frac- tionnemeut n'a ete decrit par pcrsonne, mais que Ton jette les yeux sur les planches de MM. Thuret et Decaisnes, et Ton verra que I'etat muriforme raammelonne de la surface du contenu des antheridies qui precede I'apparition a leur intcricur des corpuscules males mobiles indique qu'un fraetionncmciit (dont une panic des phases out pu echapper, comme d;ins les pre- miers temps ou Ton a eiudie le fractionnement de i'ovule animal) a eu lieu ici Aussi peut-on sans faire une bypotbcse deraisonnable admettre que les corpuscules males des Cryplo- gamis ne sont autre chose que des cellules resultant du frac- tionnement du contenu del'antlieridie, qui sesontmodiriees,aux p61es opposes ou a un seul p6le desqueilts se sont developpcs une queue ou un a deux cils vibratils de la meme mnniere que ce plienomene sf passe dans le developpement des sperma- tozoides chez lesauimaux. Les corpuscules males mobiles sont par consequent les analogues des grains de pollen aeveloppes par le raSine mecanisme, destines au meme bui ; ce sont quelque chose de special comme eux et derivant aussi d'une cellule qui 48' s'est modifiee, et ils soitentdel'authei'idie dans laquelle ilssont n^s par rupture de celle-ei comme les spermatozoides chez !cs animaux et les grains de pollen de rutricuie pollinique chez les Phanerogames. L'antheridie n'est par consequent pas analogue aux grains de pollen, raais bicn a I'utricule mere pollinique d'une part,etencore au sac embryonnaire ou ovule prt)prement dit des Phanerogames. Lours animalcules ne sontpas analo;iues aux granules de fa fovilla dps grains de pollen, mais bien a ces der- niers eux-ra6mes ; ils ne sont comme eux rien autre chose que des cellules embryonnaires de fractiounement, qui se sont mo- difiees peu ii peu d'une nianiere appropriee a I'usage qu'ils ont a remplir, a Ijeur but en un mot. Quant a cette mobilite des cor- puscuies mSles que nous voyons apparaitre pour la premiere fois dans les v^getnux, elle ne doit pas nous etonner plus que celle des spores cux-memes, dont I'epispore se couvre de cils vibratiles qui les mettenl en mouvement, non-seulement dans les F71CUS dont il a ete question , mais encore dans un grand nombre d'autres Algues. Ainsi, le mouvement des corpuscules mAles est done de memo nature que celui des cils vibratiles de i'epispore , c'est-a-diredc nature speciale,mais encore inconnue, comme celui de tous l^s cils vibratiles vegetaux et animaux. 3° M. H. Weber {Arch, de Midler, I847)asuivi le develop- pement complet des spermatozoides chez les Strawy Ins auricu- lar'is et Ascaris acuDunata , developperaent dont jusqu'alors on ne connaissait que quelques phases incompletes. Ne pouvant cntrer dans Ics details que rcnfcrme cet interessant memoire, il sufiiru de mentionner que dans les tubes du testicule se dcve- loppent des cellules niunles de leur noyau, etc., analogues sous ces rapports avec colle par laquelle commf^nce Tovule. Bieutot le noyau disparait, et la cellule se remplit d'un contenu granu- leux, opaque, analogue au vitellus lui-meme. Les phenomenes que presente peu apres ce contenu, nous prouveront que des ce moment cette cellule appelee ulriculc mire zoospcrtnique est bien encore cellule au point de vue morphologique; mais qu'au point devue de I'anatomie des elements organiques, elle est de- venue un organe special, un veritable oeuf spermatozoique, eeuf du m&le, ayant sa membrane viteU'me (parol amorphe et homo- gene de I'utricule) et son vitellus (contenu granuleux dc la ni6me 49 Utricule 20osiJemiique) , teuf dont ie pioduilbponlaue, tes spetf- matozoides, devra aller porter I'ineitation neocssaireau dfvel()|i- pementdu contenu de I'ovulc en cmbryoii. Ce vitellusde I'ceuf du male presente en offet bieutot un, puis deux silloiis mdri- diens, comme le contenu de I'ovule des animaiix fempllos, des Algues, etc., et les ({u.itro spheres dc fiactioiu enieiit qui en re- sultentpour chaque iilrienlc mere zoospeiniiqiie prennent une paroi ; sur uu poinl de cette cellule apparail un piiilongenitMit ou queue qui graudil iiisensiblement. En nieme ten^ps, le corps de la cellule se modilie pour t'oriuer le corps oo. la tetedu spanies qui presenlent une serie des pnenomenes analo- gues : le IVactioiinement de leur conlenu ou vilellus; d'oii re- sultcnl des cellules qui se reunissent pour former rembr3'on ; et il y a identite dans le mc'canisiiie de cette formation entre I'ovule de I'lniequelconque de ces classes et celui de la classe qui la suit oil la precede. D'autre part, dans une deuxieme serie qui renferme Tovulo indle [utriciile vurc des corpusculcs fecuti- daleurs) des Phanerogaines, des Cryptogaines et des animaux, nous voyons encore qu'il y a nou-seulement identite de meca- nisme pour la formation des cellules embryonnaires males, entre I'une quelconque de ces classes et celle qui la suit ou la precede ; mais de plus qu'il y a identite de mecanisme entre cette serie tout entiere qui apparlicut aux org;ines males et la pr^cedonte qui contieut les orgaues femelles; oiganes qui dans lesunes et dans les autres out pour but une seule et meme fonc- tion , la conservation de I'espece par la perpetuation des indivi- dus. Cette identite reconnue, 11 faudra desormais ranger dans la premiere serie tons les ovules m^ies, parceque leurs cellules I i 51 embryonnaires se forment spontanement ; mais au lieu de se grouper en embryon elles se dispersent et vont s'unir a un ou plusieurs ovules leuielles qui sans ell.es resteraient sans usages; mais pour lesquels elles deviennent un excitateur qui determine i'apparition des memes phenomenes qu'elles ont eprouve sponta- nement. G'est done daus le male que reside le principe dominant, primitif et spontane des phenomenes de la reproduction , le principe determinant sans ieque! I'organe t'emelle devient inu- tile ; c'est en lui que commencent spontanement les premiers phenomenes de la reproduction dont la femelle presente la con- tinuation par le meme mecauisme eleraentaire , par suite de I'intervention du mcile. d. Quant k I'utilite de ces comparaisons qu'on pourrait re- pousser en disant que la botanique n'a jamais rien empruntede bon a la zoologie, ou peut repoudre qu'elles n'ont pas ete faiteg daus le but de savoir s'il y a ou non utilite pour I'une ou I'autre de ces branches de la biologic a comparer leurs phenomenes ; mais parce qu'il est toujours utile dans les sciences de compa- rer ensemble les phenomenes qui se passciit d'apres le meme mecanisme, surtout lorsquils ont pour but raccomplisseraent de la meme fonction et surtoul d'une function aussi speciale pour Tindividu , et aussi generate dans la masse des etres que la reproduition. De plus, c'a toujours ele une marque de progres dans les sciences de pouvoir rattacher a une seule et unique cause, quelle que soil sa nature, plusieurs phenomenes fon- daraentaux qui different a peine I'un de I'autre, et cela seule- mcnt par suite d'aclions tres secondaires s'ajoutaut a la prece- dente. e. II ne faut pas objecter que dans les vegetaux la distinction en- tre le contenanl et le contenu des cellules embryonnaires est tou- jours possible, ce qui n'a pas toujours lieu chez les auimaux, et qu'alors lescorpusculeselementairesprimitifsnesont pas des eel lules. Cela est en effet vrai au point de vue morphologique pour un certain uorabre de cellules animales embryonnaires ou autres; mais comme la constitution anatomique fondamentale est iden- tique dans celles qui out une parol distincte et celles sur les- queiles la distinction eiitre le contenant et le contenu n'est pas possible, comme les uues et les autres concourent au meme but, 52 la formation destissus, on ne peut pas nier que ce ne soicut la des organes analogues dans I'uneet I'autre classe d'etres. /. II y ad'autie part une distinction a etablirentie la formation des premieres cellules embryonnaires par fractionnement du vitellus chez les vegctaux et auimaux et la formation des cel- lules pour I'accroissemcnt ou la renovation des epitheliums ou autres tissus chez les animaux adultes d'une part, et d'autre part la formation des celiuUs dans les racines aeriennes, dans les spongioles, dans lis bourgeons adventifs ou pour le devcloppe- ment d'autres organes ou leur accroissement chez les vegetaux. II y a la formation spoiitanee de cellules par uu meeaiiisme autre quale fractionnement du vitellus, ct si dans I'lmet I'aulre casil y a analogic dans Ic mode de multiplication des cellules aux depens des premieres formees, la formation premiere differe et ne doit pas etre confoudue. La theorie de Schwann par exemple n'aurait pu 6tre applicable qu'h la formation des cellules chez les etres adultes et non dans I'ovule. Cette theorie n'est du rcste pas exacte ni chez h-s animarx ni chez les vegetaux, surtout pour cc qui rcgarde la formation de la paroi de cellule aux depens du noyau. II a dureste neglige ce fait important que chez les vege- taux la parlie reellement importantede la cellule au point de vue organi(|ue, c'cst I'utriculo primordiale azotee qui tapisse la face interne de la paroi de cellulose (H. !Mohl, Payen, etc.). Le noyau des cellules v^getales est de nature azotee, il appartienta rutricule azotee et nullement a la paroi de cellulose; celle-ci n'est en (|uelque sorle qu'uii jiroduit secondairc , ayaut des usages mecaniques, qui s'ajouie a la premiere, I'cntoure quand celle-ci s'ostforraee. Dans I'oviilc vegetal les cellules embryon- naires sont d'abord purement azotees , ce n'est qu'ensuite que se raontrel'enveloppe plus solide, mais peu vivante, formee de cellulose. II reste ueanmoins a Schwann d'a voir mis en evidence le premier que, dans les animaux comme dans les vegetaux, les elements anatomiques des tissus passaient d'abord par I'etat de cellules, etaient precedes par des cellules qui vivaient un cer- tain temps sous cette forme avant de devenir tissu. g. Quant a la theorie de Schwann sur la metamorphose des cellules embryonnaires animales en elements destissus, sur leur transformation directe en elements anatomiques (fibres rauscu- 5S laires, tubes nerveux, vasculaires, etc.), on peut la considerer comme line de ces theories de transition bonnes pour un temps, comme I'histoire des sciences en montre tant, raais actuellement reconnue comme inexacte. II est bien certain que tout tissu ve- getal (tissu meduilaire, tissu fibreux, vaisseaux, etc.) est le re- sultat d'une metamorphose pure et simple de cellules qui ne perdent jamais les caracteres d'utricule quelles que soientleurs modiflcations de forme, .volume, etc.... II importait de savoir s'il en etait de meme chcz les animaux : Schwann a resolu affir- mativement la question. Mais il a force les analogies en voulant que les elements anatomiques des tissus animaux soient formes aussi par une transformation directs des cellules en fibres, tubes, etc... I! y a bien analogic en ce sens que ces elements-ci sont precedes de cellules analogues par leur constitution anato- mique, leur developpement primitif, aux cellules des vegetaux ; mais il y a une difference importante, en ce sens que ies ele- ments anatomiques des tissus animaux ont besoin d'une elabo- ration de plus. En eflet, apres avoir exists, vecu un temps donne, elles disparaissent, se fondeot, et au fur et a mesure on voit naitrc dans le binsteme qui en resulte des fibres, tubes, etc. , qui s'y developpent de toutes pieces. Ainsi chez les vegetaux il y a transformation directe des cellules en elements anatomiques des tissus par metamorphose simple; chez les animaux il y a SUBSTITUTION des elements anatomiques aux cellules qui se fon- dent et disparaissent d'abord ; mais non metamorphose directe des cellules en elements. II. II n'y a exception que pour les epitheliums qui se formcnt par metamorphose directe des cellules en tissus. II en est de meme des plumes chez les Oiseaux, etc. Mais ici c'est un tissu d'une autre nature, plus simple, vegetant, remplissant des fonc- tions passives. Les epitheliums sont en un mot avec les polls, les ongles, le cristallin, les plumes, les produits de secretion, etc., des produits de perfectionnement ou a expulser ; mais ce ne sont pas de vrais tissus, doues de functions actives, comme le tissu musculaire, nerveux, etc... De meme aussi les elements anato- miques de ces tissus passifs ou produits et ceux des vrais tissus ou aciifs sont essentiellement differents; dans les premiers ils sont plus simples, ils ont seulement change de forme ou sont un 5& peu plus modilies comme dans les produits de perfectioonement par exemple,tels que poils, ougles, plumes, cristallin, etc.; dans les derniers, ils sunt nes spoutanemenl dans un blasteme qui a prealablement passe par IVtit de cellule, par consequ''nt plus animalise , plus eloigue des elemeuts auatomiques des tissus vegetaux. Seance du 8 jidllet iSlii. ZooLOGiE. Tarets. — M. Laurent cbramunique un I'ait qui vient d'etre observe par M. Eydoux, medecinde la njarine, de- legue au port de Toulon pour coutinuerles experiences concer- nant les aniraaux nuisibles aux bois de construction, Cette ob- servation a ^te r9ite sur un individu de I'espece Teredo sene- gatensis , qui , ayant ete retire entier du bois^ avait ete place dans un vase rempli d'eau de naer, ou i'on avajt mis ci dessein quelques morceaux debois. Get individu a d'abord allonge son pied pour tenter de se fixer de nouveau sur lebois, etn'ayant pu y parvenir, a (iiii par secreter un nouveau tube calcaire complet, pt ferme a son extremite anterieure ou cephalique par une cloison epip!ira{];maire. — M. Laurent eiitre a ce sujet dans divers developperaents, et signale riraportance de ce fait , qui lui serable proprea confirmer I'opinion emise par M. Des- hayes au sujet du genre Clohonnaire de la famille des Mollus- ques acephales lubicoles. U est d'avjs qu'il faudra suppriiner les genres FisLiUane et Cloisonnaire , et faire rentrer dans le genre Taret , non-seulement la Fisiulana greciata , qui est le Teredo nucivorus de Splenger, mais encore la Fistulane corni- forme , qui , demenieque la Cloisonnaire de la Mediterranee , trouvee k Marseille et decrite par M. Matheron , n'est rien autre chose qu'un Taret de I'espece Teredo senecjalemis, ou d'Adanson. Ce qui est la confirmation des determinaiions pro- posees par M. Deshayes. Les reflexions que I'ait a ce syjet M. Laurent le conduisent natureliement a repondre h |a notice sur les Tarets , lue par M. de Quatrefages a la Societe dans la seance du 10 juin 1848. 1° 11 fait remarquer que , d'apres I'examen des caracteres in- diques tres succinctement , et assigues par M. de Quatrefages h I'espece pretendue Douvelle, il croil devoir persisier a ne point 55 laeonsiderer eoramc telle_\ attendu qa'elle pourrait bien etre une \Sir\ete da Teredo nucivorus. 2" II sigiiale conime completemenl erronee I'assertion de M. cle Quatrefagt's, quiattribue aux ancienslacroyance a I'ovo- viviparite. C'est tout le contraire. Les anciens et les modernes out tous cru jusqu'a ce jour (|ue lesTaretsetaient ovipares. • 3° Lfs fails cites par M. de Qiiatrelages a I'egard de I'espece pretendue nouvelie,soiit des preuves certaiues de rovovivipariti de celte espece. On peut done , en joigaant cette espece au Te- redo navalis (qui est bien distincte du Teredo sencgalcnsis ^ d'apres les deterraiualioiis deMM. de Blainvilleet delie Cbiaje) , adniettre deux especes de Tarets reeilement ovovivipares. 4' iVl. Laurent ayant revu ses notes relatives au Taret du Senegal , que M. de Quairefages aorait vu pomire des oeuls, admel, d'apres ces notes, la po^sibilite de roviparite de cette ftspece , ou bien une ovoviviparite moins nette et moins tran- chee que dans les deux especes citees eidessus. 5° II annonceque, pour lesoudre cette question, il fait pour- suivre a Toulon des rechercbes sur toutes les espe es de Tarets, et principalement sur le Taret i palmeltesartieulees. Cette der- ni6resera-t-elleovovivipareconinae les deux premieres,ouovi pare eomme le Taret du Senegal , en admettant provisoirement , et jusqu'a plus ample infornae , I'oviparite de cette espece ? En I'etat actue! de la science , il coiivient , dit-il , d'altendre que de nouveaux fails eclaireut ce point de rhistoire naturelle du genre Tarel. II serail possible (|ue, dans ce merne genre , de meme que dans celui des Paludines , il y eiu des espfeees ovi- pares et d'autres ovovivipares. 6° A I'eg rd de la question des sexes , que M. de Quatrefage.s croit avoir vus distinctement separes dans les -Tarets ( cequi n'a point encore ete observe ) , M. Laurent croit celte affirmaiion au moins prematuree , et pense que les rechercbes microscopi- ques dont s'occupenl depuis longtemps les zoologistes investi- gateurs, nonobstant les liimieresqu'elles fournissent , ne sufli- sent pas pour reso, dre celte question , et qu'il faul necessaire- mem y joindre robservalion des moeurs et des experiences sem- blables a ceiles qu'il a faites sur les Limax agresiis et flavus , et sur I'Hydre. 55 Anatomii? et PTiYStOLor.tp. f>e la arai'aiion i\ici Us Arack' nides. — M. BlancharJ coiumuuique sur ce sujet les obs«:rva- tionssuivantes: « Dans les Arachnides a respiration pulmooaire, oomme Ics Epeires, les Tegenaires, etc., le systerao vasenlaire offre uu ile- gr^ de developperaent considerable. Le coeur, deja bien ob- serve et represente avec exactitude par Treviranus en Allema- gne, par Dii/jes en France, oecupe la poiiion supiM-ieure de labdomen; regnant ainsi au-dcssus du tube digestil' et des or- ganes de la generation ; mais I'ensemble du systeme arterid est demeure completenient ignore, jusqu'a present. Duges, dnns son Trailc de pliysiulogie comparee (t. Ill, 1838), dit, en pailant de la circulation chez les Arachnides : « Le coeur se continue » en avant sous la forme d'une grosseartere qui traverse le pe- » dicule et entre dans le corselet; je I'ai suivie jusqu'aii milieu V de cette partie, oil je I'ai vue s'elargir, sans dome, pour se di- » viser. » Depuis I'epoque a laquelle ecrivait le celebre natura- liste de Montpellier, aucune observation sur ce point n'est ve- nue agrandir le cetcle de nos connaissances. M. Newport, il est vrai, a public des recherches d'une haute importance sur la maniere dont s'effectue la circulation chez les Scorpionides ; mais les Araneides ou les Arachnides fileuses, sur lesquelles nous appelons aujourd'hui Tattenlion des naturalistes, consti- tuent un type zoologique fort different. » Pour donner la description succincte de I'appareil vasen- laire des Arachnides fileuses, c'est I'Epeire diad^me. [Kptha (ihulema, Lin.) que nous choisirons corarae exemple. C'est chez cette espece que nous avons reussi, d'abord, a suivre !e trajet de tous les vaisseaux en y faisant penetrer par le coeur un liquide colore. » L'aorte, comme Duges I'avait vu, nait directement de la portion anferieure du coeur. Se dirigeant en iigne droite, elle passe dans le pedicule de I'abdomen et penetre dans le thorax. Parvenue au-dessus de I'ouverture comprise entre les deux por- tions stomacales, elle fournit, de chaque c6te, une artere qui remonte en suivant I'origine des diver liculutn de I'eslomac de ces prolongements intestinaux. Mais les deux troncs les plus puissants qui naissent de I'aorte se portint a la partie jnlerieure di) tlini'.n. lis fournisscnt prosque des lour origine Ics artcreS optiqups;et aprcs elre passes an-dessous 'de la region stoma* cale, ils envoient une artere achacune des pattes, et des grands palpes ou pattes-mElchoires. lis donnent encore une artere aux glandes venenifiques. Cette derniere se divise en piusieurs bran- ches sur la glande, et rien ne se dessine avec plus de nettete et d'elegance a la fois que ces fines ramifications, quand elles sont bien rempiies par le liquide injecte. » De raeme que chez la plupartdes Invertebr^s,les veines pro- prementdites manquent chez les Araehnides. Le sang, porie a tous les organes par les arteres, se perd ensuite dans les lacu- nes, c'est-a-dire dans les espacesou meats compris entre les or- ganes. Daus les paltes, i'artere s'etendant jusqu'^ I'extremite du membre, il existe un canal pour le retour du sang. C'est ce canal qu'on distingue meme au travers de teguments chez un grand nombre d'especes. » Le fluide nourricier, repandu dans toutes les cavites du corps, arrive aux poumons. La, il s'infiltre entre les feuillets qui constituent ces organes, et apres y avoir puise I'oxygene de I'air, il est repris par un systerae de vaisseaux effercnts qui le ramenent au coeur. Ces vaisseaux, analogues aux vaisseaux bianchio-cardiaquesdesMollusques-Gasteropodesoudes canaux branchio-cardiaquesdesCrustaces, peuvent 6tre desigues sous le memenom, ou sousceluidepu/monocan/ia^ites. lis serecour- bent vers la partiepost^rieureet vers les parties laleralesdu corps, pour passer au-dessus des organes de la generation et parvenir dans le pericarde devant chacune des chambres du coeur. Ces vaisseaux assez nombreux et tres ramifies avaient deja ete vus par Treviranus et parDuges; mais comme ces naturaiistes ont observe sans le secours de Tinjection, il parait y avoir quelques inexactitudes dans les figures qui represenlent les divisions de ces vaisseaux. Eu outre, leur r61e physiologique ne semble pas avoir ete bien saisi. » En piusieurs circonstances, nous avons eu I'occasion d'in- sister sur les rapports d'organisation qui unisient la classe des Araehnides a celle des Crustaces. La nature de I'appareil circu- latoire vient encore moutrer manifestement I'affinite qui existe entre ces deux types. Chez les Araehnides, comme chez les Extrail de I'lmtUut, 1" section, 1848, % 58 Criistaces, il y a un veritable cceur et qn syst^rae arteriel tr^s developpe. Le sang est egaleraent ramene des organes respira- toires au cceur par des vaisseaux efferents ; seulement chez les Arachnides ces vaisseaux, ayant des parois propres et des divi- sions nombreuses, out uae perfection plus grande que chez les Crustaces. » Geometeie. De la deviaiion des courbes a double courbure. — M. Abel Transon coramuuiquc sur ce sujet la note suivante. La determination de la tangente, du plan osculateur et du rayon de courbure, fait connaitre, a partir de chaque point d'une courbe, la situation absolue et ja correlation des deux elements consecutifs de celte courbe. La situation du troisieme element est determinee: 1° par Tangle infiniment petit que fait le plan du premier et deuxieme element avec celui des deuxifeme et troisieme; 2* et par le rayon de la sphere osculatrice. — iMais cetle determination du troisieme element est eu quelque sorte ideale ; elle ne peut pas se realiser comme impliquant une quan- tity intiuiraent petite, savoir Tangle des deux plans osculateurs cons6cutifs. De sorte qu'il u'y a pas de rppresentalion geome- trique pour figurer la correlationdestrois elements consecutifs. Cependant, comme ces trois elemenls sout sur une mt^me sphere , et les deux premiers sur un cercle determine de cette sphere, il n'y aurait plus qu'a obtenir une raesure intuitive de ia quantite dont le troisieme element s'ecarle de ce meme cercle. On y parvient de la maniere suivante. — Pour fixer les id6es sans recourir a une figure, soient A, B et C les trois elements consecutifs de la courbe. Concevons un grand cercle iS' trace sur la sphere osculatrice, perpendicuiairement au milieu de B; puis un autre grand cercle IN' perpendiculaire au premier et tres voisin de B, L'arc deN' intercepte par la courbe donuee aurait son milieu sur N , si le troisieme element de celte courbe ne s'ecartait pas du cercle osculateur determine par les deux pre- miers ; mais, generalement. Tare de grand cercle raene du milieu de B au milieu de Tare intercepte de JN' fera , avec Tare normal IV, un certain angle fiui (J dont la tangente est proporiionnelle A r^cart que Ton veut apprecier. C'est done cet angle on plut6t sa tangente qui mesure dans la courbe proposee Talteration de forme circulaire , la deviaiion. Cette tangente a pour expression la formule tres simple : 59 Tan^r. 5_l. -^p— j;^^, ou R est le rayon de la sphere oseulatrice; r le rayon du cercle osculateur ou de premiere courbure; p le rayon de flexion ou deuxieme courbure, lequel est egal comme on sait au rapport — : M 6tant Tangle des deux plans osculateurs consecutifis , et ds ds I'el^ment de la courbe. Cetle determination de la deviation des courbes k double courbure complete une theorie de la deviation dans les courbes planes et dans les surfaces, qui a ete soumise en 1840 au juge- ment de 1' Academic des sciences de Pai'is , et ins^ree par extrait dans le Journal dematlicmatiques, de M. Liouville, pour 1841 . Seance du 12 ao^t 4848. Geometrie analytique. — M. Bonnet communique la de- monstration suivante du theoreme de Meunier , d'apres lequel i'helicoide gauche est de toutes les surfaces gauches la seuie qui ait en chacun de ses points ses deux rayons de courbure principaux 6gaux et de signes contraires. Supposons ie problerae resolu et considerons sur la surface trouvee, en meme temps quelrs generatrices rectiiignes , leurs trajectoires orthogonales; d'abord ces lignes seront eqiiidistan- tes entre elles et auront en chaque point ieur plan osculateur tangent a la surface , c'est ce que Ton reconnait ais«ment. Cela pose, prenons trois generatrices rectiiignes infiniment voisines ; soieut mm' etm'm'Mes deux elements qu'elles dctermi- nent sur uire premiere trajectoire orthogonale et nn', n'n" les deux elements qu'elles determinent sur une seeonde de ces li- gnes tout-a-fait quelconque par rapport h la premiere; si Ton exprime, comme cela doit etre, que la normale a la surface au point n est perpendiculaire a n'n" ou trouve que Tangle de mm' avec nn' est egal a Tangle de m'm" avec n'n" ; d'ailleurs le pre- mier de ces angles a pour tangente-- ■,, en appelant r et R R(r — mn) les rayons de premiere et de seeonde courbure de la premiere trajectoire orthogonale au point m, De 1^ on conclut que cette 60 trajectoire ases rayons de preraifere et de seconde courbures con- stants. —Considerons maintenant la ligne de striction de la sur- face , on reconnalt facilement qu'eile doit etre trajectoire ortho- gonale des generatrices, et par consequent avoir les plans oscu- lateurs tangents alasurface,ce qui nepeut avoir lieu, chaque Ele- ment de cette ligne n'etant perpendicuiaire A deux generatrices inliniraent voisines qu'autant qu'eile se r^duit a une droite ; pro- jetantalors la surface sur un plan perpendicuiaire a cette droite on voit aisement quetoutes les trajectoires orthogonales des ge- neratrices rectilignesse projettent suivant descercies concentri- ques et puis que ce sont des helices, d'ou r^sulte le theoreme. Seance du 26 ao(tt 18A8. BoTANiQUE. — M. P. Duchartre communique I'extrait suivant d'un memoire sur les enibryons polycolyl^s. « Depuisque Jussieu, parune heureuse application d'un prin- cipe enonce primitivement par Ray, a pris pour base des grandes divisions du regne vegetal les caract^res fournis par I'embryon , toiites les questions qui se rattachent a celui-ci ont acquis une iiaute importance. Le premier de ces caracteres est celui qui est tire du nombre des cotyledons, d'aprcs lequel tous les vejfctaux embryones ont ete divises en monocotyledons ou monocotyles , et dicotyledons ou dicoiyles Ce nombre est presque tou jours , en effet, d'un ou de deux ; mais , d'apres la plupart des bola- nistes, il s'eleve au-dessus de deux dans Tembryon d'un petit nombre de plantes auxquelies on a applique la denomination de pohjcotyle'dones ou polycotylees. Par une particularite remar- quable, ces plantes se trouvent disseminees au milieu de diver- ses families et meme de genres dont la majorite des especes n'ont le plus souvent que deux cotyledons: des lorson a juge impossible d'etablir pour elles un embranchement special. Or, I'objet de mon memoire est d'examiner si ces plantes sont bien reellement pourvues de plusieurs -cotyledons distincts, ou si elles ont seulement deux cotyledons divises profondement en un nombre variable de lobes. » Je montre d'abord, par divers exemples, que les cotyledons ou les feuilles seminales des plantes dicotyleesont une tendance tres marquee a se diviscr sur leur ligne mediane, k des degres 61 divers, parfois assez profondement pour faire regarder a tort diaquc lobe cotyledonaire comme constituant un cotyledon dis- tinct. Entrcaiitres fails, je decris et je figure des germiDations de Dianthus chinensis, Lin., dans lesqueiles se montrent tous les degresde division, depuis I'echancrure de Tune desfeuilles se- minales jusqu'a la division complete dc chacune des deux en deux lobes presque indepeudants. Je montre aussi, par unese- rie d'etats differents , que I'erabryon du Macleija doit b. une di- vision de ses cotyledons I'apparence remarquable qui I'a fait decrire comme possedaiit quelqutfois de trois a quatre cotyle- dons. Je fais observer neanmoins que , dans quelques cas tres rares, le verticille binaire des cotyledons pent devenir ternaire ; et j'en donne des exemples. » Passant ensuite aux embryons dont les cotyledons sont normalement bipartis, je decris le developpement de celui des Amsinkia el leur germination. Je montre aiiisi que les deux co- tyledons de ces plantes, simples k leur premiere apparition, de- veloppent bientot chacun deux lobes egaux ; et que, de[)uis c t instant jusqu'a celui oil les deux feuilles seminales sontairivecs a leur developpement coinplet, il devient de plus en plus livideut que cbacune de celles-ci n'est que partagee dans le sens de sa ligne mediane, » Une analogie complete dc dtvuloppemeiit et d'organisatiou me conduit ensuite a eludier iVnibryon du Schizopflalun Wal- keri^ Sims., auquel M. Rob. Brown, dans X^Botanical Register, tab. 752, et recemment M. Barn^oud, dans un memoire special, out uttribue quatre cotyledons distiiuts et separes, contraire- raenta I'opinionexprimee parM.W.Hookerdans VExolic Flora^ tab. 74. Je montre que I'embryoa de cette plante passe par une serie d'etats analogues actux que j'aisignaleschez [esAinshiliia; que sa g«rminfition ressemble a eelle de ces derniercs plantes, bien que la division de chacune de ses deux feuilles seininales en deux lobes soit plus profonde; enfin j'ajoute ci I'appui de ces premiers fails ceux que fournit la structure anatomique, etje montre que, dans les germinations du Schhopelalon, ontrouve deux faisceaux fibro-vasculaires qui correspondent a la portion indivise des deux cotyledons, et qui , plus haut, se divisent en deux rameaux destines chacun a I'un des deux lobes cotyledo- 62 naires. Ce singulier genre de Cruciftres doit done etre effac6 de /a listc des plantes polycotyl^es. » Aprts avoir jeteun coup d'oeil sur les Canatium, VAgatho- p/njlhnn , dont I'embryon parait n'avoir que deux cotyledons partages chacun en trois ou plusieurs lobes, j'nrrive h celles d'entre Its Coniferes qui ont ete regardees comme possedant plusieurs cotyledons, et dans lesquelles on s'accorde g^neraie- menta voir le type deserabryons polycotyies. Cette opinion a ete adnoisedans la science sur I'autorite de Gaortner, de Salis- bury, de L.-C. Richard et de M. A. Richard, Eile est entiere- Dient opposee a celle qui avail ete iexprim^e par Adanson et par Jussieu, d'apres* laquelle ces Coniferes n'auraient que deux co- tyledons partages profondement en un nombre considerable de lobes etroits et allonges. Bien que cette derniere maui^re de voir ait ete abandonnde par les botanistes de nos jours, j'essaye de demonlrer qu'elle seule est basee sur les faits. Apres avoii- dis- cute les objections qui ont ete ^levees com re elle par Gacrtner etM. A. Richard, je deduisde I'examen attentif de I'embryon chez dix-scpt esp^ces differentes , et de celui de la germination chez quelques-unes, les resultats que je vais resumer en peu de mots. » Les pretendus cotyledons multiples des Pins et des genres dont Tembryon est organise sur le memo plan ne sont pas verti- eilles, c'est-a-dire ranges regulierement en cercic autour d'un point. Aucontraire, ils se montrent toujours p irtages en deux groupes opposes, places absolument comme leseraient deux co- tyledons ordinaires. Dans chacun de ces deux groupes, les pro- ductions, dans lesquelles on a vu des cotyledons distinctset s^- pares, et que je regarde seulement comme des lubes, sont gene- ralement serrees I'une contre I'autre, tandis qu'il existe entre les deux groupes eux-memes un intervalle tres marque, quelquefois assez large pour occuper, vers le centre, | res d'un tiers du dia- nielre total de I'embryon. Souvent, et particulierement dans les cas oil les lobes sont nombreux, Tembryon estcomprim^ dans le sens de la largeurdes deux cotyledons. En regardant Terabryon par le somYnet, on Voit frequemmeut les pretendus cotyledons multiples ranges sur deux lignes paralleles, et ces deux lignes sont alors separe'es I'une de I'autre par une fente trfes visible. 63 Cette fente intercotyledonaire se prolooge sur les ^o\ix cotei? opposes do I'embrj'on ou sod exces de largeur la fajt aisentif nt ^•ecoDuaitre, suitout chez quelques especes {Pinus pinaster, So- lan., P'lnus excelsa, Wall., etc.). Dans certains cas, ces deux fentes laterales, opposees, descendent seosiblement plus basque eelles intejposees aux lobes ; des lors I'assertion de Jussieu, quoique trop generalisee, etait basee sur des faits. Pour recon- pailre , dans les cas doijteijx, la disposition des lobes cotyle- ^onaires en deux groupes, up uioyen, qui ra'a toujours reussi , consiste a mener, avec un instrument bien tranchant, une sec- tion transversale vers le milieu des cotyledons plus bas ; la por- tion basilaire restantemanifeste neltement, dans presque tous les cas, la disposition que je signale. » A pes faits fournis par I'embryon adulte, j'en ajoute d'au- treg tir^sdes germinations et de la phyllotaxie. Je rappelle aussi que recerament M. Lestiboudoig a ete conduit par des observa- tions de phyllotaxie anatoraiquea admettre egalement la dicoty- ledoqie de tputes les Coniferes. » Ainsi , ep resume, je crois etre parfaitement autot ise ^ ad- mettre que les plantes doot il s'agit ici ne soni pas polycotylees. » Les Ceralophijllum ont ete signales et sont cncoie journel- lement decrits comme possedant quatre cotyledons inegaux par Piajro. Mais les observations de M. Schleiden, avec lesquelies les miennes s'accoident presque de tout point, ont suffisamment montre que c'est la une erreur due a ce qu'on a confondu avec les deux cotyledons le premier verticille de feuilles plumulaires qui se montre constamment binaire. » Apres avoir ainsi retrauche de la categoric des plantes poly- cotylees la presque totalite de celles qu'on y avait rangees, je pe vols plus comme devant conserver provisoirement ce nom , d'apres I'autorite de M. Rob. Brown, que quelques especes dc fersoonia , au sujet desquelles le manque presque complet de materiaux ne m'a pas permis d'emettre uue opinion. » ZooLOGiE. — M. de Quatrefages lit un m^moire, dont suit un extrait, sur I'embryogenie des Annelides. « Les oeufs, meme non fecondes, sont le siege de plienom^nes qui me paraissent tres remarquables. Abandonaes a eux-raemes dans de I'eau de mer bien pure, ces ceufs subisseut d'abord I'ac- tion de I'endosmose. line certaine quanlite d'eaii penefredani leur interieur, distend leiitement la membrane ovulaire qui s'6- carte du vitellus, et au bout de six a sept heures on pourrait croire a I'existence d'uu albumen. Vers cette epoque , la v^sicule de Puikinje, qu'on distinguait par transparence dans linterieur du vitellus, disparait, et Je viteilus (ie\iont le siege de mouve- meuts tres semblables h ceux qui se passeut dans les oeufs fe- condes. La masse entiere change h chaque instant de forme, tant6t s'ecoulant en masse d'un point a I'autre de I'oeuf, tant6t formant des lobes arrondis donl on peut suivre de I'oeil ies raodi- ficalions. Tous ces mouvements ont essentielleraent leor siege dans la gangue transparente qui unit ensemble les granulations yitellines. Celles-ci sent tntralnees d'une raaniere passive dans ces mouvements. On voit par moment cette gangue former a elleseule des lobes presque entierement priv^sde granulations, etqui rentrent bicntdt dans la masse commune. Par suite deces mouvements, les granulations deviennent de plus en plus te- nues, diminuent en nombre, et, par suite, I'existence de la gan- gue transparente, le r6le actifqu'elle joue deviennent de plus en plus manifestes. .. J'ai meconou pcndnnt I'ort longtenipb la nature de ces mou- vements singiiliers. Je les attribuais d'abord, comrae Pont fait mosdevaiK'iers , a Taction de courants determines par I'endos- niose, a une putrefaction comm(U9ante, etc.; mnis une observa- tion plus attentive me prouva que ces mouvements etaient bien reellement spontanes, qu'ils etaient autant de manifestations de la vie propre de I'oeuf, vie qui est tout a fait independante de I'action des sperraatozoides. » Ici nous voyons reparaitre d'une raaniere frappante cette analogic, deja signalee, entre les produits des organes genitaux mSles et femelles. De meme que les sperraatozoides, en s'iso- lantdu pere, emportent avec eux une certaine somme de vita- lite, de raeme ies oeufs des animaux a feeondation exterieure,en se.separant de la mere, poss^dent une vie propre et individuelle. Chez les ceufs, meme non fecondes, cette vie peutse manifester par des raouvements spontanes et caracteristiqucs , tout corarae on I'observe chez les sperraatozoides. Chez ces derniers, la vie s'epuise toujours au bout d'uu temps assez court. 11 en est exac- 65 temeiit tu* meinr poUr les oenfs non foconties. Dans le? oeufs f^- concles, au contraire, les moiivemenfs vitaux se proioiigent et aboutissent a I'orgnnisation (I'ihi nouvel eire. L,e contact des spermatozoidcs n'a done pas pour resultat de donner ou de re- vciller une vie qui existe deja et se manifeste par des phenome- nes apprecia!)les, rmisbien, selon toute apparence , de regula- risei-rexercice decette force et den assurer ainsi la duree. Ces conclusions, tirees de faits observes chez dos aniniaux a fecon- dation exterieure, s'appHquent a plus forte raison aux animaux a fecondiilion interieure. .. » Le lieveloppement des Hermelles presente avec celui des Mammiferesdes rapports et des differences que je vais resunier rapidement. » Au sortir de la vesicule deGraaf, I'oeuf des Mammiieres se compose d'luie taclic germinative, d'nne vesicule germinative , d'un vit( llus etd'une envcloppe unique a laquelle adherent des debris irrtVuliersdu disqueproligere.Nousretrouvonsdansl'ccuf des Hermelles exactement les memes parties, si ce n'est que rien nc rappclle ici I'existence anterieure d'un disqueprolig^re dont, en effet, i'ovaire ne presente aucune trace. » Chez les Mammiferes commechez les Hermelles, peu apres la feoondalion, I'enveloppe unique de I'oeul' s'ecnrte a une cer- taine distance du vitellus, et une certaine quantite de liquide s'iiitroduit par endosmose entre ces deux elements de I'ovule. Chez les .Mammiferes comme chez les Heraieiles, nous voyons, peu de temps apres la f^eondation, semontrer nn ou deux globu- les transparentsqui se separent du vitellus, tt vieiment sc pla- cer entre ce dernier el I'enveloppe unique de I'oeuf. Chez les Mammiferes comme chez les Hermelles, I'expulsion de ces glo- bules transparents est suivie par ce singulier travail de seg- mentation du vitellus qu'ont decouvertMM. Prevost et Dumas. Mais cette segmentation reguliere et toujours progressive chez les premiers, est irreguliere et comme intermittente chez les se- condes Chez les Mammiferes comme chez les Hermelles, ce travail de segmentation aboutit a une division de plus en plus complete du vitellus. Chez les Mammiferes comme chez les Hermelles, peu de temps apres que le travail meine de la seg- mentation a ramene le vitellus au point de presenter une surface Exlrait de CJnstitut, V* section, 1848. 9 GG lisse, on voit la couche extericure de ce vitelhis perdre I'aspect vitellin et s'organiser. La membrane qui se forme ainsi a recu , chez les Mammiferes, le nom de blaatoderme. La couche corres- pondante chez les Hermelles doit done prendre le meme nora. Chez les Mammiferes comme chez les Hermelles , le liquide in- terpose entre le vitellus et la membrane ovulaire disparait apres le travail de segmentation. Si ulement cetle disparition a lieu chez les premiers avant la formation, chez les secondes apres la formation du blastoderme. Chez les Mammiferes comme chez les Hermelles, I'euveloppe ovulaire et le blastoderme recemraent formes deraeurent quelque temps distincts I'uu de I'autre et plus ou moins isoles. » Ici commencent a se montrer des differences caract^risti- ques, quoique nous ayons a signaler encore deux points de res- semblance bleu reraarquables. » Chez les Mammiferes comme chez les Hermelles , au bout d'un certain temps , la portion externa du blastoderme s'unit intimemeol a I'enveloppe unique primitive de I'ceuf (membrane ovulaire,. Chez les Mammiferes comme chez les Hermelles, cette membrane ovulaire semble s'animer apres cette reunion ; chez les Mammifiires, elle forme la portion exterieure du chorion et se couvre de villosites ; chez les Hermelles, elle devient I'epi- derme dc la larve et se heiisse decils vibratiles. Sous ce rapport, I'epiderme de la jeune Hermelle est bien reellement un chorion persistant faisaut corps avec le nouvel animal. » Mais ehez les Mammiferes, le blastoderme forme aux d^pens des couches exterieures du vitellus se partage, des son origine , en deux feuillets; chez les Hermelles, je n'ai apercu aucune trace de cette division. Chez les Mammiferes, le feuillet externe ou sereux du blastoderme donne seul naissance a la peau et aux tissus sous-cutanes ; chez les Hermelles, la poriion blastoderrai- que du vitellus s'organise tout entiere pour former ces derniers. La peau, ou au moins I'epiderme, est formee de toutes pieces par la membrane ou enveloppe ovulaire. Sous ce rapport, cette meme membrane que nous venons de voir jouer le rdle du chorion, correspond en outre a une partie du feuillet blastodermique se- reux des Mammifei es. Chez les Mammiferes , le feuillet interne ou muqueux du blastoderme donne naissance au tube digestif , 67 et une portion de la vesicule blastodermique , rest^e en dehors de ces modifications , forme la vesicule ombilicale. Chez lesHer- melles, la vesicule ombilicale manque, Le tube digestif se con- stitue de toutes pieces par I'organisatioB de la portion centrale du vitelius; cette portion centrale represente done le feuillet muqueux du blastoderme des Mammiferes. Chez les Mammife- res, entre les deux feuillets blastodermiques dont nous venons de parler, il s'en developpe un Iroisieme qui devient le point de depart de I'appareil vasculaire; ehez les Hermeiles, on n'aper- coit aucun vesti|;e de ce troisieme feuillet. A sa place, entre les couches sous-cutanees et I'intestin , se montre de trfes bonne heure cette cavite generale du corps sur laquellej'ai tantdefois appele I'attention des naturalistes, et qui, chez presque tuus les Invertebres, est rempliepar un liquidequi joued'unefacon plus ou moins complete le r6le du sang. Enfln, chez les Mammiferes , I'embryon n'occupe dans le priocipe qu'une tres petite 6tendae du blastoderme. Une portion de la vesicule blastodermique et I'enveloppe primitive de Toeuf restent toujours etrangeres k la constitution du nouvel etre, et servent seuleraent d'interme- diaiies entre lui et le monde exterieur. Chez les Hermeiles, I'ceuf entier, y compris la membrane ovulaire, se transforme de toutes pieces en embryon, et, par consequent, on ne trouve ici ni cumulus, ni aire germinative, ni ligne primitive comme chez les Mammiferes. » En se placant a un point de vue plus general , on peut dire que tant que le gerrae reste a I'etat d'ceuf, il y a une ressem- blance extreme dans les phenomenes du developpement chez les Mammiferes et chez les Hermeiles ; mais cette ressemblance cesse ou diminue considerablement presque aussilot que se ma- nifestent les premiers vestiges d'une organisation animale. Sous ce rapport, le developpement des Hermeiles differe de celui des Hirudiuees qui, sous certains rapports, se rapprochent plus lon{jtemps de ce qu'on voit chez les Mammiferes. » Seance de rentree du 4 novembre 1848. Geometrie. — M. Catalan communique les theoremes sui- vants, relatifs a la theorie des surfaces gauches. 1. Touie surface gauche peut eire engendree par I'ar^le d-un' 68 angle diedre droit, donl les faces restent conslammenl nomales a une ccrlaine courbe. 2. Pour obteuir la norraale en un point P de la surface gau- che engendree par I'lirete tl'un angle diedre droit, dent les faces restent norroaies a une courbe dounee, memz par le point P un plan perpendicuiairc a I'arete; construisez les points Q, R oil ce plan perpendicuiairc est rencontre par les axes des cerclcs oscu- lateurs a la courbe donuee, pour les points oil cette courbe est normale aux faces de Tangle diedre ; avec P Q et Q R comme cotes, construisez un rectangle PQ NR : la diagonale de ce rectangle sera la norraale demandee. 3. Lorsqu'vne droiu- etujendre une surface gauche, elle doit se mouvoir de telle sortc que le cosinus de I' angle ,27 de long. La premiere avail huit, la secondecinq millimetres de cote. K Dans Ies Hetres, le clivage est plus grossier que dons Ies Ch6nes ; on observe rarement des alluraeltes ; ce sout des lattes ayant toujours deux ou trois centimetres de large, mnis iiouvent tres longues.C'estsurun grand Hetre ayant 0", 38 dediametrea la base que j'ai observe le plus long clivafje; il commencail au raz du sol et s'elevait a 7"', 50 ; I'arbre elait casse au milieu do cette longueur. Les Hetres sont aussi Ies seuls arbres dont quclques- uns, au nombre de quatre, soicnt restes debout apres avoir et6 clives a partir du sol dans un tiers ou un quart de leur pcriphe- rie, jusqu'a une hauteur de deux a cinq metres. Ces arbres ressemblaient en tout point k des arbres foudroyes. » Le clivage des Peupliers differe notablement de cciin des arbres que nous venonsd'etudier ; au lieu d'etre paralleles, les plans de clivage sont perpendiculaires aux rayons de I'arbre. La plus grande iargeur des laltes est dans le sens des couches de 1 aubier qui sont ecartees Tune de I'autre et disjointes. Quelquefois meme le bois peut etre retire de I'aubier corarae on retire le piston d'un eorj s de pompe. » Dans la vallee de Moulville, aucun arbre resineux (Pins, Si- pins, Melezes) n'etait clive. J'en ai compte une vinj^taine plus ou raoins maltraites, mais aucun n'etait clive, quoiqu'ils fusseht sur le trajet direct de la trombe et entoures d'autres essences dont le tronc ret-semblait a un faisceau de lattes. Or on sait que lesConiferescontiennent peu de seve mais beaucoup de resine, surtout entre I'ecorce et le bois ; la resine etant un corps tres mauvais conducteur de I'electricite, on conceit que le fluide n'ait pas traverse ces arbres. Cetle observation est une preuve nouvelle que le clivage est du a la vaporisation de la seve echauffee par un courant electrique d'une grande energie. » Seance du 23 dccembre ISiS. AcousTiQUE ET OPTTQUE. — M. Fizeau entretient la Sociefe des particularites que presente le son lorsque le corps sonore ou I'observateur sont animes d'un mouvement de translation rapide, Extiait de Clnstitut , \" section 1848. 11 82 et preseote quelques considerations relatives a des pheaomenes corregpondants que doit presenter la lumiero. Si un corps sonore emettant un son continu et toujours iden- tique se meut avee une Vitesse comparalile h celle du son, los ondes sonores ne seront pas symetriqucmcnt disposees aiitour du corps sonore, comme cela a lieu lorsqii'il estau repos^ mais eiles serout plus rapprochees les unes des autres dans la region vers iaquelle aura lieu le mouvement et plus eloignees dans la region opposee ; pour un observateur place en avant ou en ar- riere du corps sonore le son sera done different, plus aigu dans la premiere position, plus grave dans la seconde. Si I'observateur a son tour est suppose en mouvement, le corps sonore restant immobile, le resultat sera semblable ; raais la loi du phenomene est diff^rente. Eu calculant les vitesses qui correspondent aux intervallesde la gamme on trouve les nombres suivants : pour produire une elevation d'un demi-ton, le corps sonore doit avoir une Vitesse par seconde de 21,25, pour un ton majeur 37,8, pour la tierce C8, pour Vocfave 170. Dans le cas du corps sonore immobile et pourobtenir les memcs notes I'observateur doit avoir les vites- ses : 22,6 ; 42,5; 85;.et 340. Les sons erais ou recus dans des directions differentes de celles du mouvement se calculenten projetant la Vitesse sur la nouvelle direction. L'auteur donne la description d'un appareil qu'il a employe et au moyen duquel on pent verifier et demontrer commodement ces curieuses proprietes du son, dans le cas du mouvement du corps soDore. Get appareil est fonde sur le principe des roues dentees de M. Savart, raais la disposition est inverse. Au lieu de dents mobiles reocontrant dans leur mouvement un corps elastique fixe, c'est le corps ^iastique qui est place sur la circon- ference d'une rone et qui rencontre dans son mouvement des dents fixes placees sur la concavite d'un arc exterieur immobile. L'on a ainsi un appareil fixe qui jouit de la propriete d'^mettre des sons differents dans chaque direction particuli^re. Pour une certaine Vitesse de rotation, par exemple, on aura en avant le son foudamental, eu arriere Toctave, et toutes les notes de la gamme dans des directions intermediaires. En appliquant ces considerations a la lumiere on arrive h des 83 consequences curieuses et qui pourraient acquerir de I'irapor- tance si I'experience venail a les conflrmer. Un mouveraent tres rapide et comparable a la Vitesse de la iumiere, attribue au corps luniineux ou a I'observaieur, aura pour effet d'alterer la lon- gueur d'oiidulation de tous les rayons simples qui composent la luraiere recue dans la direclion du mouveraent. Gette longueur sera augmentee ou diminuee suivant le sens du mouveraent. Considere dans le spectre, cet effet se traduira par un deplace- ment clcs raies correspondant au chaugement de la longueur d'ondulalion. En calculant la valeur du deplacemeijt angulaire de la rale D dans le cas ou !e corps lumineux aurait la vitesse de la planete Venus, le spectre etant forme au moyen d'un prisrae de flint de 60», ontrouve 2",65. Pour le cas ou I'observateur seul serait en mouveraent et anirae d'une vitesse egale h celle de la Terre, on trouve 2",25. En supposant que Ton mesure les deviations doubles et que Ton se place successiveraent dans des conditions ou les mouve- ments en question seraient de signe contraire , ces quantites peuvent etre quadruplees, et Ton a 10", 6 et 9" pour les valeurs precedentcs. L'auteur termine en examinant si ces consequences pourront etre souraises a I'observation , et il pense que les difflcult^s ne sont pastelles qu'on nepuisse esperer deles surmonter. Imprimerie de Cosson, rue du Four-Saint-Germain, 47, SOClfiTfi PHILOMATIOUE DE PARIS. ANNIilE 1849. EXTRAIT DE L'lNSTITUT, JOUHNAL IINIVERSEL DBS SCIENCES EI DBS SOCI^T^S SiVANTI8 BR FRANCS ET k t'lfttKANOER, 1" Section. — Sciences nriath^matiques, physiques etnaturelles. Boulevard Poissonniere, 24, a Paris. SOCIETY PHILOMATIQUE DE PARIS. EXTRAITS DES PROGlfes-VERBAUX DCS si:ANGE8 PENDANT l'aNN^E 1849. PARIS , IMPRIMERIE DE COSSON, RUE DU F0UR-SAINT>GERMA1N , 47. 1849. SOCIfiTfi PHILOMATIQUE DE PARIS. SEANCES DE 18^9. ^ Seance du 13 Janvier 1849. Optique. Vision. — LaSocieie recoit unelettredeM. de Hal- dat a propos de la note de MM.Foucault et Regnauld snr quelques phenomhies de la vision an inoijen des deux yeux , lue dans la seance du 16 decembre 1848. Deja, dans le Journal de physique pour 1806, M. deHaldat avait montre que lortsqu'on regardeavec les deux yeux a travers des verres colores les objets prennent une leinte resultant du melange des deux couleurs. Lorsque Tun des verres est rouge, I'autre vert, les objets ne sont point colo- res, le melange des deux couleurs complemeutaires produit du blanc. Dans la seance du 16 decembre , M. Masson a rap- pele a la Societe les importants travaux de M. de Haldat sur cette question. Anatomie'et physiologie. — M. Duvernoy rend compte des demieres recherches qu'il a faites sur les organes g^nito-urinai- res des Reptiles etdes Amphibieset sur leurs produits; recher- ches qui sont comprises dans un appendice qu'il a ajoute a son premier travail sur le meraesujet. Ce premier memoire avait ete communiqu6 a I'Academie des sciences sous le titre de Frag- ments , etc., dansses seances des 30 juillet, 23 septembre et U novembre 1844 , et a la Societe philomatique dans celles des Extrait de L'Inslitut, 1" section 1849. 1 6 3 et 24 novembre de la- merae ann^e. L'appendice dont nous allons donner un extrait, et qui a ete communique a I'Academie des sciences dans sa seance du 5 juin 1848, se compose de trois parties. La premiere partie concerne les pierres vesicales des Cheloniens. M. Duvernoy avait fait connaitre, dans le premier de ses Fracfmenls , I'existence de calculs urinaires trouves par feu Le- sueur dans la vessie de fleux individus d'une espece de Trionix que ce naturalisle a decrite sous le nom de spiniferus. L'ana- lyse deces concretions, faitepar M. Lassaigne,amonlrequ'elles se composaient , pour plus de moitie de leur poids , de phos- phate de ehaux , rapproche de I'etat ueutre; d'une beaucoup moindre partie de carbonate de chaux et de 20 parties pour i'une et de 33 pour Tautre de mati«f^& fHPganiques et d'eau, Les Trionix sout tres carnassieres ; tandis que la Tortue po- lypheme , comme ses congeneres , est herbivore. Un calcul de cette espece recueilli egalement par feu Lesueur, et remis a M. Duvernoy eu 1847, a ete dememe analyse par M. Lassaigne. II a ete trouve compost principaleraeat d'acide urique combine k i'ammoniaque,tt a une petite quantite de chaux. Sur cent parties il y avait : 72,4 d'acide urique. 13,0 d'ammoniaque. 1,0 de chaux. 13,6 de principes urinaires solubles dans I'eau et deselsal- calins. La difference absolue de ces calculs, compar^e au regime carnivore ou herbivore des animaux qui les ont produits, ne peut manquer d'interesser les physiologistes qui s'occupent de chimie organique animale. Ces observations dues essentiellement aux soins que feu Le- sueur a eus de recueillir ces pierres vesicales, viendront s'ajou- ter a toutes ceiles que ce naturaliste z61e a faites dans les cinq parties du monde, durant pres d'un demi-siecle (47 ans) pour avancer la zoologie. Elles augmenteront les vifs regrets qu'ont du eprouver de sa mort (i) les amisde cette science a laquelle il avait consacre toute son existence. (1) M. Lesueur est mort au Havre, sa ville iialale, le 12 d^ccuibre 1846, k I'&ge de 72 ans, au moment oil il veuaii d't^tr^ iiumme directeur du musee de ceu« ville. La seconde partie du memoire de M. Duvernoy se com- pose de Nouvelles observations snr la vitalite , les mouve- ments, la forme et la structure cles spermatozoides dans la fa- mille des Salamandres. Cette partie se rapporte au troisieme Fraqmeni de la publication de 1844, dins leqiiel M. Duvernoy avail traite de VJppareil de la (lenerntion chez les males, phis particuHcremcnt, et chez les jemelles des Salamandres. II avait fait connaltre, dans cette ancienne communication, I'organisation intime des glandes sperinagenes. Elles se compo- sent, en premier lieu, de nombreuses cellules formees par des productions de la lame interne de leur membrane propre, doni I'ensemble a I'air d'une ruche d'Abeilles. Chacune deces cellu- les renferme plusieurs poches ou capsules nutritives, analogues k la poche nutritive des ovules chez les femelles en general ; ou, pour citer un exemple particulier, a la vesicule de Graafi" des Mammiferes. ^ Ces capstdes prbnaires , ainsi designees par M. Duvernoy, en renferment d'autres plus petites, qu'il appelie capsules sc- condaires, et qui sont les poches generatrices des spermatozoides. lis y sont toujours arranges en faisceaux circulaires, compo- ses denombreux spermatozoides, disposes paralielement les uns aux autres et dont toutes les tetes sont rapprochees k I'un des bouts : on dirait voir une botte de fd de fer. Lorsque leur deve- loppement est tres avance, la capsule membraneuse, qui est propre h chaque faisceau de spermatozoides, disparait sans que, pour cela, les faisceaux d'une meme capsule primaire se desa- gregent immediatement. On voit encore ces differents faisceaux d'une meme cellule, bien separds, s'y mouvoir comme autant de roues independamraent les uns des autres. Les g^Andes spermagenes de la plupart des especes de Sala- mandres et de Tritons se divisent plus ou raoins profocd^ment etses^parent plus ou moins completement enun norabre variable de lobes, a I'epoque du rut, II y a meme, ^ cet egard , des diffe- rences d'une glande d'un cote a rautredanslememeindividu. Ces differents lobes, ou les differentes parties d'une meme glande, dans les especes ou elle ne se divise pas, presenteut des cou- leurs tres differentes , qui ont fait meconnaitre leur nature, dans le premier cas. Les uns ont un aspect demi-transparent, lui- 8 saiit, huileux, de couleur jaime ; on n'y trouve pas de spei'ma* tozoides. Les aulres soul ternes, opaques, blanc de lait; ils sont remplis de sperraatozoides developpes, sortis de leiir capsule geucratrice et meme desagregcs. Entre ces deux extremes, il y a plusieuis nuances qui moutrenl des spermatozoides a diffe- rents degres de developpement. Ces divers degres de developpement, dans lesquels le corps du spermatozoide parait le premier avee un rudiment de queue, puis celie-ci, puis le fil qui I'entoure, sont tres remarquables. La grmde proportion de substance huileuse que renferme la partie du lesticule oil le developpement commence, sa diminu- tion a mesure qu'il avance, la source abondanle de cette sub- stance qui existe dans ie corps graisseux annexe a la glaude spermagene comme a la glande ovigene, montrent sou utilite pour le developpement des ovules, comme pour celui des sper- matozoides. C'cst encore une analogic h ciler entre I'un et I'au- tre developpement. Au reste, cette analogic a et4 adoptee, dans ce travail , et pro- fessee par I'auteur dans ses cours et dans d'autres memoires, de- puis piusieurs annees. Dans son article Propacjalion du Dic- tionnaire universel de M. Ch. D'Orbigny, M. Duvernoy dit ex- pressement que les capsules generatrices des spermatozoides sont les ovules du male (l). Cette quantite de substance graisseuse, necessaire pour le d«» veloppemeiit des sperraatozoides , rappelle le r6le que la sub- stance huileuse joue dans le developpement desovipares et pour la germination des plantes. 1! y a sans doute, dans tousces cas, une comb.ustion considerable de carbone , que fournit ce corps gras en abondance , et qui el6ve la temperature des oir de M. Bid- der, que Cft anatomiste a prise en choisissant les Tritons pour sujet de ses observations, comme I'avait fait M. Du- vernoy. Le premier re>ullat de ses rcchcrches a paru en septem- bre 1845, et conseqiicmment prte d'une annee apres les ex- traits du travail de M. Duvernoy, publics dans les comptts rendus des seances de rAcidemiedes sciences, etc. M. Bidder admet, avec raisou, que la pelotte vasculaire, que Ton a cru a tort, jiisqu'a M. Bowmann, composer exclusivemeut le corpuscule de Malpighi, n'est pas libre et flottante dans la (1) Voir I'extrait qui a paru de ce fragment dans I'Institut , tome de 184/i, p. 399 et 400. (2) Voir page 59 des Fragments , la fig. 6 de la pi. i. et les fig. 18, et 19 la pi. II. i-apsule. U la decrit comnnc cnvcloppee par une partie rentrante dccettc capsule. Avant M. Bidder, M. Gerlacli, dans sa coramunication k la Societe philomatique, du 7 juin 1845, avait annouce qu'il avait vu la pelotte vasculaire de la vesicule de Malpighi eu partie re- vetue d'uue couche d'epithelium (l). Cette couche supposait une membrane enveloppant iraraediatcment la pelotte pour )a produire et la renouveller. Le meme M. Gerlaeh, qui a fait entreautres ses observations sur des Grenouilles, legarde la capsule comrae dislini:te du canal uriuaire et faisant un coude avee lui. On vicnl de voir que M.Duvernoy adit que le canal seereteur est comme le pediculQ de cette capsule. M. Duvernoy en appellc a la comparaison dcs dates de ees publications, ainsi qu'au texte de sou memoire ct aux planches qui y sont annexees, pour obtenir la juste part f[u'il a cue d:ins la decouverte de la veritable structure des reins, telle (ju'tile est adoptee en ce moment ; surtout depuis le grand progres que lui a fait faire M. Bowniann des 1842. II a pu etre etonne de voir sa publication passee completement sous silence par M. Ger- laeh (2), par M. Bidder (3), et surtout dans I'historique qu'a publie a Paris M. Mandl (4). En l846,M.Bidderafaitunepublicationsurlememesujet,mais plus 6ten(lueetayant pour titre:!7kcc/(erc/»e5(/'aHrt oint ete conimuniquees h I'Acjdemie. » L'appareil que je mrts sous les yeux de la Societe est destine a reudre la lumiere electriqiic applicable aux deraunslrations et aux recherches d'optique experimentaie. II fournit, avec le coo- cours de la pile, un point briliantd'une lumiere ties intense qui persiste immobile pendant une heureou plus selon la miture du eourant et qui pent a volonte etre deplace dans toute I'etendue d'un decimetre carre. L'usure continuelle et inegale des deux poles de charbon est incessamment reparee par le rapprochement des deux chariots qui les portent. Eu jetaut les yeux surl'nppa- 47 reil on voit que ces (Jeux chariots sent assujelis a se raouvoir avec des vitesses inegalcs ei. (lout le rajiport variable etitre cer- taines limites est determine par la position d'un curseur. Ce rap- prochement simultiine s'opert' par Taelion de deux ressorts qui etabUssent en menoe temps une coutiniiite metalliqiie entre les baguettes de graphite et les extreraiies de I'electromoteur. En marchant i'un vers I'autre ces deux chariots font courir un rouage d'horlogerie dout la derniere roue dfutee a rochet de- termine, en s'arretant au moindre obstacle, la fixite de toutle systeme. Or, au voisinage de cette roue se trouve une detente que I'on pourrait faire marcher a la main pour permeltre , en temps opportun, aux chariots d'avancer; mais cetle fonption a ete departie a uu electro-aimant dispose de la maniere suivante : Plac6 au-dessousdu rouage cet electro-aimant est anime par le courant meme qui excite la lumiereet en consequence reproduit par les changeraents de son magnetisme propre toutes les varia- tions que sublt !e courant par suite des changements qui sur- viennent dans la distance des p6les incandescenls. Un barreau de fer doux place en regard dc cet aimant variable et sollicite a s'en eloigner par un rcssort antagouiste est I'organe oscillant charge de faire mouvoir la detente, d'cnrayer ou de delivrer le rouage, de prevenir ou de permettre le rapprochement des char- bons. » Comme le ressort charge de kilter contre I'aiinantationpeut etre a volonte plus ou moius tendu , on a la double faculte de maintenir avec des courants differents une meme distance inter- polaire ou de faire vaiicr cette distance avec un meme courant. •> II suit de la qu'avec un mod^rateur a lames plongeantes annexe k I'appareil on dispose d'une lumiere plus ou moins vive ou d'un are plus ou moins etcndu. » Quand I'appareil est bien regie, c'est-a-dire quand la ten- sion du ressort a ete mise en equilibre avec rinlensite du courant, quand la course du fer doux porteur de la detente a ete rendue la plus petite possible, le rapprochement spontanedes poles s'opere toutes lesquatrc ou cinq secondes. Pourtant, de petites irregu- larites se font encore parfois remarquer : elles tiennent au defaut d'homogeneite du graphite des cornues k gaz dont on arrae les poles. Des essais heureux tentes en petit mc font esperer qu'on Exlrait de I'Institut , 1" section, 1849. 3 is parviendra a fabriquer ad hoc un charbon pur, conducteur dense, homog^ne et peu combustible. Le charbon de sucre reduit en poudre et calcine de nouveau avec une certaine proportion de Sucre on vase clos, sous une forte pression, me paralt presenter toutes cesquaiites reunies ; en tout cas , il produit une lumi^re plus vive et plus fixe qu'aucun autre. » Aux baguettes de charbon on substitue k volonte des fils de divers metaux, soitdeux fils d'un meme metal, soit deux filsde metaux differents, et quand I'un d'eux est susceptible de fondre on le depose dans un petit creuset de coke agglutiue, alors on laisse pendre au-dessus le pdle oppose qui , se reliant par un fil a I'un des cliariots, se maintient de lui-meme a la distance convenable. Ainsi I'on obtient des arcs de toute nature qui persistent et que i'on projette a I'aide de lentilles sur un ecran pour contempler leur aspect physique ou sur un diaphragrae lineaire pour en faire I'analyse prisraatique. Un commutateur sert d'aiUeurs a inter- vertir le sens du courant afin de mieux reconuaitre la part d'ac- tion que les poles positif et negatif apportent a la production du phenomene. Cette etude, donton ne saurait prevoirle terme, m'a deja fourni des resultats que je puis enoncer. » L'arc du charbon, qui est sans contreditle plus facile a ma- nier, fournil k I'analyse prismatique le plus curieux et le plus eblouissant spectacle. Son spectre est sillonne, comme on salt, dans toute son etendue, dune multitude de raies lumineuses ir- regulierpraent groupees ; mais parrai elles on remarque une li- gne double situee sur la limite du jaune et de I'orange. Cette double raie, rappelant par sa forme et sa situation la raie D du spectre solaire, j'ai voulu rechercher si elle lui correspondait ; a defaut d'instruraents pour mesurer les augles j'ai eu recours a un precede particulier. » J'ai fait toraber sur l'arc lui-meme une image solaire for- mic par une lentille convergente, ce qui m'a permis d'observer il la fois superposes le spectre electrique et le spectre solaire; je me suis assure de la sorte que la double ligne brillante de l'arc coincide exactement avec la double ligne noire de la Itt- miere solaire. » Ce procede d'invesiigation m'a fourni raatiere a quelques ob- servations inattendues. II m'a d'abord prouve I'extreme transpa- 19 reuce de Tare qui ne portea la lumiere solaire qu'une ombrelegere; il ra'a montre que cet arc, place sur le trajet d'un faisceau de lu- miere solaire,absorbe lesrayonsD,ensorteq«eladite raieDdela lumieresolaire se renforce considerablement quand les deux spec- tres sont exactement superposes. Quand,au ccntraire, lis debor- dentl'unsur {'autre, la raieD apparait plus noire qu'a I'ordinaire dans la lumiere solaire el se detache en clair dans le spectre elec- trique, ce qui fait qu'on juge facilement de leur parfaite coioci- dence. Ainsi Tare nous offre un milieu qui emet pour son pro- pre compte les rayons D, et qui, en meme temps, les absorbs lorsque ces rayons viennent d'ailleurs. » Pour faire I'experience d'une maniere plus decisive encore, j'ai projetesur Tare I'image reflechie d'une des pointes incandes- centesde charbon qui, comme tous les corps solides en ignition, ne donne pas de raie, et dans ces circonstances la raie D m'est apparue comme dans la lumiere solaire. » Passant alors a I'examen des arcs fournis par d'autres ma- tieres, j'ai presque constamment trouve la raie D positive et h sa place, et j'ai constate qu'elle coincide exactement aussi avec la raiebrillantede la flamme de la bougie. » Quand on emploie comme poles des metaux qui ne font ap- paraitre que faib!rment cette raie D, comme le fer et le cuivre, on peut toujours la faire revivre avec une intensite extraordi- naire en les toucliant avec la potasse, la soude ou I'un des sels formes de chaux ou de I'une de ces bases. » Avant de rien conclure de la presence presque constante de la ra'ie D, il faudra sans doute s'assurer si son apparition ne d6- cele pas une meme matiere qui serait melee h tous nos condue- teurs. Neanraoins, ce phenomene nous serable des aujourd'hui une invitation pressante a I'etude des spectres des etoiles, car, si par bonbeur ou y retrouvait cette meme raie, I'astronomie stel- laire en tirerait certainement parti. » J'ai tente aussi de faire concourir ces differents arcs, comme celui du charbon avec la lumiere solaire, et dans ces circonstan- ces j'ai encore ete frappe par I'apparition de pbenomenes im- prevus. Pendant la coincidence de ces differents spectres, j'ai vu les raies electriques se detacher sur le fond relativement uniforme du spectre soiaire, de sorte qu'on pouvait constater 20 que, malgr^ rapparence de leur disposition foi-tuitc, ollespos- sedent toutcs la nuance que leurassigne leur refrangibilite;cette appreciation se fait dune maniere sure car ie terme de compa- raisou u'est pas loin. » Mais ce qui frappe surtout dans cette experience, c'est que parmi ces raies eieclriques ii en est qui possedent une intensite absolue enormement superieure a celle du rayon solaire cor- respondant. Dans I'arc de I'argent notaniment, on trouve une raie verte pour ainsi dire ingrossissable par les prismes et d'un eclat eblouissanl C'est une veritable source de luraiere simple, et comme celte raie est isolee, comme Tare d'argent est trans- parent, tranquiiie et durable, rien n'empechera de rendre cette source de lumiere verte aussi intense qu'on voudra et de I'utili- ser pour la demonstration de phenomenes que la theoric seule indiquaitjusqu'a present. La photographic nous servira a mesu- rer I'intensite extreme de ce beau rnyou dont on pourra con- stater aussi, sans aucun doute, Taction calorifique. » D'autres rayons ires intenses vout encore se localiser dans les diff^rentes parties de ces spectres et meme aux extreraitds, et il a de grandes chances pour y decouvrir des raies isolees dont les rayons correspondants ne peuvent etre apercus dans la lu- miere solaire. >' Tons ces faits, je Ie reconnais moi-meine en les enoucant, ont besoin d'etre soumis a une etude approfondie ; mais, dans les circonstances facheuses oil je me trouve, ayant ete devance en Angleterre par la publication d'un appareil analogue an mien, j'ai voulu, par tons les moyens qui sont en mon pouvoir, montrer que depuis lougtemps j'avais entre les mains un germe qui peut devenir fecond et qui, s'il doit porter fruit sur Ie terrain de I'in- dustrie, aura du moins offert ses priraeurs a la science. » Seance du 27 Janvier 1849. Mathematiques. — M. Serret fait les communications sui- vantes : 1" Sur I'lntegration de Inequation dx'^-\-dii^-{-dz'^^z'.!s'^. — M. Serret cherche a exprimer sous forme flnie et sans aucun signe d'integration les valeurs de x, y, z et s considerees comme fonctions d'une meme variable independante 9. La methode qu'il a suivie s'applique aussi a I'equation plus generale 21 r/,i"-f-'/.'/"4- -|-f/s"r=:l-. M. de Quatrefages a appris que deja M. Carbonel elait en instance aupres du ministere de la marine pour qu"oo lui faci- litat les moyens d'experimenter un procede qu'il ateuu secret pour la propagation artiflcielle des Huitres. M. Blanchard annonce que ses propres observations confir- ment celles de M. de Quatrefages sur la separation dessex.es chez ies Huitres. Pendant ses recherches sur le systeme nerveux des Mollusques, il a eu I'occasion d'examiner un grand nombre de ces aiiimaux a I'epoque du frai ettoujours il a trouve losoeufset les spermatozoides isoles sur des individus differents. Seance du 3 mars 1849. ZooLOGiE. — M. E. Desmarest lit une note sur la disposition auorm^le des organes genitaux , observee dans une Ecrevisse [ Astacus fluvtalilis y Linne). — II est generalement admis que, dans les Decapodes maeroures, il existe des ouvertures rondcs et bieaapparentes, situeej isur larticle basilaire des troi- 25 Sieme et cinquieme paii'es do, pattes , et tous les carcinologistes recoiinaissent : I'que chez les nobles cette ouverture estplacee h la cinquieme pairede pattes, taiidis que 2°, chezles femelies,elle se tron\e constamment a la tioisieme paire. M. E. Desmarest a pu remarquer, dans une Ecrevisse femeile, qu'independamment des caracteres sexuels ordinaires 11 y a les naemes caracteres repetes sur I'article basiiaire de la quatrienoe paire de pattes : de sorte que , dans cet animal , quatre ouvertures ovigeres sont bien distinctes. Apres avoir donne la description des organes in- ternes de la generation dans I'Eerevisse a I'etat normal , I'auteur dit que dans son Astacus fluviaiUis teratologique les ovaires presentent a peu pres la disposition ordinaire , mais qu'il ne pou- vait plus en etre de meme des oviductes : ces tubes, au lieu d'etre doubles, un de chaque cote, sont au norabre de quatre ; c'est ainsi qu'a droite et a gauche I'un a une ouverture cl la base de la troisieme paire de pattes , et I'autre a celle de la qua- trieme , et que de la tous deux se dirigent anterieurement pour vcnir former un trone commun qui se reunit aux ovaires dans I'endroit ou , normaleraent, s'ouvre j'oviducte. De ce qui pre- cede, etde I'etude dedeux faits semblables observes par M. Em- manuel Rousseau, M. E. Desmarest conclut que Ton ne peut plus donner comme caractere constant, chez les femelles de De- capodesmacroures, la disposition vulvairedeleur troisieme paire de pattes, puisqu'il est maintenant prouve que cet orifice n'est pas toujours place uniquementa cet endroit et qu'il peut se trou- ver en meme temps a une autre paire depieds. Physique. Inlensite du son dans rair rarefip. — M. Cli. Martins communique la note suivaute sur I'inteosite duson dans I'air rarefie des hautes raontagnes. Dans la nature et en dehors des conditions artiflclelies du laboratoire, les experiences de physique les plus simples, les plus eoncluantes, en apparence, se compiiquent d'elements nou- veanx et de difficultes imprevues qui changent ou modiflent les consequences qu'on peut en deduire. Les essais suivants sent une preuve frappante a I'appui de cette verite , et j'ose exprimer I'espoir qu'elles appeileront I 'attention des physiciens sur plu- sieurs causes encore inconnues qui font varier I'intensite du son en plein air. Extrait de I'Jnstitut , 1" sectioD, 1849. ^ 26 » Ddja, en 1706, Hauksbee (l) demontra par des experiences faites en plein champ que le son d'une cloche placee dans un recipient devient d'autant plus fort que Ton rend I'air plus dense, et s'affaiblit^ mesurequ'on le rarefie. Neanraoins jusqu'ici au- cune experience rigoureuse n'a ete tentee pour eslimer cet af- faiblissement , qui complique deja les premieres experiences faites sur la vitesse du son. Ainsi , lorsque Lacaille , Ma- raldi , et Cassini de Thury essayereut de mesurer la vitesse du son , ce dernier, place a ia station de Damtnartin , enteiidittres bien pendant plusieur^ jours une piece de huit placee a Mont- martre, a la distance de 31 337'n(2), A Cayenne, le bruit d'une piece dedouze, placee a 39 430™ de distance, arrivaitaux oreiiles de La Gondamiue (8). Au contraire, au-dessus du plateau de Quito, entre les stations de Gouapouli et de Pamba-Marca, si- tuees, Tune a 41l0ra , I'autrea soogm au-de^sus de la raer (4), Godin et don Geoige Juan , collaborateurs de La Condainine , n'entendirenl pas uue piece de neuf eloignec de 37 031"" (5). L'experience fut repetee ur le plateau de Quito, a 2900" d'al- titude; le meme canon , place a la distance de 20 540™ , s'en- tendait,raais le bruit etait ires faible(6). Ainsi, en resume^ sur le plateau de Quito, I'explosion d'une piece de neuf paraissaitraoins forte a la distance de 20 500"" que celle d'une piece de huit doignde de 31 300" aux environs de Paris. » L'intensitedu son depend de la densite au lieu de I'ebran- lement priinillf , et uullement de celle des couches traversees par lui , ni d( celles de I'air qui eavironne I'auditeur (7). Ceci pose , les essais suivauts deraontrent aussi I'affaibiisseraent du bruit dans un air rarefie. Lorsque nous fimes , M. Bravais et moi (8) uos experiences sur la vitesse du son ascendant et des- cendant entre Brlenzet lesomraetdu Faulhorn , nous employa- mes deux mortiers de foute exactement pareils. Dans les pre- (1) Philosophical Transactions , t. xxiv, p. 1902. (2) Mimoircs (le CAcademie des scieiues, andie 1788, p. 128. (3) Relation abreg6e d'un Yoyage fait dans I'inturieur de rAmerique (Memoives de V Academic des sciCHces, anneel745, p. 488.) (4) De la figure dc la terre , par Bouguer, p. 124. (5) Journal du voyage fait par ordre du roi ^ I'Equaleur, t, i, p. 36. (6) Ibid. , t 1, p. 98. (7) Poisson , Traite de liidcainque, t ii, p. 706. (8) Annalts dc ihimie ct de physique, 5« s6rie, U xiii, p. 1. — 1845. 27 mieres experiences nous leur donaames la meme charge ; mais le son engeniire dans I'air a 2682™ d'aititude etait beaiicoup plus faible que celui qui se produisait a 2117™ audessous. Pour egaliser les deux sons, il fallut charger le mortier in- ferieur avee 75 grammes de poudre, et le superieur avec 90 grammes. » Les ascensions sur les ciraes des hautes montagnes cod- tiennent quelques observations sur raffaiblissement du son , mais souventelles sont contradietoires entre elles. Au soiuniet du Mont-Blanc,^ 48l0™audessus de lamer, lessons, dit de Saussure, etaient remarquablement faibles : un coup de pistolet ne fit pas plus de bruit qu'un petit petard de la Chiae n'en fait clans une chambre (l). M. AuMjo etant sur le meme sommet coupa la ficelle qui retenait le bouchon d'unebouteillede Cham- pagne ; le bouchon fut projete au loin , mais le bruit fut a peine sensible ; il ajoute que le son des voix lui parut affaibli (2). M. Fellowes , qui fit I'ascension du Mont- Blanc dans la meme annee, va encore plus loin : il pretend qu'ayant vouiu faire chanter le raiiz-des-vaches aux guides qui raccompagnaient , ceux-ci ne purent jamais y parvenir, faute de s'.i'ntendre reci- proquement (3). Cette assertion est evidemmeot exageree. Pla- ces au sommet du Mont-Blanc , nous entendimes tres distincte- ment , MM. Biavais, Lepileur et moi , les guides qui parlaient ensemble pres du rocher de la Tourette, distant de 400"' environ de la cime, et reciproquement nos guides entendaient notre voix lorsque nous conversions ensemble. A quinze ou vingt pas , M. Lepileur remarquait le bruit que je faisais en frappaiit avec un crayon de bois sur le curseur metal lique de mon baro- metre (4). » Pour parvenir h. un resultat positif, je cherchai le moyen d'obtenir UQ son soutenu, d'une intensite constante et qu'on pourrait produire a volonte. Un diapason monte sur une boite ereuse de sapin bien sec , en i'orme de parallelipipede, longue (1) Voyages dans les Alpes, § 2020. (2) Narrative of an ascent to the summit of the Mont-Blane, on the 8 and 9 august 1827. (3) Pievue medicate , 1842, t iv, p, 343. W Lepileur, Memoire sur les ph^nomJ'nes pliysiologiques qu'on observe en s'devautsurlesliautesniontagues, (FxevwrneUicaie, iSli5,). ^8 de O^jSOS, large de 0™,065, lemplissait le but que je me proposals. La boltp etait fermee d'un cote et ouverte de I'autre ; le diapason sonnait ['ut^, qui equivaut a 51 2 vibrations par se- conde. A I'etatde repos^ I'ecartemont des branches du diapason etait de 5ra™,6, et de 8'""» lorsqu'eljes etaient eloignees I'une de I'autre par le cylindrede bois destine a ies mettreen mouvement. Un son ayant toujours la nieme inteusite dans un air d'egale den- site , il est evident que la distance variable a iaquelle 11 cessait d'etre perceptible dans des milieux de densite diflerente nous donnera la mesure des variations de son inteusite. » L'agitalion de i'air complique ces experiences. Son influence a ete successivement etudiee par M. di^ Haldat (1), a Nancy, et M. de la Roche (2), a Paris, lis troiivercht que la liniite d'audi- tion se deplace pour i'auditeur place dans la direction suivaut Iaquelle souffle le vent. Mais tous deux sontd'accord pouraflir- mer que, par un tenops calme, le son s'entend a la plus graude distance possible ; le bruit du vent empfichant d'entendre un sou, de quelque part qu'il vienne. Nos experiences ayant tou- jours ete faites par un temps calrae, ou une legere brise inter- mitiente qui nous permeltait dechoisir Ies intervalles de repos, nous ne niius occuperons point de cetle, complication. Nous avions d'ailleurs deux diapasons que nous laisions sonner alter- uativement. Si done le vent avait favorise I'audition pour I'ua de nous , il I'eut empechee pour I'autre ; or jamais nous n'avons note cette circonstance; a la distance-liraite le son n'etait plus percu paries deuxauditeurs a la fois. « Notre premier essai eut lieu le 22 juin 1844, entre l^ et 21i de I'apres-midi , sur un plateau desert en face du village de Saint-Cberon (Seine-et-Oise). Nous nous eloiguames successive- ment I'un de I'autre, M. Lepileur et moi , a la distance de 254". A cette distance je n'entendis plus le diapason de M. Lepileur, et, sur six experiences, il entendit une seuie fois le mien. Le temps 6tait calme, le ciel couvert, le vent tres faible du Sud, c'»st-a-dire presque perpendicuiaire a la ligne qui joignait Ies observateurs ; le silence etait imparfait et trouble j.ar des cris d'oiseaux et des bourdonneraents d'instctesj la temperature de (1) Journal de physique , t. lxxix, p. 285 — 1814. (2) 4.nnaks de^chimie et de phijsique, t, i, p. 176— 181G. 29 I'air eiait 24", le barometre inarquait 744'""%3. -— La merae experience fut repetee a onze heuieR du soir dans le meme lieu, mais ce ne fut qu'a la distance de 37 9"! que ie son du diapason cessa d'etre percu par ciiacun de nous. Celte difference de 125 metres sur la distance a laquelle le son cessait d'etre perceptible de jour et de nuit est d'accord avec les consequences que Za- notti (l) deduit des recherchesde Hauksbee; elleconfirme aussi les resultats obtenus pendant la nuit par de La Roche aux envi- rons de Paris et les observations de M. de Humboldt tur les bordsde I'Orenoque (2),dont les cataractes s'entendaient beau- coup naieux la nuit que ie jour quoique le bourdonnement des- inseetes et les cris des animaux sauvages fussent plus grands. Nous fumes egalement surpris, M. Lepileur et moi , de ne pas trouver la nuit un silence beaucoup plus complet que dans le milieu de la journee. Le bruissement des insectes, la chute de pptitps br;inehes d'arbre, I'aboiement de chiensdaus le lointfiin^ tniublaient notre experience autant que pendant le jour, et cependaut le son du diapason s'enlendait a une distance plus grande de 125 metres qu'a midi. L'air etait calme, lecielcou- \ert, le baromelre a 744"°', 7, le thermometre a 17*,0. — La troisieme experience fut faite par M. Bravais et moi, ie l" octo- bre 1844,entre l llietmidi, sur I'arete oocidentaie du Faulhorn, en Suisse, a une hauteur moyenne de 2620'" au-dessus de la mer. Le ciel etait serein, l'air a 7%2 , la tension de ia vapeur d'eau 5""", 62 ; une faible brisesoufflait de I'O.-S.-O. , c'est-a-dire dans la direction des deux observateurs; le barometre se tcnaif, a 558°"", 5. i/iutervalleauquel le diapason n'etait plus eutendu avait 650"' de longueur. En se rapprot-hant de 15"' on entendait de nouveau le diapason. Le silence etait complet. — Nous ffmes la quatri^ine experience, M. Bravais et moi, au grand piatoau du Mont-Blanc, grand cirque de neige ouvert du c6le du Nord, situe a 900"' au-dessous du sommet et^ 3910" au-dessus de la mer, Ie 31 aoul dans I'apres-midi. Le citi etait serein, l'air parfaiteraent calme, le barometre a 477°'"', 88, l'air a — 3", 5, ia tension de la vapeur d'eau a 0""",06. Nous trouvauies la limite d'audition a 337"" de distance. (1) Comvieniarii bononiemes, t. I, p. 179. — 1748. (2) TabUuudeU nature, t. I, p. 24a.— T. II, p, 706. 30 » Pour comparer entre eux les differents intervalles d'audition obtenus dans la plaiiie et sur les iiiontagnes, j'ai reduit ces in- tervallis a ce qu'ils eussent ele dans un air ci zero et sous la prc'ssion barometrique de 760""". En d'autres termes, j'ai deduit d'experienees faites a des temperatures et sous des pres- sions differentes la limite d'audition qu'on aurait eu daus un air h zero sous 760 millimetres de pression , air dont je designe la densite par 1. ■ Dans sa Mecanique Poisson pose en principe, et tons les physiciens sont d'accord pour admettre: 1° Que I'intensite du son est proportionnelle a la densite du milieu dans lequel il-se produit ; 2° qu'a une grande distance du centre de I'ebranlement cette intensite decroitra en raison inverse du carre de cette distance. Si done on appelle r la limite d'audition dans I'airde densite d telle qu'elle a ete observee, R la limite telle qu'elle eut ete dans I'air de densite l (air k zero et a 760""" de pression), i I'intensite d'ebranlement du tympan correspondant a la limite d'audition dans I'air de densite 1 ; x I'intensite d'ebranlement du tympan dans I'air de densite d (air de la station) a la distance R, on aura, en vertu de la premiere loi, en comparant les intensites a la distance R , i : X : : I : d et en vertu de la seconde i : a; : : R2 : r^ ; d'ou R=-7T ]/d. Pourcalculer ladistance-liraite d'audition dans I'air de densite 1, on a done divis6 la distance observee par la racine carree de la densite de I'air dans lequel I'experience a eu lieu. On obtient la densite d par la forraule suivante, dans laquelle H represente la hauteur du baroraelre et t la temperature de I'air en degres centigrades : H d i6o( 14-- — I \ ' 8000/ Toutes les distances limites d'audition reduites a ce qu'ellesse- raient dans I'air k la densite 1 donnent lieu au tableau suivant : 31 T3 • 2 & S o eo i o O (M •vH CO 't/1 V 1 o> o» l> o a t4 oo o o Q is a o a O O (M M ^ o CO H a o ca eo t^ in a* ' " a -=r-a- lo i> r> in 00 oo <3 a 5 S .S ""fig « -=t ■=r 00 -a ^ 2 • • c >-i o -3 OO «-» O C3 «H CO ^ c _2 ^ w ta ■?< i2 Ml ■a Cm '3i (3 a *ra g •~* "a (5 a; CO .a o ^ tft s^ =3 3 a> cu s a Q QJ CO •a 1 _C3 s Oi 19 ■» a 00 •=> o CO CS JO M CO o u o. k4 a o S o «3 a b U 32 » Ces experiences ne sont pas en contradiction avec les obser- vations faites par d'autres voyageurs sur Taffaiblissement du son a de grandes hauteurs. Ces voyageurs s'etaient eleves rapi- dement deja plaine sur la montagnc , iturs organes, eten par- ticulier celui de I'ouie, n'avaicnt point eu le temps de se mettre en equilibre avec le milieu ambiant, Nous avons fait, au con- traire, nos experiences apres pi usieuis jours de station au Faul- horn etsur le grand plateau, par consequent nos organes etaient pour ainsi dire habitues a ce milieu. C'est ainsi que les habitants de La Paz et de Quito,en Amerique, ne soulfrent point des effets de la rarefaction de i'air quaiqu'ils vivent a unetres grande ele- vation au-dessus du niveau de la mer. .? » Si Ton discute ces observations on reconnaft qu'il y a dans les bautes montagnes des causesqui favorisent I'audition d'un son. Elles corapensent et au dela la rarefaction de I'air. Nous voyons en effet que nous avons toujours entendu leson a une distance plus grande, meme lorsque la densile n'etait plus, comrae sur le Faulhorn, que les 0,72 de celle de I'air au bord de la mer, ou meme les 0,64 comme au grand plateau du Mont-RIanc. » Parmi ces causes, Je range en premiere ligne le silence. Le sommetdu Faulhorn est a QOOfnau-dessusdela limitedesarbres et des chalets les plus eleves. Le fremissementdes branches agi- tees par le vent, le chant des oiseaux, le bruissement des insec- tes, le murmure des ruisseaux et des cascades ne parviennent pas jusqu'a la cime. De la un repos qui n'est trouble que par le bruit du ventet les eclats du tonnerre. Aussi tous les voyageurs sont-ils frappes du silence qui regne a ces hauteurs, surlout pendant la imit. Ce silence estencorepius profond, par un temps calme, sur le grand plateau du Mont-Blanc. Au Faulhorn on entend I'herbe fremir sous I'haleinedu moindre souffle du vent, quelques oiseaux s'approchcnt du sommet ; au fort de I'ete les vaches et les chevres s'aventurent jusqu'a ces hauteurs. Rien de serablable sur le grand plateau du Mont-Blanc, plaine de neige entouree par un cirque de rochers, et elevee de 39 10" au-dessus de la mer et de 1850"' au-dessus des plus hautes forets. Aussi le silence de mort qui regne par un temps calme sur ces champs de neige est-il une des impressions les plus solennelles que j'aie eprouv^. II est tel que les sons s'entendent a une grande dis- 33 taJQce quoique leur intensite soit beaucoup raoindre qu'au bord de lamer. La chute des avalanches, si communes dausces hautes regions, est toujours accompagiiee d'uu bruit, mais il n'est pas en rapport avec les masses de neige et de glace qui se precipi- tant du haut des rochers voisins. Toutefois on I'entend toujours parce que le moindre son est percu par I'or ille. De meme, au sommet du Faulhorn, on entend les avalanches qui tombentdes flancs du Wctterhorn. La distance horizontaie des deux som- mets est de 9700"", et le son se meut dans une couche d'air com- prise entre 2600"' et 2700*. Au grand plateau, M. Bravais a aussi remarque un echo multiple qui repetail piusieurs fois la voix humaiue, et ne s'eteignait qu'apres une duree de sept se- condes. — Dans la nuit du 7 au 8 aout, nous essuydmes au meme endroit un oragc qui faillit emporter notre tente. Nous fumes frappes du pen de bruit que fais;iient les coups de foudre quoique I'intervalle fort court qui s'^coulait entre I'eclair et le tonnerre nous prouvat que la foudre n'eclatait pas h plus de 1000 metres de nous. Est-ce un effet de la rarefaction de I'air, ou faut-il chercher ailleurs les causes de cette siugularite? — La meme nuit nous repetaraes robservatiou que nous avions dej^ faite aux rochers des Grands-MuletSjd 860"^ au-dessous du grand plateau, dans la nuit du 28 au 29 juillet, et au grand plateau meme dans celle du 29 au 30. Dans ces deux nults nous avions ete assaillis par un fort coup de vent du S. 0. Comme de Saus- sure au col du Geant (3430"") , nous fumes frappes du bruit ter- rible des raffales et des intervalles de calme plat qui les sepa- rent. Ces coups de vent succedant k des moments de protond silence produisent un effet de contraste acoustique, et de Saus- sure n'exagf^re pas quand il compare le bruit de la raffalc a celui d'une decharge d'artillerie (l). » Je n'entrerai pas dans I'examen des autres causes qui, dans les montagnes, peuvent favoriser I'audition du sou a de grandes distances. Beaucoup d'entre elles doivent tenir k des circonstaa- ces locales , tel les que la configuration et la nature dusol, r^tat bygrometrique de Pair, I'absence ou la presence des courants aeriens. Mais toutes ces causes, dont I'influenee n'a jamais ete etudiee, me paraisseut secondaires aupres de celle (1) Voyages dans les Alpes, $$ 2031 et 2073. Extiait de I'Inslitut, i" suction, 1849. 5 34 que j'ai signal^e, et qui rend compte du peu d'influence de la densite de i'air sur la distaDce a laquelle un son est percu dans ces hautes regions. ■ ; Seance du iO mars 1849. AcousTiQUE. — M. de Tessan communique la note suivaute : « Dans la derni^re seance , h I'occasion de la communication de M. Martins , il a ete question de I'influence que I'etat physio- logique de I'oreilie pent apporter dans la perception du son ; je demande a la Societe la permission de lui communiquei* a ce sujetun fait qui m'est personnel et qui pr^sente quelque interet au point de vue de la theorie de I'audition. "Vers la fin de I'annee 1840, etdansle courantde 184),il est survenu dans mon oreille droite un changement tout interieur, sans rien d'apparent a I'exterieur, qui a donn6 lieu a quelques ph6nomenes d'audition assez curieux. Ainsi , a certains mo- ments, tons lessons avaient, dans cette oreille, un retentisse- ment extraordinaire , comme si j'eusse ^te place dans une en- ceinte a parois tres sonores, dans un tambour ; le retentissement d'une syllabe, d'une note, durait encore quand la syllabe, la note suivante etait deja percue, et cette superposition, cet empie. tement des sons les uns sur les autres, tous tres retentissants , rendait I'audition difficile (l). Cette oreille pechait evidemment alors par exces de sensibilite. Un peu plus tard, il n'y eut plus qu'une seule note quijouit ainsi de la propriete de produiredu retentissement dans cette oreille; de telle maniere que, lors- qu'en sifflant un air je venais a produire celte note, roreilleen 6tait tellement pleine qu'il semblait que cette notepartaita la fois de tous les points de la parol de ma clianibre. En meme temps que cette note prenait ainsi un retentissement extraor- dinaire, I'air percu par I'oreilie troublee etait evidemment faux relativement a I'air percu par I'oreilie saine. Je percevais ainsi pour le meme chant deux airs, differents en realite, quoique 6gaux dans le rythme. Phenoniene assez difficile a expliquer. (1) J'entendais sonner toutcs les pendules de la maison, et j'en entendais si bien loutes les sonnettes qu'il me semblait toujours que c'^lait cliez moi qu'on avail sonn6. Je me suis d6rang6 cent foi» inulilemenl poui- aller ouvrir ma porte par suile de celte eneur. T. 35 Plus tard j'ai cesse de percevoir avec cette oreille toute espece de son musical. Ainsi quand ma pendule battait les heures je n'enteudais pas du tout le son produit par le timbre sous le coup du marteau. Je percevais seulement a chaque coup un bruit sec et faible, comme si le marteau eut frappe sur un corps mat et non sonoie. Je percevais le bruit du coup de marteau et nulle:Tient le son musical que rendait le timbre. A ce meme mo- ment, je percevais le tic-tac de ma montre h la distance de plus de six metres, etje I'eiiteudais battre toute lajournee dans raon gousset ; tandis que je n'enteudais pas du tout, meme au contact, le tic-tac de ma pendule qui est cependant plus fort, mais qui est grave et jiccompagne de rt sounance a cause du globe en verre qui ia recouvre. Plus tard, je n'ai plus entendu le tic-tac de ma montre qu'en la mettant tout pre? de I'Dreille a deux decimetres au plus de distance. Etc'est \h, aujourdhui, I'etat habituel de cette oreille ; mnis en revanche je percois un peu le son que rend le timbre de ma pendule sous lecoup de marteau, sans entendre le bruit sec du coup lui-raeme. Je percois le son du timbre comme s'il me parveiiait a travers un coussin ou un rpatelas. J'entends aussi un peude cette oreille les personnes qui me par- leni avec une voix claire et per^ante ; mais pas du tout jes per- sonnes dont la voix est grave et oaverneuse. Pour celles-ci je suis oblige de me retourner pour leur presenter I'oreille gauche. L'oreille troublee peche evidemraent aujourd'hui par defaut de sensibilite apres avoir d'abord peche p:ir exces. — Pendant que ces changements s'operaientdans cette oreille, elle a ete , ainsi que I'autre , le siege de quelques bourdonnements, sensibles surtout la nuit, quand j'etais couche. » MM. les docteurs Deleau et Bonnefond out successivement echoues dans leurs tentatives pour reraedier a cette alteration de Touie ; ils n'ont meme pas pu decouvrir le siege reel du mal ; car la trompe d'Euslache et le timpan ont ete trouves en bon etat. — Tons ces phenomenes dependraient-ils d'uue compression plus ou moins grande du nerf acoustique qui eu ferait varier la sensibilite ? Ce qui pourrait porter a le croire : c'esl que je de- viens plus sourd quand ranimation ou I'emotion me font porter le sang a la tete. > 36 Siance duM mars 1849. Prvsiqui'. — M. Jamin commuuique a la Socieie le rosultnt de reciK-rcli< s qu'il a cntipprisessurla polarisation du quariz. On saitqne M. Aiiy, pour (xpliquer les piienomeni-s pre- sentes par le quartz dans des directions obliques a I'axe, a sup- pose que le raynn polarise incident se decomposalt en deux J'aisceaux elliptiquenient polarises de rotation inverse et mar- chant dans le crystal avec des vitesses differentes ; les elli[)ses d'osciliation de ces rayons devieunent des cercles dans Ic cas par- ticulier oil le cristal est traverse dans le sens de son axe , et des lignes droiles si la lumiere le traverse perpendiculairement. Au moyen de ct'l-.^ iiypotliese generale, etsans rien statuer ni sur la difference de vitesse , ni sur le rapport des axes des ellipses deces deux rayons, M. Airy a explique generalement lesappa- rences presentees par le quartz soumis a la lumiere polarisce, dans on grand nombre de cireonstanees; mais pour pouvoir soumeltre ces plienomenes au calcul, il etait necessairede deter- miner, par des txperiences positives : \° Les vitesses inegales des rayons dans le cristal. 2» Le rapport des axes des ellipses d'osciliation sous des in- cliDaisons determinees ; c'est le but que s'est propose M. Jamin. II polarise a cet effet la lumiere incidente dans le plan de la section principale du cristal ; le rayon emergent sc trouve ge- neralement t'orme par deux composantes : I'une dirigee dans la section principale, I'autrc dans la section perpendiculaire; il mesure le rapport des amplitudes et la difference des phases de ces composantes, et il en deduit par des formules simples les deux qnautiles qu'il fallait determiner. Le rapport des axes des ellipses oscillatoires dimiuue comme on devait s'y attendre de 1 a 0° quand I'incidence du rayon , comptee h partir de I'axe du cristal, aiigmente, la derniere li- mite est ires rapidement atteinte. Voici quelques-uns des nom- bres trouves : Incidtnces 2°; 5n7' ; QHS'; 15''28'! 19o42' ; 24'>30'. Rapport des axes 0,939; 0,641; 0,309; 0,125; 0,087; 0,052. Quant h la difference de marche de ces deux rayons ellipti- ques, elle est proportionnelle i I'epaisseur de la lame de quartz traversee; elle est representee par la loi d'Huyghens, quand le 37 rayon incident s'ecarte de I'axe d'un angle egal ou snperieur h 30", mais elle suit une marche dilferente entre les incidences etsoo. Les resultats suivants expriment, en fonclion de la longueur d'ondulation, la difference de marche des deux rayons ellipti- ques dans une laraede quartz perpendiculaire a I'axe de I mil- limetre d'incidence : Incidences 0° ; S'SS' ; 11°8'; ;,15°33'; iO'^T; SS"!?'; SO-Se'; 35-3'. Differ, dela marche 0,120; 0,135; 0,273; 0,^90 ; 0,819 ; 1,231 ; 1,77A; 2,287. II serait important de lier par une loi tlieorique ccs resultats de I'experienee ; M. Jamin espere que M. Cauchy voudra bien soumettrece problemeau calcul, et faire connaitre les veritables lois de ces pheuomeues compliques. Cristallographik. — M. Bravais expose les resultats qu'il a obtenus en appliquant la theorie des assemblages ( voyez seance du 2 decembre 1848) a la cristallographie. M. Bravais fait voir d'abord comment on est conduit a con- sidererun corps liomogene corame etant une agregation de mo- lecules de meme composition cbimique , offrant une iiieme dis- position geometrique de leurs atornes conslituants : dans I'acte de la cristallisation , les centres de graviie des molecules se dis- posent en files recti I ijjnes ci espacemcnts cgaux. Les aretes d'un cristal sont des rangees rectilignes de sem- blables centres ; les frwes d'un cristal sont des series planes de telles rangees disposees parallelement entre elles^ ce sont des plans reliculaires de I'assemblage cristalliii. L'existence d'axes de symetrie porte a diviser ces assemblages cristallins en sept syslemes , selon le nombre total des axes (seance du 2 decembre 1848), qui ne peut etre que I'un des sept nombres suivants : 13, 7, 5, 4, 3, 1 ou 0. Deux assemblages appartenant au meme systerae cristallin peuvent, dependre de tijfes ou modes distincts ; et c^ia aura lieu lorsqu'en faisant varier d'une maniere continue les espacements moleeulaires de I'un des assemblages , sans qu'il perde un seul instant ses axes de symetrie , on ne peut maljjre cela le rendre superposable que partiellement avec le deuxierae assemblage. Le premier systenae cristallin , deslgne sous le nom de sys- 38 teme terquaternaire, ou sous celui de quMterlernaire, a cause de ses 3 axes quaternaires et de ses 4 axes ternaires , offre Irois types distincts : le premier est le cube portant une molecule a chaque sommet ; le second est le cube portnnl , en outre , des molecules au centre de cbacune de ses six faces , cube que Ton pent designer sous le nom de cube a faces cenlrees ; le Iroisieme est le cube portant une molecule centrale , ou cube centre. Le deuxiem? systenie cristallin , designe sous le nom de sys- teme senaire , a cause de I'axe senaire qui le caraeterise , n'offre qu'un seul type. Letroisieme systerae cristallin , ou systerae quaternaire, est caraeterise par un axe quaternaire ct offre deux types differents : le prisme droit a base carree portant upe molecule ci cbaque sommet , et le prisme droit a base carree , et centree. Le quatrifeme systeme cristallin , ou systeme ternaire , est ca- raeterise par un axe ternaire ; il n'offre qu'un seul type , a uoyau rhoraboedrique, Le cinquieme systeme cristallin peut etre nomme terbinaire , attendu qu'il est caraeterise par trois axes de symetrie binaire : quatre types differents lui correspondent : 1° le prisme droit k base rectangulaire; 2" le prisme droit a base rectangulaire, ayaut deux de ses faces centrees ; S" ie prisme droit a base rec- tangulaire, centre; 4° le prisme droit a base rectangulaire ayant ses six faces centrees. Le sixieme systerae cristallin , ou systeme binaire , n'a qu'un seul axeet cet axe est binaire ; il a deux types differents qui en dependent : 1° le prisme droit a base parallelogrammique ; 2° le memc prisme ayant des molecules aux centres de deux de ses qualre faces rectanjjulaires. Le septieme systeme, systeme asymetrique , n'offre qu'un seul type. La loi dite « loi de symetrie » en cristallographie consiste en ce que deux faces semblahlex ( voyez la communication du 2 de- cerabrc 1848) doivenl toujours coexister. Cette loi offre une restriction dans le cas ou la superposition des faces semblables n'entralne pas celle des polyedres moleculaires ; alors les faces semblablts peuvent ne pas coexister, et le phenomene de I'he- nti^drie se produit. Ce cas sera examine ulterieuretnent. 39 II y a dans les crislaux deux sortes de similitudes pour les faces sembiables : la simililiide direcle . lorsque la superposition des faces fait coincider eutrc eux les cotes internes de ces faces ; la simililude inverse , lorsque la superposition fait coiacider le cote interne de I'un aveo le c6te externe de I'autre. Une forme cristaliine est la reunion de toutes les faces sem- biables a une face donnee. Lorsque la face donnee n'offre au- cune particularite de position par rapport aux axes , c'est-a-dire lorsqu'elle n'est ni parallele n\ perpendiculaire a aueun des axes, la forme est complete , et le nombre des faces qui la composent se determine par la foumule : l0N„+6N,-f4N,-f2N,+2; danscelteformule, Ne, N^, N,, N^ i-epresentent respectivement les nombres d'axes senaires , quaternaires , ternaires et binaires que possede le systeme. Ainsi , dans le premier sj'steme cristallin , on a : N,r=0,N,=3,N— 4,N»=6; le nombre des faces de la forme complete est 48. Une forme complete se partage toujours en deux demi-formes, I'une comprenant toutes les faces directement sembiables , I'au- tre, nuraeriquement egale^ la precedente, comprenant des fa- ces iuversement sembiables aux precedentes , mais directement sembiables entre elles : dans ce cas , les deux genres de simili- tude s'excluent I'un I'autre. Lorsque la face donnee, qui sert k ^tablir une forme cristal- iine , est parallele ou perpendiculaire k un ou plusieurs axes , la forme est restreinle ; le nombre des faces qui la composent est un sous-multiple du nombre des faces de la forme complete 5 dans ce cas , deux faces peuvent etre a la fois directement sem- biables et inverseraent sembiables I'une par rapport a I'autre. Le nombre des plans de symetrie d'un systeme cristallin est toujours egal au nombre des axes de symetrie d'ordre pair. Ainsi , dans le systeme teniuateruaire , ou Ton a N^zzS, Ns=rC>, le nombre des plans de symetrie est egal h 9 : c'est la valeur la plus elevee que ce nombre puisse atteindre. Pathologie. — M. Eugene Desmarestdonne lecture d'un me- moire dans lequel il fait connaitre plusieurs eas de pathologie 40 des OS, etudies dans I'espeee humaine et dans divers aniraaux. L'auteur cherche surtout ci indiquer des observations nouvellcs relatives aux maladies des os dans la serie animale, parce que ce sujet lui semble avoir ete neglige jusqu'ici par les auatomis- tes.Nous ne rapporteronspastous les fails contenus dans la no- tice de M.Eugene Desmarest; nous reproduirons seulemeut ici les deux priucipaux. Le premier consiste dans una affection presque generale des OS d'une Civette male [Viverra civella, Linne) qui a vecu plu- sieurs annees A la menagerie du Museum d'histoire naturelie de Paris. La tete est surtout remarquable pa» la generalite de I'al- fection des os du cr^ne et de la face ; tous les os en sont detruits en grnude partie , ceux du nez sont raeme presque entierenient perfores; I'arcade zygomatique ofire des traces apparentes de destruction, aiusiqueUs parties qui avoisinent le trou occipital ; lasyniphyse des deux branches de la machoire inferieure mon- tre egalement uue carie bien caracterisee. L'interieur du criine ne parait pas auormal, et il en est de meme des fosses uasales ; le sph(5noide est intact. La colonne vertebrale , a I'exception de I'atlas et de Taxis, qui sont uses par I'affection pathoiogiquc et troues en divers endroits, est a pen pres a I'etat normal. Les raembres ne sont pas tres fortement atta(|ues; toutelois, le tissu osseux d'une des omoplateset du bassin est erode et Ton peut voir des perforations sur le premier de ces os ; I'autre omoplate, qui est deformee,('stintimement soudee avec riiumerus.Li' ster- num est egaleraentdifforme. II n'y a rien de partieulier dans le systeme dentaire , ni dans le cerveau. L'animal auquel appar- tieut ce squelette est mort a la suite d'une paralysie ; raais la cause probable de I'etat pathologique des os provient de I'hu- midit^ da lieu (ju'il habitait. Cette observation est surtout int6- ressante par la gravite de I'affection des os de la tete ; car jus- qu'ici on n'avait pas remarque de cas aussi generaux , meme chez I'Homme. Le second fait a ete etudie dans un squelette d'Agouti male {Cavia aquii^ Erxleben), dans lequel un certain norabre des tendons des muscles se sont ossifies d'une maniere presque com- plete, et se sont developpes outre mesure. Les tendons ossifies des muscles de la colonne vertebrale sontprincipalement tres re- ii marquables par leur nature fibro-osseuse et par leur grand de- veloppement ; en effet , ces tendons forment comrae deux noem- braues longues de pies de huit centimetres et cepcndantou a du en detruire une portion lorsqu'on a prepare le squelette de ce Rongeur. La rotulepr6senteun long bouquet de tendons ossifies; )1 en est de meme de la plupart des articulations qui offrent des membranes presque osseuses assez grandes et qui donnent k I'animal un aspect tout partieulier. La transformation du tissu tendineux ou fibreux en tissu osseux a deja 6te etudiee, mais le fait qui vient d'etre signale ici parait plus remarquable que ceux deja publies. — M. Pappenheim rappelle, a Toecasion de cette communi- cation, que le plus beau casde carle des os de la tete se trouve au Musee anatomique de Breslaueiqu'il a ete decrit depuis long- temps dans le Manuel d'anatoraie pathologique defeu M. Otto; que des cas d'oshilication des autres parties out ete aussi publies par lememe auteiir ; 11 ajoute que, du reste , la maniere suivant laquelle I'ossifieation s'opere dans la substance tendineuse n'a point ete exposeeavec les details que nous revele le microscope. Seance du 24 mars 1849. Cbistallogbaphie. — M. Bravais expose la suite de ses re- cherches sur les applications de la theorie des assemblages a la cristallographie (voir la seance precedente). On salt qu'Haiiy faisait deriver toutes les faces d'un cristal par la methode dite « des decroissemcnts, » et que les cristallo- graphes allemands lui ont substitue celle « des troncaturfs riitionnelles. » Au point de vue de la theorie des assemblages, toulo lace est uu plan reticulaire, c'est-ci-dire un plan assujeli a passer par trois des sommets de I'assemblage. Si I'on prend trois rangees pour axes coordonn^s, et si a, &, c sont les parametres de ces rangees, a celui de I'axe des x, b ce- lui de I'axe des y, c celui de I'axe des 5, I'equation de la face sera h-+kl + r- = o, a b c si elle passe par I'origine des coordonn^es, et a b c Extrait de I'InUUut, !'• gecliop, 1849. A- + 4 + /f=:±,, a b c 4fi si elle est limitrophe au plan precedent, c'est-i-dire si I'espace corapiis entre les deux plans est completement depourvu de soramels dnns son inierieiir. Les quantites /i, A, / sont des nom- bies entiei;', positifs ou uegatifs. Pour plus de concision, on designers un tcl plan par le sym- bole (hkl), comme i"onl fait MAJ. Wliewell ci Miller; ces let- trcs A, A-, /, sont les criracteristiqucs de la face. Le choix des axes coordonties sera fait, dans thaque systeme cristallin , de maniere a co qu'une piemierc face (/tfc/) etant donnee, toutes les faces semblables en derivent par certaiues transpositions ou ciian;;emcnis de signe des caraeteristiques. II convieni, dans certains cas, de prendre quatre axes coor- donnes, dont lestrois |>rcinJerssont dans le meme plan ; la nota- tion est aiors a 4 eai aileristiques et de la forme {h ki I); mais il exislc eiitre ies t\6\s premieres caracleristi'|ues la relation constante k -\- /i-\-iz^o. ,..( Dans les syst^ines senairc, tcrr^nire et binaiie , ce mode He notaiiou est preferable et conduit a des fonmiles plus simples et plus symetriques. L'adoption des quatre axes eoordonncs Tiie s'opposo point d'ailleurs a I'cmploi des formures de la ^dometVic analytique a trois dimensions. ' . ^ M. Bravai^ cdtiSidfei'b i-'uk'te la ctfetisiledcrtfl^u ■T(5tfculair(> des diversesTfl'ces u'tiii cristilt. fcdt'tf''de'!rsi'te ifet^lVrfypoVtioniiclle au nombre des molecules t'o'hteiiub dvin^ I'ui'iite de surface ; elle est en raisin i.nvme! 'de'1a Wailffe(lbt'is^;^i da jJfan. On de- mbiitrc auss'i (jQ'eirec^t pi'op'Ornonncllfe t\ nnienalU- lineaire qui separe la face conMcIei^e'ei; te plan tStfctflaiN litriitropbe qui lui est ihime^liMcm. n't sofis-jAcefit.' •■ " ^•"" '^''■''■^' •'" '. Soient to Tairede la "face, h^ k, I les fj'ai'a'cteristiqiies, «,/y/;,'lcs paramelres : w est ui^e fonction de A, k, /, o, '6, c, dont la foinie est variable d'uiisysletueciibtallin a un autre syslemc, et, dans lemenic sys'.eiiiC, d'untypc a un autre. Ainsi, dans I'asbcmblage qui derive du cube de cote a, on a 0)2 — a« (A2 -1- ^2 4- /2) ; mais, si ce cube de c6t6 a est un cube centre, on a bi 45 i r^quation de conditioa ^::r 2^ — h — /f, iodique que, si Inequa- tion de condition n'etail pas satisfaite, c'est-a-dire si li-}-k~\- I etait impnir, il laiidrait, avant d'appliquer la formule, changer le symbole [Ilk I) en (2/i 2k 2l). II en est de raeme pour les autres systemes ou types cris- taliins. Cos formules sont, pour certains systemes (senaire, quater- naire, ternaire), susceptibles de se traduire en tableaux numeri- ques, ou abaques, propres k faire connaitre I'ordre dans lequel se succedent les faces rangees suivant la densite decroissante cle leur tissu, des que Ton connait le rapport entre la hauteur et les dimensions de la base dans le solide generateur de I'assera- blage. On peut employer la consideration de ces differences de den- site (lu tissu reticulaire pour fixer son choix entre les divers types crislaliins qui rendent tous egalement eompte de la structure exterieure dii cristal. Elle permet en meme temps de lever I'in- decision qui subsiste sur les veritables rapports des pararafelres dans tous les sysl ernes autres que le systeme regulier. La regie suivie par M. Haiiy et scs successeurs consiste a adopter les rapports de grandeur qui rendent les notations des faces aussi simples que possible ; mais comme les notations des faces varient d'un auteur a un autre auteur, cette methode iaisse prise a I'arbitraiie. Pour lever cette indetermination , M, Bravais admet que « deux plans reticulaires limitrophes se separent d'autant plus facilemenr par le clivage que la densite de leur tissu est plus considerable, « el, en outre, que, « dans I'aete de la crislallisa- tion, sous I'influence des mouvements et trepidations molecu- laires qui I'acconipagnent, les series planes les plus stables et les plus aptes a limiter le cristal sont aussi celles dont le tissu reli- culaiie est le plus dense. » Ces hypotheses sont basees sur la presomption que « la cohe- sion tangentielle (ou paraliek) a un plan reticulaire du cristal est d'autant plus grande que les molecules sont plus rappro- AA dices, • et que « la cohesion dans le sens normal au plan est d'autant plus faible que rintcrvalle qui scpare ce plan de son limitropiie est plus considerable. » On concoil qu'une telle loi, qui ue tient pas compte de la forme du polyedre raolecuiaire , pourra se trouver en del'aut dans quelqucs cas particuliers; mais elle doit etre vraie eu ge- neral. Les applications de cette loi conduisent souvent a des resul- tats tres satisfaisants. Ainsi dans I'apatite, dont le solide gene- rateur est uu prisme droit a base triequiungie, dout la liauteur vaut les -~-^„ du cote de la base, si Ton caicule les dix formes cristallines a tissu de densite maximum , depuis la valeur w* zr 1, jusqu'a la valeur w-zzi 8,56, on retrouve precisement les dix formes qui ont ete signaiees dans les cristaux de cette substance, et I'ordre des densites decroissantes sera sensible- raent le meme que I'ordre de la frequence observee de chacune de ces formes. Lorsque I'on voudra employer la regie de M. Bravais pour reconnaltre le type cristallin, on devra choisir, parmi les divers types e;;aleraent admissible^ , celui dont i'adoption etablit le parallelisme le plus exact possible entre la serie des faces ran- gees d'apres leur frequence naturelie et la serie de ces memes faces rangees suivant I'ordre des densites de leur tissu reti- culaire. Seance du 7 avril 1849. Chimie. — Sous cc titre : Nccessile d'operer sur de grandes masses a'airdans les recherches cliimiques relatives a I hygiene piibliqiie, M. de Tessan communique la note suivante : « Lors de I'appariliondu cholera en 1831 et 1832, on fit dans divers pays des analyses de I'air, pour voir s'il etait survenu dans la composition de ce fluide quelque alteration capable de rendre compte de I'epidemie regnante. Aucun changement ne fut con- stnte ; I'air presenta partout sa composition habituelle en azote, oxygene, acide carbonique et vapeur d'eau , et Ton crutpou- voir conclure de la que I'air n'etait pas le vehicule du fleau. Si , comme je le crois, Texactitude de ces analyses n'a ete poussee que jusqu'aux centiemes ou aux railliemes au plus, la conclusion qu'on en a tiree pourrait tres bien n'etre pas exacte. &5 » En effet, !e nombre des inspirations failes en une minute de temps par un horamc est de 20 environ , et ie volume de I'air inspire ^ chacuned'elles estd'environun dcmi-litre ; c'estdone, en tout, 10 litres d'air inspires par minute. Ct'la fait 14 100 li- tres par jour, et par consequent plus de 15 kilogrammes d'air introduits dans les poiimons en unc scale journee. » Supposons que cat air contienne seulemeut — -„ de son poids d'un gaz, d'une vapeur, d'un niiasme, d'une poussiere or- ganique ou inorganiquedelet6re,susceptible d'etre absorbee pa r le sang ou de sedeposer dans les poumons, la dose de substance etrangereintroduiteainsi par la respiration dans I'^conoraie ani- male pourra s'elever k un gramme dans une journee. Or, com- bien de substances qui , a la dose d'un gramme et meme d'un decigramme (2 grains), font sentir leur influence toxique ? II suffirait done que I'air contint j^'^-q des dernieres pour qu'il empoisonnat en une seule journee. Que sera-ee , si eet air est respire non-seulement pendant une journee, mais pendant 10, 100, 1000 journees? II suf'fira evidemment qu'il contienne des millioniemes, des dix-millioniemes de substance toxique pour alterer profondement la same , si la tolerance ne s'en etablit pas assez promptement dans I'economie animale. » II est done necessaire de pousser ['exactitude des analyses jusqu'auxcentmilliemes et mem.! jusqu'aux millioniemes dans les recherches relatives a I'influeuce de I'air sur la sante publi- que. Ce n'est qu'en operant sur des masses d'air de loO et 1000 metres cubes, pour en isoler et concentrer les substances etrange- res k sa composition habituelle, qu'on pourra esperer d'arriver a une connaissance assez precise de sa composition, pour dire s'il est,oui ou non,le vehicule f!es maladies epidemiques,et pour etu- dier, s'il y a lieu, la nature de ces substances etrangercs ; mais depareilles experiences , sur une aussi grande ecbelle, ne peu- vent guere etreinstiluees que par les gouvernements. » Seance du 5 mat 1849. Mathematiques. — M. de Saint- Venant communique a la Societe une melhode generate de reduction des dcinonslrations a leur forme la plus simple et la phis direcie. « Tout theoreme, dit-il, est susceptible d'une infinite de de- h6 moiistrations 5 raais il n'a qu'uue raison, qu'un pourquoi, ren- fermc en germe il.iiis les deliiiilions et les piincipes de la science. Cette raison logiqiie , une fois trouvee et exprinaee, offrira, en general, la forme de demonstration la plus directe, la plus na- turelle, la plus simple et la plus facile a compreudre et a retenir, au point qu'elle dispensers souvcnt de scrappeler et d'invoquer le theoreme lui-meme. » C'est ainsi que la vraie raison du rapport constant qui cNiste entre I'aire dune figure irac^e sur un plan et I'aire de sa projection sur un autre plan tst evidemment sa divisibilite en trapezes dont les bases sont perptndicUioircs a rintersectiou des deux plans. C'est ainsi qu'une foule de theoremes et de for- mules dt' geometrie, de trigonometrie, de mecanique, demon- tres uaguere par des circuits de raisonnemcnts et de calculs, sont reconnus anjourd'hui n'etre que la consequence immediate decelte simple et evidente verite , « que la projection sur une droite d'un c6te d'un polygonc ferme , est egale ^ la somme aigebrique des projections dts autres cotes, » et qu'il existe une relation analogue pour les projections de plusieurs aires sur un meme plan. » Or, on peut parveuir, presque a coup sur, a reduire ainsi toute demonstration donnee a la demonstiation l,i plus simple el la plus directe. Ouu'a, pour cela, qu'a commencer par y substi- tuer, a la place des lemmes on des theoi ernes qu'elleinvoque, les propres demonstrations de ccs theoremes et de ces lemmes, et qu'a faire des substitutions semblnbks pour les propositions ante- rieures sur ksqueiles celles-ci s'appuient aussi. Puis, ensuitc, on passe en revue et I'ou rapprochc les uues des autres les di- verges parties de la demonstration totale ainsi coustruile. On re- connait presque toujours, entre les parties non conligues, des rapports qui lendeni possible le passage direct des unes aux autres en supprimant lesinterraediaires. On efface done un cer- tain nombre de ces ruhonnements clcmenlaires (on hyllogismes, tds que A egaJe B, or B egale C, done A egale (J) dontse com- posjJ le raisonuement total ; de meme qu'on efface les tejmes d'une formule qui se detruisent les uns Its autres, apresqu'pn a substitiije a l,a place de quelques-uns de ccis caracteres les autres formules qu'ils representaient. Un nouvel examen attentif, de Douveaux rapprochements, etde nouvellessubstituiions de d^- moostrations aux clioses demoutrees que I'on iuvoquait encore comme lemmes, amenent de nouvelles suppressions, dontou est souvent tout etonne; et I'on obtienl finalement, apres un travail qui n'est qu'une affaire de temps el de p;itience, la demonstra- tion la plus simple du theoreme, au nioins parmi celles qui se basent directement sur les premiers principes, et qui, a egale brievete, sont toujours tres preferables aux autre?. ■> Rien u'empec-he, eQSuite,de grouper en lemmes, communs k d'autres demonstrations*une partie des raisonaements doot elle se compose. On aura, aiusi, les di^monstrations les plus simples et les plus directes parmi celles qui, pourabreger, invoquent des verities deja demonlrees. » On se convaincra bienlot que, sauf ce qui peut etre atlribue ^ I'imperfection du langage , tout theoren:ie simple est suscep- tible d'etre d^montre simplenient. » Quelqucfois les demonstrations qu'on veut reduire ainsi se basent sur des theoremes analytiques, tels par exfenipleque celui qui etabiit la possibilite d'intervertir I'ordre de ia differentia- tion d'une fonctionpar rapport a ses deux variables, etc. On ne doit pas, pour cela , changer de melhode. En substituant tou- jours a ces theoremes ieurs demonstrations, et en les traduis:»nt g^ometriquement, s'il s'agit de geometric, on verra les reduc- tions s'operer. » Divers moyens se presentcront, Bu reste, d'abreger les re- chorches. Ainsi, quand onconnail, chi meme theoreme, plusieurs demonstrations qui s(Wb!eiit ties differences, la recherche de ee quelles ont de eomiTiuh ;m fond seia un bon moyen d'arriver au but propose. X Lc maximum de simpliiite sera altdni, dans tons It'scas, quand les demonstratioj-s truuvees se reduiront a delinir les grandeurs entre iesqueiles hs theoremes a demontrer etablisscnt des relations, et a tirer la consequence immediate de ces defiiii- 'tio'us et fies principes connu's.Oii ne sauiait cvoire eomhien de demonstrations peuvent etre amenees la, lor^que les definitions sont bien faites. Ou ptut meme, reciproquement, y trouver des indications utiles poar rectifier les defiaitioos. » Siance du 12 mat 18j9< j Physiqie. iSouvelle dispusition de la pile de Bunsen. — M. Foucauit met sous les yeux de la Societe uue pile de Bunsen, dis^josee de raauiere k en rcndre le service plus facile et plus prompt. La pile est paitagee en series de vingt couples. Dans chaque serie, les vases poreux sent rendus soiidaires ct sont fixes par des demi-colliers sur un support commun tu bois. Les parties inferieures et siiperieuri's Tie ces vases poreux ont ete imbibees de cire, alio que ces vases pussent conserver sans perte une couche liquide dt' l cinliinelre de hauteur et afin d'( m|)i'cherce liquide acidede rnonter par capillarile jusque vers le support (1). Tous les vases poreux communiquent entre eux et avee un reservoir commun d'acide sulfurique etendu par des si|)lu)iis de verrc qui posinl par leurs extrcmites sur les I'onds des vases sans pourtant se laisser obstruer, attendu que ces exlremit6s sont taillees obliqucment ou en sif'ttet. Entre les vases poreux on a lixe sur la monture en bois des ressorts- co.ttaets mis en communication permanente avee reiement- charbon par des cotiduclcurs Hexibies en pionib. Aux zincs cyliiidriques gencralemenl eniployes, on a subslitiie des zincs plats dunt la monture on la (jueue (endue s'ajusle sur les res- sorts-contacts et les admel a frotlcmcnt dur. Movennant cet arrangement, vingt vases poreux et vingt zincs peuvent etre abaisses du nieme coup et plon^ts dans Tacide nitriquo, au centre des chai bons ; et si Ton suppose tous les siphons amorces a I'avance , I'abaissement du niveau du liqiiiile dans tous les vases pureux a la fois determine I'alflux de I'acide etendu contenu en reserve dans le recipient, et en peu d'iustants la pile est prete a fonctionuer. La manceuvre inverse suflit pour la remettre au repos et pour faire reirograder I'acide vers le reservoir. Dans cette attitude , la partie inf^rieure et ciree des vases poreux reste engagee au centre des charbons et previent, en jouant le r6le de bouchon, revaporation de I'acide nitrique. (1) Dans une fabrication rt-guliere on obliendrait le mCme risullat en femaiilant le haul et le bas des vases poreux, jj_^. . 49 L'amorcement des siphons par uu liquide acide n'est pas une difficulte. II s'opere par insufflation et non par aspiration. On rempiit & moitie les vases porenx de deux en deux, puis, en posant sur leur bord iibre un obturatcur en liege evide pour laisser passer les siphons, et traverse au centre d'un tube de fort diametre , on delimite entre la surface du liquide et I'ob- turateur luimeme un espace a peu pres clos dans lequel on fait naitre en souffLmt rapidement un exces de pression qui sollicite I'iiscension du liquide dans les deux siphons a la fois. Toules les parties qui constltueut la pile, sauf les zincs, devant rester perpetuellemcnt on presence, on a assure I'inalterabilil^ des colliers attenant aux vases poreux et aux charbons en les recouvrant d'une ^paisse couche de cire. Les vis elles-m^mefi qui etablissent les conlacts sont a I'abri de I'oxydation, soit parce qu'elles deraeurent sous un enduit de cire, soit parce qu'elles sont totalemeni engagces dans la masse d'un ecrou qui les protege. L'inaraovibilite des couples a encore rendu uecessaire de pratiquer a travers les charbons un orifice destine a introduire I'acide nitrique, Cette operation se fait encore pour chaque couple isolement; on rem^diera plus tard,s'i! est necessaire, a cet inconvenient qui , du reste, est minirae, car le liquide ou baigne le charbon se renouvelle rarement et s'emploie jusqu'A epuisement complet de I'acide nitrique. Seance du 7 fevrier 18A9. Physiologib. — M. CI. Bernard rend compte en ces terraes k la Societe des experiences par lesquelles il a constat^ I' in jhience dusystemencrveux sur la production du sucre dans V economic anbnale. « J'ai trouve que la blessure d'une certaine partie du cervelet provoque chez les animaux I'apparilion rapide d'une grande quantite de suere dans le sang etdans les urines. Avantdedire comment j'ai ^te conduit a decouvrir ce fait singulier , je vais en indiquer les circonstances principales. » t° Sur des Lapins nourris avec du son, descarottes et de I'herbe et etant en pleine digestion , j'ai blesse le plancher du ventricule du cervelet un peu au-dessus de I'origine des nerf E|»raitde<7n5« groupe (17^ a 2r classes) ; polyedres spheroddriqucs a quatreiixcs ternaircs. Designons sous le nom de sphcrocdriques les polyedres des 5' ct G= groupes, lesqutls possedent plusieurs axes dont aiicun n'( st un axe principal. Ces polyedres ont toujours plusieurs axes d'un oidre superieur au second : a un sommet S correspond un Extrait de I'lnstitut , 1" section, 18Ji9. 8 58 nombre plus ou moios considerable de sommets homolognes de S' par rapport aux axes, plans et centres de symetrfe du poly6- dre, et tous ces homologues, dont le nombre total peut s'elever dans certains cas h 120, sent distribues sur la surface d'une sphere ayant pour centre le point de miituelie intersection des axes : de la le nom de spherocdriqncs donne a ces polyedres. « Le nombre Q ties axes d'ordre q [q etant superieur a Q) est ■ ^gal ^ la moitie du nombre des sommets que possede un po- ■ lyMre regulier auxiliaire, non tetraedral , a angles solides » formes de g angles plans. » On d^duit facileraent de ce theoreme que le nombre des axes ternaires est necessairement egai a 4 ou ii 10. Les syraboles de la symetrie des polyedres quaternaires ap- partiennent aux deux formes suivantes : (4L3, 3L,,23P, CouoC)... 176, 188 et jge classes; (3L^,4Lj, GLj,^?, //P', Cou oC)... 20«et 21' classes. 6' groupe (22' et 23* classes) : polyedres spheroedriques a dix axes ternaires. Leurs symboles sont : (eL^, 10L3, ISLj, oC, oP)... 22''classe. (eL^, 10L„15Le, C, l5P)...23'classe. Les dodecaMre et icosaedre re^yulier^ appartiennent a cette derniere classe. II importe de reraarquer que quatre des dix axes loLj, convenablement cboisis, sonl dans la meme situa- tion que les quatre axes 4L8 des polyedres quaterternaires. Seance du 16 juin 1849. Hydbaulique. — M. de Caliguy depose une note sur uue Douvelieroue hydraulique verticaie a coiuOe serpentanie, sur les pompes foulantes considerees dans leurs rapports avec un de ses moteurs hydrauliques, et sur de nouvelles experiences qu'il a faites pour etudier le frottemeut de I'eau dans des tuyaux mouil- 16s de diverses manieres. • J'ai fait, dit-il, diverses communications a la Societe sur les roues hydrauliques a pistons ou routs dc cote coulnnt a plein coursier. Divers ingeuieurs ont propose, depuis 1838, de con- struire ces anciennes roues avec un coursier anuulaire fendu pour le passage dr- bras, et dont la fente est occupee par un diaphragme, en un mot d'appliquer a ces roues le coursier an- 59 nulaire execute par Barker, et decrit dans le tome II du Traits de physrque de Desaguilliers, avec cette difference que les aubes sont circulaires ou ellipUques au lieu d'etre carrees. Malgre les experiences mentionnees dans cet ouvrage , cette disposition n'est pas usitee pour les roues de cote. Celle qui est en usage est beaucoup plus simple. On concoit, en effet, que le raoindre tas- sement dans les macouneries, le moindre d6-angement dans le systeme, donnent lieu a des inconveuients beaucoup plus essen- tiels lorsqu' ils influent sur tout le pourtour de la palette, au lieu d'influer seulement a I'un de ses bords. Mais on attribue aux palettes circulaires ou elliptiques, entre autres avantages, celui de plonger plus facilement dans I'eau du bief superieur dont la surface est libre , en donnant plus de liberty a i'air pour s'echapper au moment de I'immersion. Cet avantage est com- pense jusqu'a uo certain point par la difficulte qu'il y a ^ dis- poser sur les palettes des poupes et des proues, c'est-a-dire que ces roues ne peuvent pas monter tres vite, sans que Ton s'expose a laisser de I'eau s'introduire a I'interieur de ces palettes coni- ques, ce qui est un inconvenient. Dans les anciens chapelets, les aubes avaient aussi des proues et des poupes ; mais I'inte- rieur etait occupe par des roudelles de cuir ou d'autres corps solides, ce qui rendaitla machine plus lourde. » Ces inconvenients sont evites d'une maniere tres simple quand on adopte une disposition du genre de celle que j'ai pre- sentee a la Societe le 31 mat 1843. On peut, en effect, conce- voir la roue comme n'ayant pas de palettes propreraent dites, la section de la roue perpcndiculaire a I'axe etant une courbe serpenlante dont les renfleraents sont la section des palettes, c'esl-a-dire la section des renflements du fond qui en tiennent lieu. H resulte de cette disposition que si la roue marche, dans les grandes eaux, presque entiferement plongee, les creux de la courbe, par rapport au bief superieur, seront des renflements par rapportau bief inferieur, si toutefois on trouvede I'inconveuient a remplir de corps solides les creux qui se trouvent du cote de ce del nier bief. On n'aura done aucuu inconvenient du genre de ceux qui out ete signales pour les aubes dans le coursier aa- nulairefendu pour le passage des bras, seulement on eprouvera aussi de la resistance dans le bief inferieur. Mais comme rieD 60 ii*^empechera plus de douner beaucoup de largeur ii la roue, sans nuirea la solidite de reiablissement des palettes, la fleche de la courbure du fond, qui tient lieu de palettes, pourra etre bieu moiudre que le petit diametre des poiettes elliptiques. Enfiu, sous ces deruieres, il faut bien que I'air se divise en deux. Or, la partie de cet air qui s'echappe en airiere n'exerce pas d'in- fluence utile sur celle qui s'echappe en avant ;si done on peut au moyen d'un fond serpentant diminuer sufflsamraent la pro- fondeur des palettes, c'est-a-dire des reuflementsqui en tiennent lieu, on retrouve precisement la raeme facilite pour le degage- ment de I'air avec une construction beaucoup plus facile a faire et surtout k reparer. Les pertes d'eau par les palettes sont d'ail- leurs moins importanles dans les roues de cole ordinaires , parce que I'eau tombe d'une petite hauteur d'un conopartiment dans I'aulre, tandis que dans les roues a pistons elles se font sous la pression de toute la chute. II est done important de pouvoir conserver une forme plus analogue a celle qui est sane- tionneepar I'usage et qui ne perd de I'eau que sur une portion du pouitour. — >' Cette manicre de voir a'est pcut-ctre pas absolument faussc, niais elle n'cHail point Texpression reellc de la verite. En effetj deux ou trois jours apres raccouplement, les filaments sont en- core compietement immobiles; ils paraissent memes'amoindrir, tandis que leur extremite eephalique se rcnfle d'une raoniere sensible. Enfin au bout de quelques jours ils ont disparu, et a leur place on ne trouve plus qu'un liquide lactescent que j'ai du naturellement examiner. » Ce liquide tient en suspension des molecules agitees d'un muuvem.nl Ires vif. En poussant tres loin les grossissements , on peut les dislinguer mieux et bien determiner leur forme. Cha- que purticule est uu animalcule fusiforme, a corps tres contrac- tile, et portanl a son extreiiiilc caudale un filament tres fin. L'additiou de quelques goutles d'eau au liquide lactescent les tue aussitot 5 leurs mouveracnts sont tres vifs et rappellentccux des Zoosperraes dans les Buccins. » Des tors, il m'a para naturel de supposer que les Zoosper- mes, deposes dans la vesicule copulatrice , y subissent une ve- ritable metamorpbose, (jui de filaments inertis fait des Zoosper- mes, fecondanlt. Et cette idee d'une metamorphose me parais- sant avoir de curieuses consc jufnccs, j'ai essaye du la dcmon- trer par tous les moyeus qui etaicnt a ma disposition. » J'ai eu recoups d'aborJ a I'observation du liquide sperma- tique de la Paludine vivipare. Je supposais que primitivement les Zoospermes de 1 1 Paludiue etaient immobiles comme ceux des Helix, qu'ilssubissaiont leurs metamorphoses dans les or- ganes memes du mcile, ctqu'en consequence on devait y trouver a la fois deux sortes ou p!ul6t deux aspects de Spermatozoides. Cette prevision a ete pleinement confirmee. On rencontre , en effet, daus le spcrme de la Paludine, deux ordres de filaments zoospermi(|ues: les uus greles lermines par une teteen tire-bou- 68 choD, et presque absolument iramobiles ; les autres, pareils h de petits rubans tcrniinds par un pinceau de filaments tres fins , et animes de raouvements tr^s vifs. lis serpentent dans tous les sens; I'addition de I'eau les tue , tandis qu'eile n'altere en aucune facon les filaments immobiles qu'eile rend aucontraire beaucoup plus apparents. » Je n'ai pu ra'empecher de comparer les filaments immo- biles aux Zoospermes du canal deferent des Helix, et les ani- malcules mobiles aux Zoospermes de leur vesicule seminale. Mais cette observation, si satisfaisantc au premier abord, n'a point etc confirmee par I'analyse du sperme de la Paludine im- pure, dont les Sperm.itozoides trfes vifs different beaucoup de ceux de la vivipare, et ne presentent point des distinctions aussi tranchees. » N'ayant point a ma disposition d'autres Cephalid^s dioi- ques, je suis revenu k I'observation des Gasteropodes herma- phrodites, et cette fois j'ai poursuivi mes recherehes sur des Limaces et des Arions. Ces recherches ont confirme certains points, a savoir : que la vessie recoit les Zoospermes dans I'ac- couplement, et m^rite le nom de copulatrice ; que lis Zoosper- mes y subissent une transformation, puisque au bout d'un temps tres court leur queue disparalt tandis que les letes grandissent, Mais jusqu'^ present je n'ai pu y decouvrir rien de semblable aux animalcules mobiles de la vesicule copulatrice des Helix , ce qui tient probablement ^ des difficult^s d'observation queje n'ai pu suffisamment apprecier. » De nouvelles recherches sont done indispensables , et je me propose de les poursuivre avec assiduite. Toutefois le fait singulier que les animalcules de la vesicule copulatrice ne sed^- veloppent jamais dans les Helix (pi'apres I'accouplement , m'engage h persister dans ma presoraption premiere. Or, en separant nottement les conclusions positives de mes observiitions des conclusions hypothetiques, je crois que les faits permeltent aujourd'hui, en premier lieu , d'affirmer positivement : » 1" Que la vessie des Helix est rfeliement, comme iM. Des- hayes I'a pense , une vesicule copulatrice ; » 2° Que les filets zoospermiques qu'on rencontre frequem- ment dans I'orgaDe de la glaire de Swammerdara(testicule, sui- 69 vant Cuvier) ne provicnnent point d'un individn (Stranger pen- dant I'accouplempnt , raais ont passe avec les oeufs du canal deferent dans I'uterus, et ne sont point fecondants; » 3° Qu'un accouplement est , sauf des exceptions tres rares qui ont ete observees par M. Laurent, absolument necessaire. » Ces faits pernnettent, en second lieu , de supposer : » 1" Que les Zoospermes infeconds des Helix subissent dans la vesicuiecopulatrice une metamor(>hose veritable, et que cette metanaorphose piut seule leurdoniier la propriete fecondaute; » 2° Que la feeondatioD n'a point lieu dans I'ovaire , mais, comnoe chez les Batraciens, au moment de I'eoaission des oeufs. » On n'est point dans I'usage de proposer ainsi de sinoples hypotheses ; mais les faits sur lesquels elles sont basees ayant ete consiates par des observateurs eclaires , par M. de Blainville d'abord , et plus lard par MM. Deshayes et Laurent, ces faits paraitront peut-elre interessants |.ar eux-memes ; et quant aux consequences qu'on en a tirees, ces consequences, examinees et critiquees par an plus grand nombre d'observateurs, ne SJU- raient manquer d'etre bientfit reduites a leur juste valeui-, soit qu'on les repousse absolument, soit qu'on apporte au contraire en leur faveur des preuves et des observations nouvelles. » Seance du 7 juillet 18/i9. Cristallogr\phie. — M. Bravais expose la suite de ses re- cherehes sur la cristal.'ographie. Apres avoir etudie les differents genres de sym^trie dont les polyedres moleculaires sont susceptibles ( Voij. seance du 2 juin 1 849), le probleme que Ton e^t appele a resoudre est le sui- vant : « Les elements caracteristiques (axes, plans, centre) de » la symetrie de la molecule d'un corps eiant donnes, determi- * ner a quel sijsterne crislalUri appartieudra I'Assemblage reti- » culaire forme par les centres de gravite des molecules au mo- » ment de la cristallisation. » « La solution de ce probleme, dil M. Bravais , est dans les deux regies suivantes : » Regle I". Parmi les sept syst^mes cristallins , les mole* cules de la substance donnee adopteront celul dont la symetrie 70 offre le plus grand uombre d'clemenls communs avec la syme- trie propre a leur polyedre moleculaire. ». Regle II. Dans le cas oii plusieurs systenies cristnllins au- raient les raemes elements de symetrie communs a leurs Assem- blages et au polyedre moleculaiie, la cristallisation se fera sui- \arit le systerae de moindre symetiie , c'est-a-dire suivaul le sysleme qui laisse le plus grand nombre de tenses indetermines parmi Ics six elements coastitutifs de son parallelipipede ele- mental re. >- Soil propose, comme exemple, de determiner dans quel sys- tcme cristallisrra uii groupe de molecules dont la symetrie serait caracterisee par le symbole ( 6L„ lOL,, ISL^, oC,oP) ( Foy. icance du 2 juin 184y). Le systerae tcrquaternaire (sys- teme cubique) possede qualre des dis axes ternaires de notre polyedre , et trois de sesquinze axes binaires, lesquels y jouent le role d'axes quaternaires : la symetrie coraniune a ce syslenne et au polyedre moleculaire sera done representee par (4L,,3L,). Si I'du etablit unc compuraison analogue avec les aulies sy.stemes eristallins, on y decouvrira des traits communs de symetrie, mais mollis nombreux que eeux que nous venons d'iudiquer; 5triqiie special, analoguea ceux que j'ai deji decriis, soit ehez Its A, neiides errantes, soit cbez les Lombrics et les Uirudinees. » Ce que je \ iens de dire s'applique egalement aux Arenicoles ; naaibces dtrnieres inout montre, en outre, en arriere etsurles cdt^s du cerveau, des capsules audiiivcs (?) qui ra'ont paru 6tre 75 en rapport avec les systemes stomatogastrique et c^r^bral de I'Aunelide. L'observation, par transparence, d'un tres jeune in- dividu, m'avait depuis longtemps fait reconnaitre I'oxistencede cet organe, existence que j'ai depuis constatee sur des individus adultes et dont on pent s'assurer meme en examinant des ani- tnaux conserves dans ralcool depuis plusieurs ann^es. • Seance du 11 aoiit 1849. ZoOLOGiE. — M. de Quatrefages presente, au nora de M. Ju- les Hairae, un raemoire ayant pour titre : Observations sur la Mihiia, nouveau genre de Vordre des Echinides. L'auteur, apres avoir decrit avei^ detail ce Zoophyte re- marquable, cherche a determiner la place qu'ildevra occuper parmi les Oursins. « II se rapi)r(iclie a la fois, dit-il, des Cas- sidulides et surtout des Cidarides : i) a I'anus des premiers, et la plupart de ses caracteres appartienneut h I'autre famille. Ainsi , c'est seulement dans la famille des Cidarides , dans les p;>"nres Hemicidnris , Echinoc'idaris , Boletia , etc, , que nous retrouvons les giandes dimensions de son pourtour buccal , indices certains d'un appareil masticatcitr complique et tres de- velopp6. C'est encore la seulement que nous observons cette grande nettete du disque apicial, de meme que ces gros tuber- cuies sur le milieu des plaques anamhuiacraires. D'un autre c6ie on ne remarque que dans les Cassidulides un anus sem- blable a celui de la M'Unia, mais elle differe considerablement de ceux-ci par la presence d'un appareil masticateur tres com- plique. Si done la position et la forme du pourtour anal et la disposition de I'appareil apicial ne separaientpas d'unemani^re si tranchee ce Zoophyte de tons les types secondaires de la fa- mille des Cidarides, c'est assur6ment dans ce dernier groape qu'il faudrait le placer , car il s'cn rapproche plus que d'aucun autre; mais ces caracteres ont une importance trop grande pour permettre un semblable rapprochement qui detruirait d'ailleurs toute rhomogeneite de la famille. Nous ne saurious meeonnal- tre ici une forme tout-a-fait aberrante et ne pouvant la faire ren- trer dans la famille des Cidarides sans rompre I'unite de ce groupe , ni dans celle des Cassidulides, sans violer ses principa- les ai'finites, nous pensons done qu'il y a avaulage ci en former une diviJon a part, satellite des Cidarides et etablissant le pas- 7G sage tntre ceux-ci et les Cassidulides , ainsi que M. Milne Ed- wards ct nous- memo nous I'avons deja fait dars la dasse dcs Polypes; etafiu dcsuivre la nomenclature que nous avons adop- tee pources groupcs d'une valeur parliculiere, nous doniierons a celte division lo nom de Psetcdocularklcs. » — M. deQuatrcfagcsccmmunifiue enaiite les notes suivaulcs : I. Analomic dcs Chloraniu. — « Piirmi les Annclides dent j'ai eu roccasioii d'eludicr I'organisation , une des plus interes- sontes, peut-elie , appartient au genre Chlorama. Par sos ca- raelrres exterieurs, cette Annclide ticiit presque exactement le milieu cnire les Tubicoles et les Errantcs. Sou tube digestif, loin de presenter cette disposition en chapelot qui sembic carac- teriser le groupe, offre uue partie reuflee , a laquelle fait suite une portion plus etroitequi offre de veritabks circonvolntions. En outre, a la portion renllee se rattachi-nt de largcs poches dont la disposition rappellc quelquc peu les poches stomncales des Ruminants, et dont la structure est ogalcmcnt remarqunblo. La circulation , quoique rentraiU ar. fond dan;? les dispositions generales, presente des particularites curieuses. l-e vaisseau dorsal , parti de la queue, s'interrompt a la hauteur de la por- tion storaacale du tube digestif pour furnier deux fortes veincs l.ilerales qui rampent sur I'estomac, puis so rcjoignent avant d'arriver aux branchies. Un petit tronc tres grele et median reunitseul ces deux portions du vaisseau dorsal. I>e sang, apres avoir respire, revient au corps par deux aortes laterales , qui forment un cerde vasculaire vers le milieu du corps ; de ce cer- cle se detache le vaisseau abdominal ordinaire. Les glandessa- livaires , qu'on trouve a divers etats ehez pres'jue loutes les An- nelides, sont ici en forme de caecum tres allonge. « II. Cav'ite gcnerale du corps des Aphlcbines ct des Siponcfes. — « J'ai appele a diverses reprises I'attcntion des anatomistes sur Timportance pbysiologique que presente , chez les apimnux invertebres, la cavite generale du corps, c'cst-a-dire I'espace compris enlre le tube digestif et les couches sous-cutanees. Cet espace est souveut a lui seul plus considerabk' que rensemble des visceres, des muscles, delapeau, etc. II est rempli d'un li- quide qui acquiert de plus en plus d'importance et Unit par rem- placer e videmraent le sang. G'est au milieu de ce liquide, toui aussi 77 vivanl d nourricier que le sang des Vericbres, que se developpent souvent les oeufs qu'on y rencontre, d'abord h I'etat rudimentaire, pour les y retrouverquelque ti'mps aprcs a Tetat parfait. Dansun genre nouveau d'Annelidcs, pour lequel je propose le nom d'A- phtebine, le liquide generol parait reraplacer le sang. Du moiiis, je n'ai pu decouvrir de vaisseaux, et, en tout eas, il n'existe au- cun orgnne respirotoire, bien que les Aphlebincs ressemblent sous presque tons les autres rapports aux Terebellcs dont les branchies sont si developpees. Le liquide de la cavite generate est mis en mouveraent par des bandes de eils vibratilfs places dans le voisinagedes pieds. — Jen'ai pu reconnaitre s'il existait quelquechosed'analogue chez les Siponcles. Ici, la transparence asscz imparfaite des individus que j'ai eu a naa disposition ne m'a pas permis de pousser aussi loin mes recherches. Mais ce qu'il y a de positif, c'est que le li(|uide de la cavito generale pre- sentechezces animaux des mouvements tres semblables a ceux du C'nara. Ce iiquiderenftrmc des globules que I'oii voit se mou- voir, enfraine^ par des courants qui longenl les parois du corps, et I enetrent. jusque dans l;i duplicature de la trompe, quand celle-ci est a demi sortie. Je connais^ais ce fait depuis mon sejour a Brchat, mais jel'ai revuetmontre a M. Robin, sur un petit Si- poncle apporte vivant par ce naturalisie. » III. Sur la classification des Annelex — « Dans les diverses methodes proposees pour la classitieatiou des Anneles, on n'a pas suffisamment tenu compte, ce me senibie, de la separation des sexes ou deleur reunion sur un merae individu. Deja cette consideration m'avait conduit a diviser en deux grands groupes la classedes Turbellaries. Mais depuis il m'a paru qu't n I'appli- quantau tous-embranchement des Auneles, on pouvait mieux que de toute autre maniere se rendre compte des rapports exis- tnntentre les groupes secondaires. En agissant ainsi, on voit le sous-enobranchement se diviser naturellement, pour ainsi dire, en deux series qui possedenta la fois des lernies currespondnnis ct des iermes qui leur sont propres, au moins dans I'etat acluci de la science. Void un tableau qui fera comprendre nofre pen- see, les Iermes correspondants ayant ete places vis-a-vis les uns des autres et I'absence de ces terraes dans une des series etant indiquee par des points. 78 Annel6s a sexes sdpards. Annel^s ^ sexes r6uni». Annclides. Lombrines. Rotnteurs. Gephyriens. .... (l). Hirudines. Miocoules. Turbellaries. Nematoides. Acanthocephales. Cestoides. » Dans ce tableau, le groupe des Annelides comprend les An- nelides errantes et tubicoles en entier. Celui des Lombrines correspond aux Annelides terricoles, sauf quelques exceptions resultant d'observations que je n'ai pas encore piibliees et qui portent sur quelques especes marines {Polijophthalme). Le groupe des Turbellaries comprend lesDendrocales et les Rhab- docales. Toutefois, je crois devoir faire quelques reserves pour ces derniers encore si peu counus. » Troisdes groupes compris dans la premiere serie (A'^ema^oj- des, Acanthocephales, Miocoules), deux des groupes compris dans la seconde {Turbellaries, Cestotdes), ont leur systemener- veux abdominal compose de deux chaines laterales de ganglions. Ici reparalt pour la division de cliaque serie, pour la distribu- tion des groupes aberrants, I'importance de ce caractere deja employe par M. Milne-Edwards. " De ces deux series, la premiere [A. a sexes separes) est evi- demment la plus importante par le nombre des types secondai- res qui la composent, par une plus grande variabiiite de ces ty- pes, etc. Elle n'estpas d'ailleurs sans relation avec les Articules, earii existe entre les Myriapodes et les Annelides errantes des rapports qu'il suffit d'indiquer ici (systeme nerveux, circulation, Evolution desjeuncs ....). La seconde serie, au contraire, s'e- carte tout de suite beaucoup des Articules; ses types secondaires sont moinsnombreux, moins variables. En revanche, elle sem- ble compenser cette inferiorite par la multiplication extreme des especes qu'on observe dans ses deux derniers groupes. » (I) II pourrait bien se faire que los Boneliies fussent le terme correspon- dant des G6phyrieus, si eiles ne doivent pas 6lre rallacb6es k ce genre lui- merae* 79 [Seance du 18 ao'dt 1849. Mecanique. — M. de Saint-Venant communique a la So- ciete un calcul approche de la viiesse etc. , siir les chemins de fer a air cotuprime, specialement sur b; cheniin du sijsteme de M. Aiidraud. Daas ce systeme, doDt i'objet principal est de supprimer les locoraolives, et de se servir, pour la propulsion de convois le- gei's at frequents, il'approvisiounetnents de force motrice obte- nus des agents naturcls, teis que ie vent et les chutes d'eau qu'ou aura pu utiiiser aux environs de la ligne parcourue, Ie raouvf lUfUt est communique par un tuyau de matiere flexible, plate au milieu de la voie, et ou Ton introduit de I'air com- primea 1 ou 2 atmospheres de plus que la pression exlerieure, de raaniei e qu'en se gontlanl progressivement il pousse un rou- leau qui poat! sur sa partie encore plate et qui est lie a la premiere voituredu convoi. Soient Q Ie poids total d'un convoi, v sa vitesse en metres par seconde, A la surface qu'il offre k la resistance de I'air (3 me- tres Carres plus autant de fois 1 metre qu'il y a de voiturcs hors la premiere) ; i la pente supposee ascendante du chemin. Soieni p la pression de I'air interieur a I'cxtreitiite de la pari ;e goo- flee du tuyau , to la section transversale de cette partie du tuyau, P la pression exterieure de I'atmosphere , enfin R la petite resistance horizontate que la matiere du tuyau oppose k son ouverture par gonflem( nt. On a , en egalant la puissance de propulsion parallelt^ a la voie a la resishwice a vaincre, evalu^ed'apres les bases adoptees par presque tons les ing^- nieurs (1) , cette equation exprimant que la vitesse acquise varie pen ou point ;;w=Pw-|-R4-Q(0,004-f-i)-l-0,066Ai;2. La pression /?, qui enlredans Ie premier membre, depend de la pression dans Ie reservoir alimentaire du tuyau propulseur, de la longueur deja gonflee de ce tuyau , et de la vitesse. Soient / cette longueur variable, et »P cette pression alimentaire, ou (1) Deuxiume Edition du Trail6 des locomotives de M. de Pambourjt Anualetdes ponls-et-chause^es, premier* semestres de 1847 et iS48. 80 soit n le nombre d'atmosplieres auquel I'air appiovisionne a ete comprime. La pression inconnuo dans le tuyau depend aussi du rapport entre sa section m et les sottions plus petites w' et &>" du tube court qui y ameue I'air du reservoir, etdii robinetd'ia- troduction de I'air dans ce tube de communication, ainsi quedu coelfieient m de la contraction que la veine fliiide eprouve en en- trant dans le robinet, car ces elements influent sur les pertes inevitables de force vive qui ont lieu entre le reservoir et le tuyau propulseur. Soient, encore, q la pesanteur, 6 le coefficient par lequel il faut multiplier la dcnsite elle carrede la Vitesse dc I'air pour avoir son frottement par unite superfieiellede parol du tuyau, xle perimetre de la section du raerae tuyau, enfin n la pesanteur specifique de I'air exlerieur, ou le produit de sa den- site par g. On aura cette equation approchee,ensupposant,conformementa ce queM.Poncelet a conclu d'experit^nces faites pour un objet sem- blable k celui dont nous nous occupons ici (l), quel'eeoulement s'opere a peu pres comme celui des Guides incorapressibles et en negligeant le frottement de la paroi du tube court de com- munication : Subslituant, dans cette equatio)-, la valeur f!e la pression /) tiree de la precedfnte, et remplacant les quantiles connues par leurs valours numeriques l'' ''OO r/rr9",809, Sz=0,003, P= 10330^,111= '-^^ , l-f0,004& Oa a, en supposant la tcmpeiattn-e 6=112 degrcs ', : |_ w "^yn/M / y&) / Kw to _j :=icS80o(,-lV..S857''+Q"'''"'-'+''. \ 11/ 11 (,i Celte Equation fournira, pour un convoi donne, et pour des grandeurs determinees des sections u, u' du tuyau et du tube (1) Comples-rcndus dc I'Acati. des jcicnc, 21 juillct 18/15, tome 21, p. 182 el 197. 81 alimcnlaire, Ics valeurssuccessives que preudra la Vitesse v sous I'action d'uu uorabie n d'atmospheres dans Ic reservoir debou- chant dans ie tube de communication par un robinet dont I'ou- verture, reduite par la contraction, a une grandeur »»«". Elle fournira , reciproquement , Touverture du robinet pour avoir une Vitesse desiiee, etc. Par exeraple, pour un tuyau ayaut 0"',24 de largeur c> vide, oudonnaut y;;=zO''\'\%^ et offrant, lorsqu'il est gonfle, la scclioa w d'un cylindrc de 0'", 15 de diametre, ce tuyau etant alimente par un tube court ayaut unn section w' quatre fois nooindre, cu debouche un robinet dont I'ouvertureconlractee Hiu" est raoitie de oj', un convoi de 4 voitures pesant ensemble 10 mille kilo- grammes preudra, si la pression est de 3 atmospheres dans Ie reservoir (ou 2 de plus que la pression de I'air exterieur) et si Ton suppose de 10 kilog. la resistance passive fixe R; preudra, dis-je, une vite^sede 25n),r>0 par seconde (ou 23 lieues a I'heure) vers Ie commencement de sa course sur Ie tuyau ; mais cette Vi- tesse se reduiraa I7"',50 (ou 15 lieues f) apres une course de 1000 metres, qui est la longueur que M. Andraud a I'inten- tion de donner a chacuu de ses bouts de tuyau. Un convoi double, ou de 20 tonnes, preudra une Vitesse de 19™ I encommencant, Vitesse qui se reduit a 14 ', par seconde a la fui. Un convoi de 5 tonnes seulcmeut preiulrait une vitesse de 32"" ^ se rcduisant ensuite a 19"' {. Pour que la vitesse prenne et conserve coustamraent ces troig deruieres grandeurs(17'",50; 14'",50; 19"',50)il fautque Ie robi- net s'ouvre graduellement, en sorte que Ie rapport — ,, soil 3,45 au commencement et ne descende a 2 qu'a la fin. Si Ton veut laisser au robinet une ouverture constante il faut, pour quela Vitesse nedecroisse pas rapidement,que cclte ouver- ture soit faible, afln que les trois termes entre crochets repre- seiitaut les pertes de force vive et la resistance de I'air I'em- porteut sensiblement sur Ie termerepresentantle frottementcon- w tre la parol du tuyau. Si I'onprendparexemple =: o, ee qui reponda un rapport d'eu\ iron 1 a 2,2 entre Its diametresdu ro- Extrait de I'luatiliit, v serlion, d8W. 11 82 binel etdu tube court d'iutrodaction, le convoide 10 tonnes aura unc Vitesse de 13'", 4 dans le commencenQent, ct de ll",G5a In fin dn parcours do 1000 luetics, au bout duqiiel le rouleau pbl suppose passer sur un autre bout de tuy.tu : les vitesses eonespondautes du convoi de 20 tonnes seront 11"', 70 et 10™, -10 ; cellts du convoi dc 5 tonnes seront 14'", 4 et 12"\5. La pression, au bout du tuyau, on a 1000 metres de son ori- gine, estde l^'"'-,^7 dans le premier cas, l'"'"',S8 dans le second et i''""-,39 dans !c troisieme. Seance du 25 aoUt 18^9. Physique. — MM. de La Provostnye etP. Desains comniuni- qui lit les resu!tats d'un travail entrepris pour determiner la proporliou de eh'leur polarisee contenuedaos uu rayou refleehi „ ,, siii2 n — j-\ surle verre. — Designons par 1\ 1 expression . „ '. , — et par ■ ' • sui^ (<-]-'■) tang2 (i — ?■) IV rexprossion r-rr-i — r. La quaulite de ehaleur naturelle t;.ng2(«-f-r) ' ' lOfleehicsiir le verre sous Tangle / est representee par ^;(R4-R')- D'apres la theorie, la quantite de chideur polarisee contenuc dans ce rayon redecbi est ^(R— R') et la proportion de ehaleur polarisee contenuc dansle rayon est par consequent ^. lis out veiifie. dircclcment qu'cffectivement eelte expression repiiisente bien les nombres par ['experience A 80° eetle fraction a pour valeur 0,40 \ Etcesontprecise- A 70° — ■ 0,7f)'/ ment les rapports A 5G° — 1,00) observes. j lIvDRAiii.TQi'K. — M. dcCaligny eommuniqufi uiie note sur un nioyen de siniplifier la nouvelli! roue itydrauiiqne osciHnnlc qu'il a presentee a la Soeiete le in jnnvier dernier. On renvoie pour abregcr a la note instr(5e dans Vlmtinu. Celte roue a pour but d'uliliser la pression de I'cau du bief siiperitur , ct d'empluycr la Vitesse acquise de celte eau a aug- raenter la pression qui s'exerce sur les aubes, en vidant la roue ii^^unc certaineprofondeurau-dcssous du niveau du biel' d'aval. 83 Elle est entouree de tuyaux, alternativeracnt bouches et debou- ches, parce que leurs orifices vienncnt aUernativcment s'engnger sur des surfaces fixes. I! y a lieu d'espercr que Ton pourra sup- primer la surface fixe, d'sposee dans le hief supericur, et pro- duire d'line maniereconvenable ies o<:cillations dc dcchnrf/cqm I'oiU la base de ce systeme, au nioyeii de la scule disposition dis surfaces fixes du bicf d'aval, et en employantd'aillcurs unc roiu; parfaitement analogue h celle qui est decrite dans la note du IG juiu dernier, cequi sera beaucoup plus simple. Les aubes ou Ies surfaces qui en tiennei)t lieu, apres s'cfro degagers d'uu coursier ordinaire de rouede (Ote, continucnl a passer entre deux surfaces vcrticales fixes qui se pro'onfent au- dessus du niveau du bief d'av;il jusqu'a utie certaine bauteur. Quant au fond courbe du coursier, il est interrompu jiisqu'au point oil i'on veut que la surface de Teaune puisse pas rqntrer dans la roue apres roscillation de decharge. A partirde ce point, I'aubc se trouveengages dans un vei itable fuyau quadrangulaire forme detrois parois fixes et des surfaces formantle fond de la roue en mouvement. Les deux surfaces verticalcs fixes, qui peu- vent efre chacune la parol d'un mur, au deM du point ou se ter- raiuc la paroi courbe du coursier ordinaire, sont reunies au moyeii d'une troisicme surface qui leur est perpendiculnire ct qui sc raccorde avec la surface courbe sur laquelie les aubes doivent venir s'engagcr apres etre sorties du coursier ordinaire. II y aura ainsi au-dessous de la roue un veritable tuyau a sec- tion quadrangulaire ayant trois laces, par Icquel la decharge se fera en sens coutraiie du mouvenicnt de la roue. Un des incon- venients des roues dc cote consiste en ce qu'il faut laisscr uii certain jeu entre la roue etle coursier, ce qui est une cause de perto d'cau. Or, il faut de plus avoir egard ici a ce qu'il est bon que I'air puisse circuler au-dessus dc la colonne oscillante, peut-elre par un espacc encore plus large que celui qui est nc- cessaire au Jeu de la roue. Au reste, il ne s'agit dans eette note suecincte que de hien indiquer un principe, sans lever toufes les difficultes d'exeeution. Ainsi, dans certainos limites, on pourra tenir comptede ce que, si I'eau tend a rentrerdans la roue aprfes I'oscilln'ion de decharge, la roue fuitdevant clle avec une cer- taine Vitesse, ce qui diminue quelqurs inconvenients parlicu- licrs. Sans doiUc rcxpcrienccseule peutconfirmor ledegred'utilile dc la simplificaliou indiquee dans cclte nolo. II y aura des mou- vementsparticuliers tres difficiles a soumettie ;iu calcui, tandis qu'on peut prevoir immediatement Ic resultat approximatif de la disposition decrite dans la note du IG juin, et qui consiste a former les aubes d'nne surface courbe serpentante sans oscil- lation de decharge. On peut d'ailleurs f lirc de la roue un tam- bour, dans le cas oii les surfaces pourraient etre assez imper- raeables, saus quo cela rendit la machine trop lourde. Mais en supposant meme que, pour obtcnir unc bonne oscillation dc de- charge, il fallut conscrvcr unc f artic de la surface extcricure des tuyaux quadran{i[ulaires formes, dans le princIpe, des parois de la roue; d'apres la note du 1 3 Janvier, on pourrait en supprimtr line longueur notable. La surface fixe sur laquelle les aubes \icnnent s'engager a partir d'une ccrtaine profondeur au-des- sous du bief d'aval, sulTit pour f.iire le meme effet, jusqu'a un certain point, dans des limilcsque rcxperience scule, il est vrai, pourra determiner. Enfm on pourra supprimerles parois planes verticales mobiles qui formaient deux des parois de chaque tuyau partiel au raoyen des couronnes de la roue. De sorte que, dans certaines limites de iar^fjeur de la roue, I'eau du bief supe- rieur entrera entre les deux faces courbes qui resteront a chaque tuyau partiel, sans qu'il soit absolumeut indispensable de cora- pliquer le systeme, en I'introduisant au moyen du genre parti- culier d'oscillation decrit dans la note du 13 Janvier. Comme il est probable qu'on pourra s'en tenira la disposition indiquee au commencement de cette communication, il serait interessant d'etudier quelle serait la couibure des aubes ou des surfaces qui en tiennent lieu la plus avantngcuse pour penetrer dans le liquide du bief supericur, lorsque les niveaux sont assez variables pour qu'on ait a s'occupcr bien serieusement de la re- sistance du milieu. En effet, il ne suffit pas de savoir que le fond de la roue aura pour section perpendiculaire a I'axe une espece de courbe serpentante, il faudrait savoir quelle en sera la loi, Bien que Ton ue puisse le cnlculer a priori, il est au moins in- teressant d'indiquer a cc snjct des experiences de L(5on ird de Vinci qui peuvcnt metfre sur la voie. Tl fit construiro plusieurs modeles dc bateaux, tt rcmarqua, ainsi qu'on dcvait ic prevoir 85 cVapres la forme des poisson«,que la rosisfancccUi milieu liquide clait plus grande quand un mome bateau etait trnine Ic boul le plus aigu en avant, que lorsqu'ii etait traine en seas contraire. II trouva aussi que la resistance etait plus grande que dans ce dernier cas, lorsque les deux extremites etaient aigueset syme- triques. li y a done lieu de penser que la roue a combe scrpen- tante devra etre disposee de manierc que chaque venire soit plus renfle en avant qu'en arriere. L'etataetuel de nos eonnaissances ne permet pas d'ailieurs de determiner exacteraent une loi qui nc pcutqu'etre indiquee d'unc maniere plus ou moins approxi- malive. Seance du 17 novcmbrc 18i9. l\\. Bravais communiriuea h Societe la suite de ses reelurclies cristallographiques. II rappclle dans quels cas la theorie indi- que que lo phenomene de Vhciniedrie doit se produire (commu- nication du 7 juiliet 1S49) ; il ajoute que la classification ainsi ohtcn'jei'accorde avee cello que M, Franlvenheirn a publice dans le tome LVl des Annates de Poggendorff. M.xBravais propose desubstituer au terme hem'iedrie le terme plus vague de mcncdr'ic qui indique une reduction dans le nom- bre des faces des formes cristaliincs, sans specifier quelles sent ces formes, ni dans quel rapport la reduction s'opere. La merie- drie provient de ce que la molecule du cristal ne possede pas tous les elements de symetrie (axes, centre, plans de symetric) dd'assemblage cristallin. Lorsque la molecule possede tous les axes de symetrie de I'assem.blage, I'auieur la designe sous le nom de molecule Iinloaxe. Exemples : la molecule ilont le symbole est (L,,L'2, L"o, oC, OP) est lioloaxe d.ms le systems binaire ; la molecule (As, 3L,, C, 3P), la mokcule {A,, 3L. oC, oP), sont holoaxes dans Ic syste.me tcruairc. La molecule est dite hcmiaxe si elle a au moins un axe de symetrie qui luisoit commun avec I'assemblagi^ pourvu que le numero d'ordre de la symetrie de cetaxe soit le meine dans I'as- semblageetdans la molecule. Exemples : la molecule (4L,, 31,,, oC, oP) qui crislallise dans lesystemetertiuaternairc est bemiaxe dans cesys erne; li molecule (A , 2L,, OC, 2P) e^t hcmiaxe dans Ic syslcmc quateruairc. 80 La molecule est dite tiiarioaxe^ si elle n'a dc commun avec I'assemblage que desaxestlont lenamcio d'ordie devieut raoin- dre, en passant ds {'assemblage a la molecule. Exemples : les molecules (A-,, oL,, C, OP), (A=, oL., oG, n) sont tct.irtoaxes dans lesystemesenaire, dont le symbole est (Ac, 3L:, 3L'., C, n, 3P, 3P'). Toutcs les molecules des corps reutrent dans Tunc des Hois categories preecdenfes. La molecule qui ne posseie ni cfntre ni plan de symetrie, mais seulement d( s axes de symetiio, est appelee par M. Bi'a- vais monoarjmelriqne. Exemple : l.i mole^-ule (L, , L's , L"., oG, OP) est monosym^trique dans le sys^eme terbinaire. La molecule qui possede, outre les axes, un centre ou au moins un plan de symetrie est dite Tpohj'iymetriqHc. Exemples : la molecule (A^, OL., C, li) dans le systene quatornaire ; la mo- lecule (4L3, 3L:, OC, GP) dans le systeme tcrquateniaire. On deduit de ccs definitions la classificaHon suivante des mo- lecules des cristaux : Holoaxes polysymetriques ou holoedriqucs. groupe I Iloloaxes monosymetriques groupe H Hemia\espolysyme!riques groupelI[ Hcmiaxes monosymetriques groupe IV Tetartonxei polysymetriques groupe V T6tartoaxcs monosymetriques groupe VL Avant de pjsscr outre, i! faut distinguer trois sortes de for- mes cristallines, quionl necessite pareillenient une termiaologie nouvelle de la part de I'auteur : l"La foini:j oblique^ dont les faces ne sont ui parallcles, ni perpendiculaires aux axes de I'assemblage , et dont le nombre de faces est dDune par la formula lONo-f 6N« + 4^^ -(- 2^, + 2 (Seance du 17 mars 1849) ; 2° La iormo. parallctc dont chaque fice est paralielea unaxe de symetrie de I'assomblnge : si cet axe es^t d'ordre pair, la forme sera dite urthnparallclc- j 3° La forme j(o/7»n/e,dont chaque face est normnlcci un axe de symetrie de I'assembltige : si cetie face est en mfeme temps parallele a un axe d'ordre pair, la forme sera dite norvialc or- thoparallcle. 87 Le theoreme suivant sert a deduire le uombre des faces des formes parallelcs ou uormales du nombre des faces de la forme oblique du meme systenae cristallin, dans tons les cristaux ho- loedriqucs (j^roupe I). « La forme oblique d'un crista! holoedrique ne conserve que la » moitie de ses faces, en devenant orthoparallele ; elle ne con- » serve que - du nombre de ses faces, si elle deviant normale >' a uu axe d'ordre 7, sans ctre en meme temps orthoparallele ; >' cnfiu die ne conserve que la fraction — , si elledevientnor- 2,/ » male orthoparallele. » Quelques exemplcs eclairciront cet enonce. Prenons les formes paralleles du systeme senaire. II y a, dans ce systems , trois cspeces d'axes d'ordre pair; done aussi trois rspei'cs do formes orthoparalleles : 1° La forme parallels a I'axe senaire, prisma dodecaedre in- (lefmi ; 2° La forme paraliele au\ axes binaires de premiere espeee, birhoinboedre de premiere espeee des aiiueralogistes ; 3» La forme paraliele aux axes bin.iirts de deuxicme espeee, ])irhomboedre de deuxieme espeue des miueralogistes. Ces trois formes sont a 12 facts, tandis que la forme oblique (didodecaodre) eu a 24. Ces formes n'en sont pas moins holoe- driques, parce qu'elks possedent toutes les faces qu'elles sonl Kiisceptibk'sde posseder. Prenonsmaintenaut les formes normales du systeme terqua- tornaire. Ce systeme a aussi trois especes d'axes ; il y avra done trois especes de formes normales, et il est facile de voir qu'elles soiit en meme temps orthoparalleles ; 1° La forme uormalc aux axes quaternaires ; c'est le cube. Le coefficient de reduction du nombre des faces doit etre — rz — 27 s. Le cube offrc en effet six faces, au lieu des 48 faces que com- porlent les formes obliques ( he.xakisoctacdre ) de ce systeme cristallin ; 88 2° La forme iiormale aux axes teruaires; octaodre regulier. Le coefficient de reduction sera— =: — ; huit faces au lieu 2(1 G de 48 ; 3° La forme norraale aux axes binaires ; dodecaedre rhom- boidal. Le coeffient de rMuction sera — zz — ; douze faces au lieu de 48. On peut trailer de meme tous ies autres syslemes cri.staliiiis. Passons mainlenaut aux cristaux meriedriqucs, et a la reduc- tion qu'eprouve le nombre de leurs faces , dans cliaque forme. 1«''Theore.me , rdal'if aux formes obL'ifjuex. « D;ms ies cris- M taux meriedriqucs , le nombre des faces de la forme oblique » est reduit dans le rapport de 1 a 1 , pour Ies cristaux dcs » groupes II et III ; dans le rapport de 1 a | , pour Ies cristaux » des groupes IV et V ; dans le rapport de 1 a i- pour Ies cris- » tauxdu groupe VI. » 2^ Theoreme, relatif aux formes paralleles. « La forme pa- » rallfeic a I'axe L^ aura moitie moins de faces que la forme » oblique du cristal , si elle est ortboparallele et si de plus le i> plan normal ix I'axe L, est un plan de symetrie du polyedro « nioleculaire ; dans le cas contrairc , le nombre des faces sera » le meme que pour la forme oblique. >> 3= Theobeue, relatif aux formes normales. « La forme nor- ■» male a I'axe L^ aura moitie moins do faces que la meme forme X normale n'cu a dans Ies cristaux boloedriques du niemc u systeme , si le polyedre nioleculaire ne possede ni centre de ■» symetrie ni plan de symetrie normal a L^, ni axe d'ordre pair » normal a cet axe ; dans le cas contraire, la forme normale » oonservera toutes ses faces. » Tous ies cristaux connus on ce moment comme doues d'un pouvoir rolatoire opUiiue appartiennent a la categoric des cris- taux monosymctriques. Cet enonce est plus general que celui doniie reccmment pur iM. Pasteur (Seance de I'Acadcmie des Kpicncos du 17 septcinbre 1849), et qui consiste en ce que ies wrislaux a pouvoir rolatoire doivent avoir des formes bemiedri- •qf.ues dl, M. Ch. Deville et iM. Brame lui-meme.Or, d'a- pres M. Biame, les soufres qui emcllcnt Ic inoius de vapeur sont en general les plus deuses. 3" En m6me t mi)S que la dmsite s'accroit et (|ue remission dc vapeur diminue, la ebalcur, dcgagee pondaul lu combustion, 91 dimiime egnlemenl ft dnns Ic nienie rapport ; il en cstde meme de la chaleur specifique (1). 4* Cependant la qiiantile de vapeur, emisc a la temperalure ordinaire par Ic sonfrc, sous divcrses formes, est loujoursmi- niinc, et ii'est pas en rapport ponderni sensible avec I'accruis- sement de dcnsite et la diminution de caloricite. 5° Lfs actions cliimiques sont en general d'autant plus encr- piques que la densite est moindre et par consequent que Ic sou- Ire, dnns chaque etat moieeuiaire, est plus reecnf. De cc qui precede, il doit resulter et il resulte : Que le soufrc n'arrivc que trcs lentcment au minimum de cohesion ; ce que M. Deville av.iit dcj> II peut se vernisser ct devcnir plus friahle par Taction de la lumiere solaire ; (1) D'apies MM. Favre et Silbermann, le soufre cristallistS ancicn, le soiifre mou de trois mois, le soufrc crislallis6 dans ic sulfure dc carbone, celui du polysulfure d'liydrogene et enfin le soufre iiatif d^gagent en briklaiit uii iiom- bre de calories i peu prts egai. Au contraire, le soufre crislaiiise h chaud et le soufre mou donnent un chiffre de calories plus 61eve de 40 unites. La clialeur sp6cifique des cristnux transparcnts bruns est i ce!le descris- laux opaques et jaunes approximalivement comme 1,021 : 1 ( Scliecrcr et Marchand ). Dans rexpfirience de M. Regnault sur la solidification du soufre mou, par rapplicalion d'une clialeur au-dessous de 100°, la pcrle de chaleur sY'i^ve Si 16° au inoins 92 » II se ramollit par la chalcur liumide (eau a 100" el nu-des- sous) et cnsuite il devient du:'; npres cclail ii'cst plus ();din;ii- ement ramolli par I'eau houillaiite ; » Lorsque le soufre durci se vcrnisse, lorsque des iitricules cristallisent, etc., Ics actions chimiqiics peuvent etic altcreesou m6mes abolies : ainsi la vapeiir du mrrcure, ctMle dc I'iode , celie d'auires corps sont absorbers avec facllite a la tempera- ture ordinaire par le soufre inou , le soufre durei terne, les ai- guilles de fusion transparentes , ou le soufro ntriculairc, avant la cristallisation ; ces meines vnpeurs nc sont plus absorbecs, ou elles ne le sont que par exception , lorsque le soufre durci s'est vernisse, lorsque I'ulricule a eprouve la metamorphose crislal- line , ou lorsque les aiguilles de fusion sont devenues opaques. » Relativemeut au soufre vitreux amorphe, M. Brameaobteuu un pareil soufre ( rccouvert d'une gangue opaque, raais vitreux h I'interieur ). Pour le preparer, on coule du souive visqueux dans du sulfure de carbone , et on abandonne la dissolution a une evaporation tres lente. M. Brame observe que, dans ses re- cherches importantes sur les densites da ioufre , M. Deville a pris la densite d'un soufre vitreux , qu'il a trouve a la Guade- loupe et qui etait revetu d'une pareille gangue ; cette densite a 6te trouvee 2,039 ; c'est-a-dire qu'elle est scnsiblemcnt infe- rieuro a celle du soufre vitreux ordinaire, qui peutaller jusqu'a 2,075, d'apres M. Bramc. La faible densite du soufre vilreux de M. Deville sembic indiquer que la condensalion u'y est pas encore complete ; i! est probjible qu'il on estde merae du soufre vitreux artifioiel ; etM. Deville croit, comme M. Brame, que I'etat utriculaire peui y persister. D'ailleurs, nombre de soufres vitreux , cristalliscs ou amorphes, emeltent de la vapeur a la temperature ordinaire , bien qu'ea tres petite quantite, ct tous peuvent etre devitrifies, d'apres les observations de M. Brame, par uuechaleur infcrieure a celle de la fusion ; dans co c. s iu soufro vitreux devient opaque, sans se desogreger ni se ramol- lir, tandis que par la fusion il forme les aiguilles ordinaires. De tout ccla il resulte : « 1° Que souvent le repos dans lequel semblent les molecules de soufre n'est qu'apparcnt ; X 2" Que nous ne connaifsons pcutttrc pas le soufre, dont 93 Ic's molecules serait'iit cu cciuiliblc slaliquc, mnis Ics aijiuillrs tie fusion et le sor.fre dnrd nncii'ii , los uti-iciiIi'S cri.vtaiiisets en .ipprochent probnblemeiit Ic plus ; » S'' Que Tetat cristallin octacdrique ne paralt pas etre lo lermc necessaire vers Icquel tendraienl toutcs !rs antres formes du soufre , la tendance scrait reellement virs I'etat compaclc , amorphe ou cristaUin, vilreux ou opaque \ r> 4" Que la forme et I'etat utriculaire sont le lion necrssaire des faits exposes precedemment, et dcs trois premieres conclu- sions. » II. lilnl nlr'iculaire da soufre. Intcrprelnt'ion d-; ilivers plienomcnes qui s'lj rapporlcni. M. Brame a vu des ulricules de soufre, nviintenurs qiialre a cinq mois, eprouvcra volonte la metamorphose cristiiliiie ; 11 a montre, a plusicurs membrcs de la Societe, dcs utriculos couser- vees depuis plusieurs annees. Non-seulcmenl M. Brame a reconnu que , sous la pluparl de sesformes,lesoufreemetdela vapcur ^ la temperature ordinaire; mais il a vu aussi que, sous toutes les formes, 11 emet de la va- peur blanche , caracterisee par ses depots nu-dessous de 100" ; le soufre mou en produit meme en quantite notable des 46", et il en est de meme du soufre utriculaire (1). II njontre ues utricules, qu'il forme, devanl laSociete, en di- visant rapidoment, avec le doigt, une goutte de soufre liquide sur une lame de verre. Un certain nombre de ces utrici les cris- laliisent inamediatement, et plusieurs donncnt ainsi dcs oct.e- dres h base rhoiiibe. II fait passer sous les yeux des membrcs des dessins qui representent les resultats obtenus en partillc circonstance, ( Utricules en lignes parallelcs, lames cai icis ou obliques? octaedi'os formes immeliatemcnt dans les utricules Ic plus rcfroidies; utricules couvcrtes de pctits prisnies ou em- brassees pir des cristatix, etc. ) Tv but principal de crite ( xpe- ricnce (st de montrtr que, p.ir la grande division que le soufre (1) L'utricule est la forme souslarniclic Ic poufre 6met le plus ilc vapeur, et cela dfes la lcmp<5raluic ordinaiie. Avec quelques centigrainincs de soufre lUriculaire en pent obtenir une quaiilil^tte vapeur dc soufre condensee, sensible & la balance. eprouve, au moj'cn de la pression et dc la traction simultanees, il se change en utricules qui se conservent moiies pendant un temps plus ou moins long. M. Brame fait voir aussi des dcssins, repiescntant du soufre mou', dans lequel on a fait apparaitre des globules utriculaires par les actions meconiqucs, la clialcur, Ips dissolvants, etc., ct dont le tegument avail une texture evidemment utriculaire. D'un autre cote, le soufre raou , rel'roidi sur une lame dc verre, de maniere a retouriier vers la temperature de la fusion, donne frequemmcnt des octaedres , en grande quantite , lors- qu'on vient a sepnrcr me aniciucmcnr, au moment oil I'adhe- rcnce commence , la portion de la matiere qui est encore li- quidt • le soufre adherent cristallisealors en octaedres; M. Brame moutreuneiaraecouverte d'octaedres obtcnusde cttte maniere. iM. Brame sc resume ninsi : rermanencc de I'etat utriculaire. Vapeur de la plupart des furnics du soufre, a la lemperaUirc ordinaire. Vapeur de toutcs les formes, au-dessous de 100°, ct dc IG" pour le soufre mou el le soufre utriculaire. Formation des utricules, par la simple division du soufre ii- quide. JNature essentiellement utriculaire du soufre raou. Et il dit que, suivant lui, cela explique : § I. 1° Les variations de la densite (l) entre le soufre raou, qui a la densite la plus faible, et le soufre durci ancien, les ai- guilles dc fusion anciennes et les soufres vitreux cristallises ou amorphes qui onlla densite la plus forte; i:° La variation du point de cristallisation (104", 108", 115°) ct la surfusiou; 3" La chalcur degagee pendant la cristallisation , eslimee a 1",5 par MM. Scheerer et Marcband, raais qui est bien plus considerable , sansetrc en quantite constante (Brame) ; (d) Densite de diverses formes du soufre. — (n) S. inou. 1,87 i 1,9319 (Brame), 1,9277 (Dcviile), 1,955 (Scliecrer et Marcliaiul). — (A) Soufre durci aiicien : jusqu'i 2,06 {Dc\i:le, Brame). — (f) Crislaux de soufre na- lif: nicme dcrisile que le soiifreduici ancien (Soiircrer ct Marchand , Branic). — (li) Quel'jues soufres vilrcuN yniorplies : jiis(|u'i 2^075 (Brame). ^^5 4" La metamorphose dcs ciislauK bruns, ou des eristaux jau- ncs transparents , qui deviennciit opaqiu'S et jaunes; 5° La contraction des eristaux biuiis (i ,3>j5), celle des eris- taux jaunes; cellede la masse cristalline, produite par Ic soufrc foudu brun ou jaune, L'augmentatioa de densite qui en est la suite, et cela, soit qu'on abandonne le soufre a la simple action du temps, soit qu'on h^te la modification par la clialtur, la lu- mierc, ies actions mecaniqiies, etc. ; C L'experieiice si eonnue et si remarqurible de M. Regnauit «ur le soufre mou. Elevation de 1 1 temjcralure du soufre mou , dans un espace chauffe a QS-QG", jusqu'a 110°; et au-di ssous de la temperature 93-96°, la marche plus rapide du thermome- trc , plonge dans le soulVe mou ,• 7" L'lxperience de M. Woehler : le ramollissement du soufrc mou a 70° (1), celle de M. Brame : le ramollissement du soufre durei , surtoiit vers If tegument, d.ms I'eau bouillanto; ordinai- rem^ntce ramollissement nc pent se renouvelcr, ou du moinsil ne se renouvellequ'une seule fois; 8" Le ramollissement de la fleur de soufre , lorsqu'on cherche ^ la diviser dans un mortier; 9° La phosphorescence de la fleur de soufre , chaufiee sur une briquechaude ; 10° Le bris du soufre en canons , soit qu'on le tienne entn; Ies mains, soit et surtout par I'application d'une tem] eraturc; plus clevee. — L'opacilication des eristaux nalurels dans Ies me- mes circonstances. § II. Cela donne des indications pour expliquer : (a) L'exception preseu'.ee par le soufre , dont le coefficient de dilalalion diminue par uue augmentation de temperature (Des- prelz). [0) P, r cela meme Ies experiences de M. Dumas, celles de Fraiikenheim,et I'experience suivaute, que rapporte M. Brame, et qui lui appartient : en mettant en contact du soufre durci avec (1) Aiiisl ramoHi, le soufre mou pcul se conferver encore longlcmps; Ies variaiioiis de iPiiiiieraUire sent litis pcu cflicaces pour en dL'terniiiier la mtHa- nioiiihosc; la liuiiierc est au coiitruiie lixs active, non-seulcintiil la luinit:re solaire, cequi a i'lii cnlrevu , niais niLiiie la liiniiOrc dillusc, (jiii agil rapi- dcmeni. 9G de la vapeur de soufre , a unc temptiaturo infiirieure a 200 ', li soufre durci redevient transparent et mou. (c) Diverscs proprietes du soufre mou et notammeut les effets de la trempe, daus differeuts liquides (eau, ether, essence de terebenthine , sulfure de carboue , ammoniaque , etc.). Dans I'ellier 1 1 1'essenc-' de terehenthine, ie soufre durci est blauc, tan- dis que la parlie di>soule se depose sous forme de cristaux jaunts ou jaunatres. ((/jCequl vii'iit d'etre rapporte eu dernier lieu {c), porte a croirequ'on pcut -^xpliquer aussi de celte maniere diverses co- lorations du soufiv. (jaune, brun, verdatre, etc.). § III. Mais tout cela infirme les opinions de Berzelius et de M. Fraiikeiilieim snr les elats du soufre, dits altolropes par Ber- zt'lius, que M. Frankenheim a desigues par les lettres a, j3, y, et auxquels on aassigneles caracteres suivauls : Gaz Elat. Coiisislancc. Coultur. ou vapeur (1). Sysleme molSculaire. S. V. Lic;ui(le. Iiicolorc. Gaz x. Pyramidcs rhomboi'dalps S. ? Liquide. Jaune fonc(5e, — ,?. Crist, nionocliniq. (opuq.) S. -/ Yisqucux. Brune, — y. Soufie mou. M. Brame est amcne par ses experiences a n admettre que deux etats du soufre. Les deux etats sont diff^rents par la consistance, la couleur, la voiatilite, la vapeur, la sohibilite, la densite, Ie point de fusion, la cristallisiHion (peut-etre) et enfin par les actiuns chimiques. Selon M. Brame, cela explique loutes les anomalies apparen- tcs que presente rhistoire du soufre, envisage cjmme corps ^lementaire, d'autaut plus que les deux etats que presente ce corps peuvent se combintr entre eux. En tcrminant son exposition , M. Brame annonce qu'il se prononcera plus ncttement sur la nature intime des deux 6tats que presente Ie soufre, lorsqu'il aura pubiie une suite de travaux sur Itsqucls cette exposition est etablie. Ccs travaux sont rela- tifs a la densite, au point de fusion, a la divisibilite, k la cristal- lisation, a la voiatilite et aux actions cliimiqucs du soufre, etc. M. Brame ne croit pas trop s'avaucer en di^ant que la forme (1) Les gaz -xet ,= OtaieulbypollitSliqucs; legaz v eslla vapeur rouge. 97 et I'eiat utriculaires du soufre jettent beaucoiip de lumiere sur toutes ces questiousqui presentaient jusqu'aujourd'hui bien des probleiT.es delicats a lesoudre. Sur la conlraclion tie la peauel les mouvenients vermiculaires du scrotum , produils par i" eieclro-magnethmc ; par M. le doc^ teur Browii-Sequard. — Tous les physiologistes s'accordent k dire que la contiaclilite du tissu, dont le derma est compose, ne peut etre miseen jeu que par le froid ou par Taction nerveuse. Cette opiuioa est surtout fondee sur ce que I'applieaiion du gal- vanisme au dartos n'a fourni h Jordan que des resuUats nega- tifs. De cette pretendue impuissance du galvanisme , quelques auteurs, J. Muller et Henle entre autres , ont tire la conclusion qu'unc difference essentielle existe entre la contractilite des fibres du derme dartoique ou cutane et celle des muscles de la vie orgauique. M. Brown-Sequardacru interessant de cbercher, a I'aide d'un appareil eleetro-magnetique energique , que M. Rayer a geuereusement mis a sa disposition, si une telle difference existait v^ritablement. Ses experiences ont ete faites sur rhomme et repetees un tres grand nombre de fois. Au scro- tum , la contraction du dartos a ete extreracmeut vive : des plis profonds et nombreux se sout montres, ainsi que des mouve- meiits vermiculaires ou ondulatoires ties rapides. A la peau des membres et particulierement a la face dorsale de I'avaiit-bras , on voit se produire Ic phenomene conuu sous le nom de ciiair de poule : les polls seberissent etleurs buibes fontsaiilicau-debors. II est des individus chez lesquels Taction du galvanisme sur la peau des membres est tres peu prononcee ; chez d'autres , au contraire, et principalement, —chose singuliere I — chez quel- ques paralytiques, elle a existe avec une telle intensite que toute la portion de peau ^tendue entre les points d'application des conductcurs de Tappareil eleetro-magnetique etait couverte de petits mamelons coustitues par les buibes des poils. Dans les cas ordinaires la chair de poule n'existe que dans un cerele peu considerable autour de chacun des points d'application des con- ductcurs. Pendant le passage du courant, ces cercles s'agran- dissent peu h peu. Quand on n'huraecte ni la peau ni Textremite des conducteurs , Taction du courant electrique est bien plus Exlrail de t'lmtilui, i'e section, d8/(9. 13 98 encrgique ct s'elend a une surface Lien plus grande. On voit quelquefois les polls se herisser sans que leu is bulbcs fasscnt une saillie manifeste. De cc qui precede il ressort que la contraclilite du dermepeut etre mise eu jeu par relectricite dynamique, dc mt'me que la contractility des muscles de la vie organiqiie. De plus , la con- traction de la peau et celle du dartos possedent, comme celle du tissu musculaire de la vie orgaaique, le double caractere de ne survenir qu'un peu npres le commencement de I'excitation , ct de perseverer quelque temps apres que I'excitation a cesse. La pretendue difference de contractilite signalee par Miiller et Henle n'existe done pas. M. Kolliker a decouvert rceemment que le dartos et le derme contiennent des cellules allongees, qu'il appelle des fibres-cel- lules musculaires. II a aussi trouve que les muscles dc la vie or{janique ne sent pas composes de fibres lisses , comme on le disait, mais de fdjres-cellules serablables a cedes de la peau. II y a done lieu de se demander si ces fibres-cellules peuvent pro- duirea elles seules les contractions qui occasionnent la chair de poute. M. Brown-Sequard , — se fondant sur ce que le nombre de ces fibres-cellules dans le derme cutane est peu considerable, etsur ce que la contraction envabit quelquefois toutc la peau, qui se ride et se fronceen meme temps que les bulbes des polls font saillie , — croit devoir admettre que le tissu cellulaire lui- raeme est contractile et participe uotableraent aux contractions du derme. Seance du 1" decembre 1849. Sur la vapeur du mcrcurc a la temperature ordinaire ; par M. Ch. Brame. — Tension, ahnosphe^c de la vapeur du mer- cure. — La vapeur du raercure est-elle soumise comme les autrcs d la loi du melange des gaz et des vnpeurs? l°Les utricules de soufre sont un reactif beaucoup plus sensi- ble que les lames ou lesfcuilies d'or pour demontrer la foima- tion de la vapeur du mercure a la temperature ordinaire. Ku six rat)is 0ci,009 d'utricuies de soufre ont pris 0^,005 de mercure , tandis qu'unc lame d'or, dans les raemes conditions, n'a pris que 0?,003. — Temp. 15 a 20". 99 SoL'onguent mercuriel, les amalgames, qui ne donuent pas de vapeur sensible, lorsqu'on emploie I'or, en donneoten quan- tite ponderable lorsqu'on substitue a Tor dcs utricules de soufre. l)e plus, les utricules de soufre absorbent de la vapeur de mer- cure, produite par I'onguent mercuric! ou les amalgames, ea presence de I'or, qui resle intact, bien quo plus rapproche, de la substance eonlenant du mercure. 3° Au moyen des utricules de soufre, on pent constater que la vapeur du raercurc liijuide s'eleve a un metre et plus a la tem- perature de 12°. On peut constater aussi qu'elie obeit a la loi du melange des gaz et des vapeurs; il suf(it pour cela de les depo- ser au fond d'un tube de 0'",500 de bautcur, et maintenir celui- ci perpendiculaircment sur du mercure, ayant le brillant me- tallique ; le tout etant place sous une grande cloche, les utricules noircissent bientot a une temperature de 12 A 20". Aux utricules, on peut mcmc substitucr des aiguilles de fusion recentesou pcu ancienues, du soufre dure!, etc., etc.; I'effetproduitest lememc. Eulin a — 8", on a vu les utricules de soufre absorber du mer- cure a la distance de plusieurs centimetres ; seulement, dans ce cas, elles se colorent en jaune ou en rouge (vermilion). 4° Si, aux utricules de soufre, on substitue I'iode en petite quantite, la vapeur dc ce corps produite a la temperature ordi- naire, bien qu'en petite quantite, dans I'air des tubes d'un metre i!e long, refoulela vapeur de mercure jusqu'a une certaine hau- teur, ou il y a depot d'iodure. de mercure rouge a la partie supe- rieure de I'anneau, jaune a la partie iuferieurc. Le depot d'io- dure rouge est constitue par de petits cristaux 'tres nets, dans lesquels on reeonuait orcUnairement les deux formes de I'iodure mercurique (octaedre h base carree, prisme droit). La hauteur de I'anneau forme par le depot est, le plus souvent, en rapport avec la temperature; a 12" ei!e estde 20 1122 millimetres; a 26" elje est de 36 a 38 millimetres, etc. — Souvent aussi la distance au mercure est en rapport avec !a temperature, mais on nesaurait encore se prononcer a cet egard ; la plus grande distance trou- vee est de 0™,083 a 20° ((). De ce qui precede il resulte que : (l)Lorsque ces experiences sont bien concluitcsle mercure (10 i 30 g) resle parfaiteracnt pur et brillant. dOO 1° Les utriciles de soufre sont un reaclif bieu plus sensible que Tor employe par M. Faraday pour demontrer la volatilite du mercure a la temperature ordinaire. 2" Contrairement aceque Ton croyait, les araaigames et I'on- guent mercuriel donnent de la vapeur a celte temperature. 3° A 8° le rnercure donne de la vapeur, et 11 ne parait pas alors avoir une atmosphere limitee, comme on ie pensait •, tou- tefois ecci demandede nouvclles experiences. 4* En presence d'un melange d'air et de vapeur de soufre, la Tapeur du mercure obcit a la loi du melange des gaz et des va- peurs, et j'ajouterai quil en est de meme en presence de la va- peur de sulfure de mercure, qui se produit Irequemmeut dans ce cas. 5" En presence d'un melange d'air et de vapeur d'iode, et plus tard d'un melange d'air, de vapeur d'iode et d'iodure de mer- cure, la vapeur de mercure scmble deroger a la loi commune. La densite de la vapeur d'iode et surtout ceile de I'iodure de mercure expliqueut en partic les resultats ; mais on voit trop combien ceci louche aux questions les plusdelicates de la phy- sieo-chimie moleculaire pour sc prononcer definitivement a cet egard. Des experiences du meme genre ontreprises sur du mer- cure globulaire promettent de douner la solution du i)robleme. 6° Puisque les deux formes de I'iodure mercuriqiie se produi- sent a la temperature ordinaire dans ies memes circonstances, et que I'iodure est rouge sous ses deux formes, on ne pcutplus dire, avec Frankeuheim, qu'^ chacunc des formes correspond une vapeur particuliere. Recherches sur I'atrophie ct d'aulres alteralions patliologi- (jues, qui onl lieu dans ceilaines paralijsies ; par Al. le d' Brown- Sequard. I. On s'est fonde sur I'existence d'ulcerations ct d'autres al- terations pathologiques , qui survienncnt aprcs la section du iierf sciatique, pour soutenir que I'absencede Taction nerveuse trou- ble considerablement la nutrition. Nous n'avons pas I'intention dc mettre ici en question I'influence du systeme nerveux sur la luUrition ; nous voulons seuleraent montrer que les fails spe- ciaux relatifs au nerf sciatique n'ontaucunc valour. Voyons cu 101 effet ce qui se passe quaud on a coupe le nerf sciatiqiie , soit chcz des Grenouilles, soit chez des Lapins et des Cobaycs. Quant aux Grenouilles, lorsqu'on a eu soin, en humeetant I'a- nima! , d'evitei I'entree do I'eau, sous la peau, par la plaie, on ne voit siirvenir, apr^s la section du nerf seiatique, aucune alte- ration palhologique, a I'exception loutefois de I'atrophie du membre paralyse. — Cliez les Mammiferes, nous avons cherche si Ics alterations qu'on a signalecs n'etaient pas I'effet de la compression et du frottement des parties paralysees contre des corps durs. Henle a emis la supposition que ces alterations peu- vent provenir, en partie, de ce que Tanimai ne sentanl plus les portions paralysees du membre, reste appuye sur elles, de facon a y gener le cours du sang. ( Anat. gener., t. 2 , p. 248. Note.) Pour trouver ce qui en est a cet egard, nous avons coupe le nerf seiatique aussi baut que possible sur des Lapins et des Cobayes. Quelques-uns furent laisses libres dans un cabinet carre!^; les autres furent enfermes dans une grande caisse, dont le fond etait reconvert d'une couche epaisse de vieux linjje, de son ot de foin. En molns de quinze jours, il y avait deja des alterations pathologiques notables chez les Cobayes et les Lapins libres. lis avaient tons perdu les ongles des doigts paralyses; I'extremile du membre etait tumefiee, les tissus, mis a nu, etaient rouges, engorges et converts de bourgeons charnus. Au bout d'un mois, les alterations precedentes s'etaient augmentees et la necrose etait survenue dans lesos denudes. Chez les animaux enfermes dans la caisse, aucune de ces lesions n'eut lieu. Ce n'est done pas le defaut d'action nerveuse qui est la cause de ces altera- tions, mais bien le frottement des parties paralysees contre un sol rugueux et dur. Quanta la supposition d'Henie, relativement au role de la compression seuie, elle est dementie par ces expe- riences, puisque la compression a eu lieu, sans produire d'effet nuisible , chez les animaux enfermes dans la caisse. Pour que les alterations signalees se produisent, il faut qu'il y ait com- pression et frottement contre des corps durs et rugueux. IL L'atrophie qui survient dans les raembres paralyses par suite de la section des nerfs est-ellc due au defaut de I'aetion nerveuse ou bien a une autre cause? J, Reid rapporte a ce sujct rexperiencc suivaulc : il coupa les raeines des nerfs des deux 102 membrcs poslerieurs sur des Grcnouilles, et il fit pas?er chaque jour le long de ccs deux membres un faible courant <;a!vanique. Au bout de deux mois , il trouva que le mcmbre i;ah anise avail conserve son volume, et que la contraction miiscubiire y avait lieu avec cnergie, tandis que I'autrc mcmbre e:ail atropbie de raoitie el que scs muscles se conlractaicnt faiblement. Nous a\ons fait sur des Lapins une semblable experience ; le ncrf scialique fut reseque sur les deux membres posterieurs. Chaque jour, apres I'operatlon , nous fimes passer, par une des jambes , un courant galvaniqno. Au bout de six semaines , nous avons re- con iiu que le mcmbre dont les muscles avaient etc mis en action chaque jour ctait a I'etat normal, tandis que I'autre ctait nota- blement atrophic etses muscles fort peu contractiles. Nous concluons do ce resultat ce que J. Rcid avait conciu de son experience, savoir que, dans la paralysie consecutive a la section d'un nerf , I'atrophie n'est pas due directemcnt au defaut d'action nerveuse, mais bien a I'inaction prolongee des muscles. Nous avons fait uue autre experience, dont ie resultat depose encore en faveur de cettc opinion. Deux mois apres avoir reseque un desncrfs sciatiques, sur des Lapins, nous avons constate une atropbie notable des membres paralj'ses et une diminution con- siderable de la contractilite. Nous commencames alors a salva- niser ces membres, et nous continuames a le faire pendant six semaines. Deja, au bout d'un mois , ces membres paraissaient redevenus aussi {jros que les membres poslerieurs des memes animaux, dont le nerf sciatique etait intact. Au bout cle six se- maines, nous tuames ces animaux, et, apres avoir mis a nu les muscles des jambes, uous trouvames la contractilite, chezcliaque animal , egalemcnt forte dans le cote paralyse et le c6te intact; elley dura le meme temps, et la rigidite cadaverique y survint simultanement. En pesant les deux jambes comparativement, pour chacun des individus, nous trouvSmes qu'clles avaient son- sibleraeut le nicme poids. Les membres paralj'ses, deja atrophies, pcuvcnt done rega- gner leur volume et leur contractilite, apres les avoir perdus, malgre I'absence de Taction nerveuse. Les contractions muscu1aires,exciiecs par Icgalvanismo, sonl si propres a faire grossir les muscles, que dans ud cas d'alrophie 105 des muscles du merabre inferieur, cluz un jeune homme, daus I'espace de six jours, sous I'iufluenco d'uini f^ahanisation cx- ti'emeraent euergique , il y a eu line augmentation de 2 centi- metres I au mollet ct de r> centimetres a la partie superieure de la CLiisse. La circonference du mollet, 'jui etait de 2.8 cenli- meiresi, atteignit 31 centimetres; celie de la cuisse qui etait de 37 centimetres, arriva a 42 centimetres. Si ies muscles peuvent etre mainteiius ou rameiuis a I'etat nor- mal par uue galvauisation rcpetee chaque jour, nous croyons qu'il sera important d'employer cet agent d'excitation daus des cas de paralysieoii, jusqu'ici, Ton n'en avait p:is fait usage dans le but que je ^ais indiquir. Dans des cas d'hemiplcgie, ou de paraplegic, dus a une lesion des centres nerveux susceptible de guerison, eomme I'hemorrhagie cerebrale, par exemple ; dans des cas aussi de lesion des troncs nerveux pouvant se terminer par u;;e regeneration uervpuse, 11 pourrait arrivcr que le sys- teme nerveux ue retrou\at son pouvoir d'agir sur Ies muscles que lorsque ceux-ei scraient deja tellcment atropliies que Tin- nervation motrice iiit impuissante a y determiner des contrac- tiou'i. Ou concoit que si, dans des cas pareils , on avait employe le galvanisme, uon pas pour combaltrela cause de la paralysie, mais pour cmpecher Ies muscles de s'a(!0j)liier , ils se teraient Irouves prets a obeir a I'iunervation motrice ie joijr oil celle-ci serait redevenue possible. — M. de Caligny communique a la Soeiete une note sitr un nouvenn motcur hydraulhiue de son invention. J'ai communique a la Soeiete, en lS-(4 , des moleurs bydrau- liques a niveaux conslanls , de mon invention, et je me suis etendu dans diverses cireonstances sur l',;vantage qu'il y a a employer des tuyaux-soupapes dans ies cireonstances oil cela se pent. Mais ce que j'ai dit ne snffisait peut-etre pas pour montrer a quel degre de simplicite on pouvait etre conduit dans Ies applications de ccs idees. Uu seul bout de tuyau toujours ouvcrt a ses deux extremites f;t portant a cbacuuc d'elles un lebord annulaire exterieur suf- lit pour ouvrir et I'ermcr alteriiativenniU deux orifices annu- laires superposes, et separes I'un de I'aulre par un plan hori- zontal exlerieurement a cc bout de tuyau dont cbaque rebord 104 annulaiie vienl altcrnativenieat pressor le pourlour de I'orifice circulairc de ce plan qui separe deux biefs!. II est a peine ne- cessaire d'ajouter que deux sieges annulaircs fixes sont dispo- ses I'un au-dessus, I'autre au-dessous de ce plan horizontal pour recevoir alternativement celledes extreraites du tuyau qui vient s'y poser. L'autre extremite s'appuyant sur ce plan je suppose d'abord qu'on fasse fonctionner ce tuyau-soupnpc instantand- ment aux epoques voulues ; avec ce seul tnyan-soupape, une chuie d'eau peut faire fonctionner deux pistons motcitrs au nioycn de leurs contrepoids ou ressorts. L'un de ces pistons se msut dans un corps de pompe dispose au-dessus de rorifice aunulaire d' admission ^ I'autre dans un corps de ponape dispose au-dessous de I'orifice annuiaire de de- charge. La partie inferieure de ce dernier piston est toujours en communication avec I'eau du bief inferieur ; la partie supe- rieure du premier pcut etre toujours en communication avec I'eau du bief supericur , ma's cela n'est pas indispensable. Je suppose roritice de deeharge ferme en vertu de la descente du tmiaii-soupape. L'eau moirice entre dans le systerae. Elle agit de haut en bas sur le piston inferieur en vertu de son poids, et permet a un contrepoids ou a un ressort de relever le piston superieur puisqu'elhpressecelui-ci par dessous. Si le tnyau-sou- papc etant releve ouvre I'orifice de deeharge et ferme I'o- rifice d'admission, la colonne liquide conlenue sous le piston superieur agil par succion sur ce dernier, et I'effort est assez sensiblement constant, parce que l'eau du bief superieur entre par dessus pendant que la colonne aspirante diminue de lon- gueur. Je dois rappeler a cctte occasion que I'ideo de rendre sensiblement constanle Taction d'une machine a colonne d'eau aspiranle et a ires peliles vilesses appartient k Westgarth. Pendant que le piston superieur descend ainsi en vcrUi de I'aspiralion et de la pression directe donl la somme reste assez sensiblement constante malgre la variation desdeux elements, le piston inferieur se releve au moyen d'un contrepoids ou d'un ressorl, puisque la colonne variable comprise au-dessous du piston superieur, et au-dessus du niveau du bie( inferieur n'a- git quetres peu sur ce piston inferieur , agissantprincipalement sur I'autre en verlu de la succion. 105 N'exposant en ce momeut qu'un principe, je n'entre pas ici daus les details d'executiou , je n'examine pas si la tij^je du pis- ton inferieur doit traverser le piston superieur , ou agir sur la resistance a vaincre au moyen de pieces inferieures, etc. Je di- rai seulemtnt quelques mots des precautious a prendre pour que i'eau ne se perde pas inutilement pemlant que la soupape se leve ou se baisse, en preveuant d'ailleurs que i'on pourrait au besoiu employer deux tuijaux-soupnpcs^ un pour chaque orifice, un des tuijanx-soupapes etant alors plus Iaro;e que I'autre. II n'est pas neccssaire d'entrer dans ces details. On coucoit d'ailleurs que dans les circonstances ou un tinjau-soupape doit fermer par dedans et pai" dehors, pour bien boiuher xuiejentc anmdaire, en meine temps qu'elle ouvre ou fenne de grands orifices, on peut y parvenir sans Irotteraent , la section de sa parol etant semblable a celle d'un T, c'est-a-dire le luyau-soupape ayant un rebord annulaire a I'interieur , et un rehord analogue a I'ex- terieur, soit a une de ses extreinites soit aux deux si cela est uecessaire. Un disque horizontal circulaire est fixe par une tige au piston superieur. Quand celui-ci acheve sa course descendante, le dis- que est pres du plan horizontal qui separe les deux biefs. Alors la soupape peut se relever sans qu'il soit indispensable que ce soit Ires vite, paroe que s'il se perd un peu d'eau , il ne s'en perdra que tres peu, les deux orifices etant en communication seulement par I'espace annulaire compris autour du disque, et il est a remarquer que ce disque ne gene pas bien sensiblement la descente de la colonne liquide a I'epoque oil se fait I'dspira- tlon^ parce qu'il descend avec cette colonne. A I'epoque oil le piston superieur est releve, le meme effet d'interruption momentanee se produit au moyen d'un second diaphragme inferieur au premier et dispose sur la meine tige. Mais il faut remarquer que la descente de celui-ci ne doit pas etre sans influence sur rorilice de decharge , el qu'il sera bon de lui donner une forme coni([ue analoiiiie a c 'lln d'un pavilion do Irompette dont le soiiimet s latourne vers le haut. II sera bon do donner aussi une forme analogue au diaphragme superieur a cause dcs effets qu'il eprouvtrii en reniontmt. Cclui-i-i, s'il etait scul, pourrait peul-etre avoir un diainetre qui ne diffe- Extrait lie i'lnstUitl , I's section, 18/19. 14 106 rerait pas beaucoup de celui de I'espace cylindrique ou il jouc , mais pour le disque inferifur il faut tenir compte de ce que la resistance passive qu'il eprouvera en remontant sera notable, si la Vitesse est un peu grande ra^me quand son diametre sera rcduit, paroe que le tnijau-soupape fermera I'orifice annulaire de decharge. II faut done tenir conopte de cette circonstance en disposant a la hauteur du plan de seporation des deux biefs line piece annulaire fixe, qui permeltra de diminuer le diame- tre des disques mobiles. On pourrait a la rigueur se debarrasscr de ces disques , an moyen de I'lnerlie del'eau contcnue dans des tuyaux diverfjents qui seraieut disposes exterieurement a I'orifice de decharge , au moyen de couronncs fixes deslinees a taire en sorte que les ex- tiemites convergentes de ces luyaux ne communiquent qu'avec I'appareil. On concoit en effet que I'inertie de cette eau, si les tuyaux divergents etaient assez longs, suffirait pour permettre d'ouvrir et Icrmcr alternalivement les deux orifices superposes, sans qu'il resultdt d'inconveuieut bien sensible de leur commu- nication raomentanee. Dans cette hypothese, il serait tout au plus utile de conserver le diaphragme superieur dont on pour- rait augmenter le diametre , sauf la resistance provenant de cette augmentation au commencement de sa levee. II est a remarquer que la presence de ces tuyaux de decharge divergents suffirait pour permettre d'employer la Vitesse acquise de I'eau a faire fonctionner les pistons par succion, comme dans d'aulresappareils que j'ai presentes k la Societe, et qui permeltent de debiter d'autant plus d'eau que les chutes motrices sont plus diminuees en vertu des variations d'une riviere. Cela est du moins evident pour le cas oil Ton suppriraerait le piston infe- rieur, qui ne remonte d'apres la description precedente, ab- straction faiie (le cette consideration, qu'en vertu d'un contre- poidsoud'un ressort. II est d'ailleurs a remarquer que si Ton supprime I'un ou I'aufre des deux pistons , en le remplncant bien entendu par une surface fixe , ce qui serait necessaire dans I'un ou I'autrecas, comme i! passcrait moins d'eau b. ehaque periode par ehaque orifice, la liauleur due a la vitesse de I'eau serait moindre , ce qui diminuerait la perte de force vive. De ra6me la Vitesse d'enlree ou de sortie depend jusqu'a un cer- 107 tain point des diametrcs des pistons. Ce peu de mots suffit pour indiquer sur quelles bases doit etre etabli le calcul des dimen- sions de la machine qui fournissent I'effet uule maximum. Mais pour entrer dans plus de details il faudrait connaitre plus positivement la quantite de travail necessaire pour faire foiic- tionner un tuyau-sotipape d'uue grandeur donnee , paree qu'il est bon de n'avoir pas a le faire fonctionner trop souvent pour obtenir un certain travail moteur. On peut remarquer aussi, quant au diaphragme superieur, que si en vertu des dimensions du piston superieur il ne monte pas trop haut , la resistance passive qu'il eprouve a la fin de son ascension est moins ina- portante. Pour faire fonctionner le tmjau-soiipape , on peut employer un syslerae analogue au balancier hydrauliquo employe pour la premiere fois par Denisart et de la Deuille, les invcnteurs de la machine a colonne d'eau , et dans lequel une meme masse d'eau part ailernativement d'une extremite a I'autre d'un balancier, qui par cette raison acheve sa course de lui-meme, quand une de ses extremites a ete relevee audessus du plan horizontal. Je n'entrerai pas ici dans les details sur la maniere do disposer les points d'arret, les rainures qui permettent la liberie dfs cour- ses, etc. Je ferai seulement une remarqne nouvelle, c'rst que ce balancier mis en mouvement par la tigc d'un piston pouvant ^tre dispose beaucoup au-dessus d'un corps de pomp ' , jouit de la propriele de pouvoir fournir des courses considerables merae au moyen d'une petite chute , a cause des points d'application que Ton choisit pour la tige du piston, etc. Seance du 8 decembre 1849. Note sur les coiirants induits Wordres super ienrs, par 51. Vcr- det. — On appelle courants induits du second ordre ceux qui se developpent dansun conducteur lorstju'un conducteur \oisii» est traverse par un courant induit ordinaire. M. Heniy,de Piii- ladelphie, a qui Ton doit la decouverte de ces couranis, les a consideres comme formes de deux couranis successil's de direc- tion contraire, maisil n'a pas donne dc preuve expcrimentale de son hypothfese. « J'ai peuse, dit M. Vvrdct, qu'on pourrait ma- 108 nifesler la constitution des courants inJuits du second ordre par leurs actions ckctro-chimiques, et j'ai ainsi obtenu la conllima- tion des vues theoriqups dc M. Henry. >> A cet effet, j'ai fait communiquer i'un des fils d'une bobine a deux fils avec une pile voltaii^ue , et I'autre avec une deuxieme bobiiie a deux fils. Le second fil de cette nouvelle bobine etnit mis rn rnpport avrc un vollamctre ordinaire plein dVau acidii- lee. Par cette disposition, en interrompantou en fermnnt le cir- cuit traverse par le couraut voltiiique, je produisais dans la pre- miere bobine un coiirant induit (]ui tiaversait nupsi le premier fil de la seeonde bobine et developpait dans le deuxieme fil un courant induit du second ordre par lequel I'eau acidulee du vol- tametre pouvait etro deeomposee. L'interruption ct la fermeture du couiant principal s'obtenaieut a I'aide d'une roue dentee, et un commntaleur semblnble h celui de MM. Masson ct Breguet ne laissait circuler dans la deuxieme bobine que les cou- rants directs , developpes an mom(Mit de rinlerruption du courant de la pile. » Le premier fil de lasecoude bobine etaitdouc traverse par un grand nombre de courants induits siiccessil's de direction constante. Si I'bypothese de M, Henry etait exacte , le deuxieme fil devait faire passer dans le voltametre une succession de cou- rants de directions nlternativement opposecs, et par consequent on devait obtenir dans chacune des eprouvetfes placees sur les electrodes de Tapparuil un raelanged'bydrogenc et d'oxygene.Tel aete efftctiveraent le resbltatde mes expe:iences : j'ai toujours trouve dans lesdeux eprouvetlesun melange explosif, seulcment la proportion dos gaz melanges a varictrcs irrrgulierementd'une experiei.ce a I'autre, et n'a d'aiileurs pas ele la meme dans les deux ('prouvcttes, dv facon qu'il m'a ele inipossibie de veri- fier, si, comme ii y a lieu de le peuscr, d'aprcs les considerations dovoloppees p;ir M. Henry , les deux couranis sucecssifs qui constituent le conrant dn second ordre font circuler dts quan- titese-^alesdcleciricite. La cause des irregularites se trouve evi- d"niment dans la recoraposition particlle qui doit s'effectuer cutre I'bydrogene el I'oxygene degages presque simultanement sur la m6me lame metallique, et dans la seris L'oxydations et de desoxydations qu'eprouvent les lames sous rinfluence de ces 109 deux gaz. Ces oxydations ttcesdesoxydations sc sontfrequem- ment manifestees dans mes experiences par la production d'une poudre noire a la surface cies electrodes comme dans Ics expe- riences bien connues de M. Delarive, sur les courants alterna- tifs transmis par Ics liquides. » Chacune des deuxbobincs dont j'ai f titusageelaitformee de deux fils d'un millimetre (le (liametre et d'environ 500 metres de longueur enrouies ensemble et parfaitement isoles I'un de I'autre, ainsi que je m'en suis assure plusleurs fois. La pile etait une pile de vingt elements de Buiisen (1). Cinq ou six minutes suffisaient en general pour de^ager trois ou qnatre centimetres cubes de melange gazeux. Eufin , dans la plupart des experiences, j'ai introduit dans le premier circuit induit un voltameire afin de reconnaitre si le comraulateur ne se deran- geait pas et ne laissait reellemcnt passer que des courants de di- rection constante. • II cste, met encore mieux en lumiere , en Ie completant , le fait physio- logique qui vient d'6tre eiionce, car elle raontre que cette tem- perature , arrivee a un certain degre qui en est le maximum , redescend ensuite en se rapprochant peu a peu de son point de depart. La raarche suiyie par la temperature dans sa progression ascendante estassezirreguliere ; le maximum , en effet, a ete atteint tantdt au bout de 24 heures , tant6t au bout de 66 heures seulement. Le plus ou moins de rapidiie que la temperature met h arriver k ce maximum ne parait pas provenir de la quau- tite plus ou moins considerable de nourriture dont le repas se compose. Enfin reievation de temperature est assez brusque , et se manifeste le plus souvent sans transition. OvoLOGiB. — M. Doyere communique une observation qui, si elle venait h se generaliser, pourrait jeter du jour sur Ie meca- nisme de la fecondation et sur les veritables rapports de I'oeuf avecle principe fecondateur dans cette fonction imporlante. L'enveloppe exterleure de I'ceuf du Loligo media et de celui dnSijngnaihus opiiidion pris dansl'ovaireimmediateraentavant leur sortie, offre h I'une de ses extremites une depression en forme d'entonnoir perceeason sommet d'un conduit ou micro- pyle correspondant au centre du disque proligere. Celui-ci, h repoquedont il s'agit, est encore applique immediatement cen- tre l'enveloppe, et I'cntonnoir dont il a ete question y creuse, en s'y moulant.une depression centrale. L'oriflce signaie par cette observation parali etre ouvcrt,et par consequent le disque pro- ligere serait en rapport immediat avec Texterieur parson centre. 117 Le diamfetre du micropyle est de v!, de millimetre dans Toeuf du Syngnathus ophiUion ; il est de j^ i j^ dans I'oeuf du LoU- go media. Stance du 22 decembre 1849. Physiologie compabeb. Moelle allongee. — M. Brown-Se- quard communique les resultats suivants de reciierclies qu'il a entreprises , el dont la premiere partio seulement est terminee. « II n'est aucune partie dusysteme nerveux qui soit conside- ree comme aussi essentielle h la vie que la moelle allongee. En effet , la plupart des physiologistes allemands de nos jours ad- mettent que ce centre nerveux est la source d'ou decoule I'inner- vation excitatrice des battements du coeur. De plus , tout le monde sail , surtout depuis les travaux de M . Flourens , que la moelle allongee tient sous sa d^pendance les mouvements respi- ratoires. II semblait done que i'ablation de ce centre nerveux devait amener prompteraent la mort, meme chez les animaux a sang froid. II n'en est pas cependant ainsi, et , dans ceitaines conditions favorables , les Batraciens , par exemple , peuvent survivre plus de trois mois a la perte de leur moelle allongee. Pendant toutce temps, ces animaux sont parfaitement vivants : j'ai , en effet , constate , chez eux , I'existence de toulcs les lonc- tions et de toutes les proprietes que je vais enumerer : » 1° I.a circulation sanguine s'opere comme a I'etat normal. Les battements du coeur, apres avoir 6te actives, en general , pendant une demi-heure , une beure ou une heure et demie au plus, apres I'operation , reprennent leur rbythme habituel , et on les trouve aussi reguliers et aussi vigoureux sur des Gre- nouilles sans moelle allongee depuis quelques jours, quelques semaines , ou meme un , deux ou trois mois , que chez des Gre- nouilies intactes. Quelquefois, parliculiferement lorsque I'he- raorrhagie a ete considerable, les battements du cceur diminuent en nombre et en energie ; aiors I'animal ne tarde guere a mou- rir, ou bien , s'il doit survivre, les battements de cet organe reprennent promptement leur rhythme et leur force. » 2» Les battements des quatre cceurs lymphatiques ont lieu comme ci I'etat normal. » 3° La digestion parait se faire aussi bien et dans le meme 118 temps chez les Grenouilies sans moclle allong^e que clicz les Grenouilles intactes. Je m'en suis assure en introduisant dcs morceaux de Lombrics dans I'esiomae de ces animaux , et en ^tudiant les alterations que ces aliments subissaient dans IVsto- mac et le reste du canal intestinal. Bien que lentes , la transfor- mation chymeuse, Tabsorption et la formation des matieres fe- cales n'en avaient pas raoins lieu. » 4° Les produits des secretions gastrique et intestinale , bi- liaire et pancr^atique etant tres utiles, sinon essentiels a la di- gestion , on est en droit de supposer que ces secretions ont lieu puisque la digestion a lieu. Je n'ai mailieureusement pu faire aucune observation directe a cet 6gard. — La secretion urinaire, ainsi que la production de I'epitbelium cutane et du mucus in- testinal , continuent de se faire. » &» La respiration pulmonaire cesse , mais la respiration cutanea continue d'avoir lieu. — L'absorption des poisons par la peau et par les muqueuses a aussi lieu comme chez les Gre- nouilles intactes. « » 6" La faculte reflexe se manifeste avec energie , a tel point que les Grenouilles sans moelle allongee peuvent , par action reftexe , soulever des poidsplus considerables que les Grenouilles iniactes- L'existence des mouveraents reflexes implique necessair rement l'existence de la faculte conductrice des nerfs a action centripete et de ceux a action centrifuge , de la contractilite mus' culaire , et enfin de la propriety reflexe de la moelle epiniere. — Souvent on trouve, surtout chez les Grenouilles rousses (/?. letn- poraria) , qv e la moelle epiniere arrive a posseder une telle exci- tabilite , que des excitations mecaniques, meme peu energiques, occasionnent une raideur tetanique extrememcnt puissanto. » 7° Les deux courants galvaniques que MM. Matteucci et du Bois Reymond ont reeonnu etre de meme nature {courant musculaire el £onranl ■propre ) , non-seulen)eot existent chez les Grenouilles depouili^es de la mDclle allongee , raais encore pa- raissent etre plus energiques que sur des Grenouilles intactes. " Apres I'ablation de la moelle allongee , les Grenouilles peu- vent done rester pendant tres longtemps parfaitement vivanies. Elles le sont si bien , que si on les compare a des Grenouilles in- tactes, on les voit r^sister plus longtemps a I'etherisation , et survivre davantage apr^s i'ablation du cceur. 119 » Dans les meilleures conditions , pour la survie des animaiix atixquels on enleve la moelle allongee , on constate des diffe- rences enormessuivant les especes , ainsi qu'on pent le voir dans le tableau suivant , ou se trouve indiquee la survie maximum pour 54 espfeces. C Salamandre crfitfe, Amphibiens. I Grenouilles verte et rousse, ( Crapauds brun et accoucheur, Torlues europ6enne et grecque, Reptiles, Poissons. Giseaux. Orvet, Couleuvres lisse ct i collier, Smoiset quelques jours. A ^ 5 semaines. 9 i 10 jours. 6 i 7 jouA. I L6rards. d°. vert et brun des souches, vert piquel6, gris des murailles, Anguille, Broehet, Carpe, Taache, Lolte, Barbeau, Perche, Goujoii, Verron, Cardon, et d'autres, 25 a 40 lieures, f Epervier noiiveau-iie (agi5d'environ 36 heures), 21 minutes i Moineau nouveau-n6 (d'environ 3 jours), < Moineau, Bruaut, Linotle, Pigeon, Poule, Canard, Pinlade, Perdrix, Tourterelle , Poule d'eau, adultes. 5 i 6 jours. 4 4 5 jours. jours. 3 joursd 17 minutes. ' Loir hybernant, H6risson hybernant, Chien nouveau-n6 (Boule-dogue), I Chat nouveau-n6, iLapin nouveau-n6. Mammif^res. 2 min. < ii 3 rain. 4 29 heures. 23 lieures* 46 minutes,- 41 minutes. 34 minutes. ICochon d'Inde tir6 dela matrice 6 i 8 j. av. t., 19 minutes. D". d». nouveau-ne. 6 rainulcs. iLapiii adnlte, ( la temperature de ces ani- 1 Cochond'hide] maux etait considerable- > 18 i 20 minut. adulte, ( ment abaiss^e, J Loir el Herisson eveilies, en elt, 4 minutes. ^ Chat, Lapin, Cochon d'Inde, Chien, adultes, 3 m. a 3 m. -^ », • II n'a m fait usage de rinsulHalion pulmouaire chez aueun de ces ani- saaux, k I'exceplioft des animaux hybernants. » Ce tableau montre qu'aprfes I'ablation de la moelle allongee, la survie se corapte par des mois chez ks Batracietis , par des semaines chez certains Reptiles , par des jours chez d'aotres Reptiles et chez les Poissons , par des heures chez les iMammi- feres hybernants , et par des minutes chez les Oiseaux et chez les Mammiferes non-hybernants. — L'influence des temperatu- res sur desauimaux d'une meme espece^ n'cst pas moins remar- 120 quable que celledes diversit^s d'espfece. Ainsi , pour n'en citer qu'un exemple , les Grenouilles survivcnt k la perte cle leur rnoelle allongee : iuiie temperature variant de-+- 2ci+ 6ou8"c. plus de Smois. a une temperature variantde-(- 8ci-|-12c 6 jours3beures. Ji la temperature de-j-15"c. 4 d° 13 d" "^ & la temperature de + SCc. 2 d* 7 d" a une temperature variant de-j- 25 &+ 28° c. 6 d» ,f, i une temperature variant de -j-32 Ji-|- 39° c. 1 d°5min< i unc temperature variant de 4" 40 4 4" ^2° c. i min. 1 i une temperature variant de -f- 45 iL-^-k^'c. 1 rain. 50s. (1)< » II ressort de la que, plus la temperature est elevde , rnoius la survie des Grenouilles est considerable ; il en est de na^me chez tons les autres Vertebres a sang froid , que nous avons oorames ci-dessus. Quant aux animaux i sang chaud , plus leur tempe- rature propre a ete abaissee , plus aussi ils survivcnt , en ge- neral , a la perte de la mwlle allongee. " » LMofluence des saisons merite au moins aulant que celle des tenaperatures d'attirer I'att* ntion< Nous nous bornerons a don- ner quelques-unes des differences dans la survie des Sala- mandres en automne et au printemps , h des temperatures semblables : Automne. Printemps. i 45" c 3 min. 8 min. 50 sec. de survie. de 35 a 400 c. 8 min. 47 sec. 11 min. 25 sec. de 25 il 30° c. 9 heures 21 min. 12 heures 2 min. k 20° c. 3 jours 5 lieures. 5 jours 4 heures. de 12 k 15° c. 8 jours 15 heures. 11 jours 7 heures. » Ces experiences ont ete faites en septembre 1847, en mars et avril 1848. Jeles ai r6pet6es depuis , non-seulement sur des Salamandres , raais sur beaucoup d'autres animaux , et parti- culierement les Grenouilles et les Lizards ; dans tous les cas j'ai constate une difference tres prononcee entre les resultats obte- nus a la fin de septembre et ceux obtenus k la fin de mars ou au comraeneement d'avril. La cause de ces differences est, sans doute, ainsi que I'a pense M. F. Edwards, au sujetde IMnfluence des saisons sur I'asphyxie, dans raclioii prolongee d'une basse temperature chez les animaux operes au printemps , et dans Taction prolongee d'une haute temperature chez ceux operes au commencement de I'automne. » (i) Ces rhiffres sent les moyennes d'eiperiences Ir^s mullipliiet. LISTE GfiNl^lRALE DES MEMBRES DE LA SOClfiTfi PHILOMATIQUE DE PARIS DEPUIS SA FONDATION EN 1788. (1850.) DATE DATE MEMBRES DliCfiDfiS. DE L 'elect ION. DU DECES. OBSERVAT. Brongniart (Alexandre). . . 10 dtee. 1788 7 octob. 1847 Vauquelin (L.-N.). . . . 9 nov. 1789 14 nov. 1829 Lacroix (Sylv.-F.). . . . 30 juillet 1792 24 mai 1843 CoqueberldeMonbret (C-E.). 14 mars 1793 9 avril 1831 Gillet-Laiiiiioiit 28 id. id. 1 juin 1834 Berthollct (G.-L.). . • • 1 4 sept. id. G nov. 1822 Hall6 (J.-Noel) id. id. id. 11 fev. 1822 Lefevre-Gineau (L.). . . id. id. id. 3 id. 1829 Lamarck (J.-B.-P.-Anloine). 21 id. id. 18 d6c. 1829 Moiige (Gaspard). . . . 28 id. id. 1818 Prouy (Gaspard-Clair-F.-M.). id. id. id. 29 juillet 1829 Bosc (L.-A.-G.) 12janv. 1794 10 juillet 1828 Gcoffroy-Saint-Hilairc (Et.). id. id. id. 19 juin 1844 Tonnelier (J.) . . . . •. 31 juillet 1794 Hauy (D.-J.) 10 aout id. Ijuin 1822 Cuvier (Georges) 23 mars 1795 13 mai 1832 Larrey (Dominique). , , 24 sepU 1796 25 juillet 1842 Dcscolils 3 d6c. id. Ducliesne (Antoine). , . . 12 janv. 1797 . '. '. ", ', 1827 Lacepfede (Bern.-Germ.-fit.). 1 juin. 1798 6 octob. 1825 Chaplal (J.-Antoine). . . 21 juillet 1798 29 juillet 1832 Butet 14 fevr. 1800 Olivier (G.-Ant.) 14 juin 1800 .'..*. *. 1814 Do Candolle (Auguslin-P.). 5 octob. 1800 11 sept. 1826 Delcuze (J.-Pb.-F.). . . . 3 juilletlSOl nov. 1835 Brochant de Villiers. c . . 10 id. id. 16 mat 1840 Laplace (P. -Simeon, de). . 17oclob. 1802 5 mars 1827 Cuvier (Frederic). . , . id. id. id. 24 juillet 1835 Poisson (Dei).- Simeon). . . 5 d6c. id. 25 avril 1840 Correa de Serra (Ja.-F.). . 11 janv. 1806 1823 Dupuytren (G.) id. id. id. 8 fevr. 1835 Hacliclte (J.-N.-P.). . . . 24 janv. d807 16 janv. 1834 Dclaroclie id. id. id. Ampere (And. -Marl.). . . 7 fevrier id. 10 juin 1836 D'Arcet id. id. id. 2 aout 1844 Girard (P.-Simon). . . . 19 sept. 1807 30 nov. 1836 Diipelit-Tliouars (Aristide). id. id. id. 12 mai 1831 Parisel (Elienne). . . . 14 mal 1808 3juillell847 1 Malus(F.-L.) 14 avril 1810 1812 NOMS DES MEMCUES DECEDLS. Nyslen (P.-Hub.)-. Laugier (And.). . Roard Puissant (Louis). . Dc'sniarcsl (A.-G.). Lrgallois (Julien-J.-C(5sar) GuiTseiit, . . Baillct Dulong (P.-L.). . Lucas (J.-And.-IL). Lcsueur. . . . Moiilcigre. . , . Lcman Cassiiii (J.-Doniin.). Founier (J.-B.-J.). Pt'lil (Alexis-Tliercse) Robiquet. . . . Edwards (William). Pcllelicr (J.). . • Cloquct (Hyppolylc) Frcsiiel (Auguslin-J.) Navicr Beclard (P.-A.). . FranccEur (Louis-Bcnj Tuipin (P.-J.-F.). Aiidouin (J. -Victor) Brcscbct (G.), . . Savary Savarl (F61ix). . . Dcjean Duleau Eyries (Jeaii-Baptisle) Bru6 (Et.-Hubert). Villol (K.)- . . . Soulangc-Bodin. . Bcrard Scrrulas. . . . (loriolis. , . Gnilloiiiain i^J.-B.-A.) Pia!loii-I!ob!ay(>. . Gaiiibcy (Hcnri-Pnid Parent-Duciialclet(A Lcclerc-Thouin i.Osca L6vy Pfllicr (Allianaso). Lcl)loiid (Charles). Vollz (Phil.-L.). . Roissy (dc). . . Blandin (Pb.-Frtd.). Bibroii (G.). . WanUcll (L.). . rnt) J. ). B). DATE DE l'eLECTION, I li avril id. id. id. id. 16 mai 9 f6vr. 23 fevr. 9 mars id, id. 21 mars 5 fevr. 12 fC'vr. 3 avril 3 Kvr. 17 id. 7 fevr, 21 id. 18 avril 25 id. 2 mai id. id. 3 avril 13 mai 2G juin 17 fevr. 24 id. 19 mai 1 juin 12 f6vr, 19 id. 2 avril 18 mars 26 mars id. id. id. id. id, id. 8 mars 7 mars 2/i juillct 19 fevr. 25 aoitt 14 mars 25 avril 16 mai 23 id. 30 juin II mars 25 mars 9 Mc. 30 mars 30 mai 2/i juin 1810 id. id. id. 1811 1811 1811 id. 1812 1814 1814 1814 1816 id. 1818 id. 1818 id. 1818 id. 1819 id. id. 1821 id. id. 1822 4825 id. id. 1826 1826 id. id. id. 1828 1829 1830 1831 1832 1835 1835 1835 id. 1836 1837 1837 1837 1839 1840 1843 DATE DL' DECfes. . . . 1818 . . . 1832 ■ #•••■•• lOjanv. 1843 4 juin 1838 . . . . . 1814 23 juin 1848 19juilletlS48 avril 1S25 avril 184" 18 octob. 1845 16 mai 1830 1820 29 avril 1840 24 juilleH842 19 juillct 1842 4 mars 1840 li juillct 1827 21 aofit 1836 16 mars 15 dec. 1 mai 9 nov, 10 mai 25 juillct 1841 16 mars 1841 6janv. 1845 1825 1849 1840 1841 1845 13 juin mars 1846 1832 .... 1838 2 mars 1845 25 mai 19 sept. 10 nov, 1 octob. 28 janv. 6 mars 1 janv. 26 juin 15 oclob. 1 janv. 15 janv. 15 mai 27 mars 21 fOvr. 1832 1843 1841 1845 1847 1830 1845 1841 1845 1838 1840 1843 IS'iO 1848 1845 OBSERVAT. NOMS DES MEMBRES DECEOES. DATE DE l'^LECTION. DATE DU DECKS. OBSERVAT. NOMS DES MEMBRES DECEDE5. DATE DE l'eLECTION. DATE Dll DECKS. OBSERVAT. PREMIERE SECTION. 5 SCIENCES MATH^MATIQUES , ASTRONOMIE ET G^OLOGIE. DATE MEMBRES NOMS DES MEMBRES, OBSERVAT. DE l'eLECTION. HONORAIRES. MM. Tremery 20 aout 1797 * i Biot (Jcan-Baptiste). . . . 2 fevr. ISOl * Biiiel (J.-l\-M.) ill mars 1812 * De Boiinard (Augutin-Henri). 28 mars 1812 * \ Caucby (Augustin). . . . 31 d6c. 1814 * Arago (Fi-angois) 16 mai 18J5 * Beudant (Franoois). . . . 14 fiSvr. 1818 » Prevost (Constanl). . . . I9janv. 1822 tt Bourdon (Pierre- Marie). 5 mai 1827 * DuWuoy (Pierre-Armaud). Cjuin 1829 ft Eiie de Beaumont (L.). . . 5 d6c. 1829 ft Duliamel (Jean-Mar. -Const.). 22janv. 1831 * Slurm (Cliarles-Francois). . 5 Ifevr. id. « Olivier (Tli6odore). '. . . 18 aout 1832 » Lam6 (Gabriel) 25 id. id. * Villerrae (Louis-R6ne). . . id. id. id. » Liouville (Joseph). . . . id. id. id. » Vincent (A.-R.-H.). . . . id. id. id. * Duperrey (Louis-Isidore). . 11 avril 1835 * Desnoyers (J.) 18 id. id. w De Poul6coulaut 25 id. id. di^missionn. Perdonnet (Auguste). . . 16 mai id. * Lebesgue (V.-A.) 24 fevr. 1836 d^missionn. S(5guier (Armand-Pierre). . 2 avril id. » Combes (Charles). . . . 9 id. id. » Delafosse (Gabriel), . . , 17 dec. id. * Dausse 25 f6v. 1837 ft Bienayme (Jules). . . . 17janv. 1838 Blanchel (Pierre-Henri. . . 16 fevr. 1839 Catalan (Eugene-Charles). . 23 mai 1840 Transon (Abel) 11 juillet id. Bertrand (J.) I6janv. 1843 Br(5guel (Louis) 4 f6vr. id. Rozet (Claude-Ant.). . . . 10 id. id. D'Archiac (A.) 8 juillet id. Barre de Saiut-Venant (M.) . 2 dt'c. id. LeVerrier (U.-J.). . . . 24 juillet 1844 Dortet de Tessaa (U,). . . 7 juin 1845 De Verneuil (Ed ). . . . 28 id. id. Serret (Joseph-Alfred). . . 14 Kvr. 1846 Burat (Am6d6e) 11 avril id. Yvon Villarceau 30 mai id. Deville(C.) 24 avril 4 847 Hermilte (Charles). , . . 24 juillet id. Faye 4 mai 1848 Bonnet (Ossian) 29 juillet id. Lechatelier (Louis). . . . 10 f^vr. 1849 6 PREMIERE SECTION. NOMS DES MEMBRES. DATE DE l'eLECTION, MEMBRES UOaiORAIRES OBSERVAT. DEUXIEME SECTION. PHYSIQUE, M15tE0R0L0GIE ET CIIIMIE. DATE MEMBRES NOMS DES MEMBRES. DE l'eLECTION. HON'ORAIRES. OBSERVAT. jMM. Tlienard (Louis-Jacqups). 12 fevr. 1803 * Gay-Lussac (Joseph-Louis)* 23janv. 180/i * Clievieul (Micliel-Eugeiie). • 111 raai 1808 * Dcsprelz (C&ar), . . . • 23 id. !1820 It Poiiillct (Claude). . . . • 6 avril 1822 * Bi'cquerel {Antoinc-C6sar). • 27 id. 1823 » Dumas (Jean-Baplisle). . • 26 fevr. 1825 * Bussy • 11 aout 1827 * Babinet • 1 mars 1828 ** Payen (Anseimc). . . . • ISjanv. 1832 « Gaultier de Cluubry (H.F.G.' Soubeiraii ) 25 aout id. n id. id. id. ddmissionn. Cagniard-Latour (Cli.). . * 21 fevr. 1835 * Pelouze (Th^ophile-Jules). • 7 mars id. * Melloiii ■ 21 mars id. dfimissionn. Pt'ligot (Eugene). . . . • 28 id. id. * Peclet • 4 a\ril id. * Gu6iin-Vary (Tli6opliile). • 2 mai id. )» Frtmy (Edmond). . . • 6 f6vr. !1836 * Boussingault (Jean-Bapt.). • 27 id. id. * Rcgnault (Louis-Vic'-or). . • 28 fevr. 1838 « Lccanu (L.-R). . . . • 30 juiu id. # De Caligny (Analole). . • 6 avril 1839 * Cabours (Auguste). . . • 26 juin id. * Gut'rard (Jac.-Alp.). . . • Gjuillet id. ft Walferdin (H.)- . . . • 20 mars 18Zil Balard (Anloiue-J6r6me). • 24jtiillel id. Becquerel (Edmond). . . • 21 aout id. Masson (Antoine-Philibert)" 9 aviil 18/i2 Deville (Henri-Etienne). . • 9 id. id. 10 id. id. corrcspoiul. Ebeliuen • 18 mars 18/i3 17 mai 18^5 Desains (Paul) 31 id. id. Bravais (Auguslc). . . . 21 juin id. SilbGrmann(Jean-Thiebault).. 20 dec. id. Leblanc (Fiilix) 17janv. 1846 Th^nard (Paul) 13 juiii id. Favre (Pierre). . . . , 1 aout id. Cliancel (Guslave). . . . SOjanv. 18^7 I'orrcipond. Wuriz (Ad.) 8 id. 18/|8 Fizeau (Hipp.-Louis\ . . 20janv. 18i9 Jaiuin (J.) 2k K\r. id. Jacquelaiii (Victor-Auguslo). 29juillet id. I'oucault. (lA'on) .... 15 d^c. id. Porsoz (J.-M.) 9 fevr. 1860 8 DEUXIEME SECTION. NOMS DES MEMBRES. DATE DE l'eLECTION. MEMBRES HONORAIRES. OBSERVAT. TROISIEME SECTION. SCIENCES NATURELLES ET MEDICALES. NOMS DES MEMBRES. MM. Dc Sylvesire (Auguslin). . Duraei'il (Marie-Constant). DcLastcjTie (C.-P. ). . . Brisseau-Mirbel. . . . Bonpland Duvcrnoy (G.-L.). . . Ducrotay dc Blainville (H.) Magcndie (Francois). Clement Cloquet (Jules). . . . Serres (Etieiine). . . . Richard (Acliillc), . . . De Sainl-Hilaire (Auguste) Brongniart (Adolphe). . De Jussieu (Adrien). . . Adelon Huzard (J.-B.). . . . Milne Edwards (Henri). , Roulin Decaisne (Joseph). . . Marlin Sainl-Ange. . . Deshnyes (P"-G.). . . . D'Orbiguy (Alcide). . . Montagne (J.-F--C.). . Doiin6 (A.) Poiseuille Valenciennes Dujardin (Fi-lix). . . . Gaudichaud Vilraorin (I'.-And.-Ph.) . Laurillard Leveilli Doy&re (Louis-Michel). . Gervais (Paul). . . . Laurent. (J"-L,-Maur.). . De Qiialrefages (Arm.). . Guillot Natalis. . . . Lalleuiand Ducharlre (M.-P.). . . Longet Gerdy (Pierre-Nicolas). . Blanchard (Emile). . . Robin (Ch.) Tulasne (Louis-Rt;n6). . Bernard de Villefranche. Lucas Baudement (Emile). . . Nicolet Weddell (IIugues-A.). . Giraldt'S (Joachini-Albin). DATE DE l'eLECTION. d6c. a out mars mars janv. janv. fevr. avril janv. janv. mars mars mai fevr. avril jiiin fevr. f6vr. mars id. id. avril id. id. mai id. fevr. id. mai avril avril d^c. fevr. juillet id. d6c. f6vr. avril juin juillet nov. janv. d6c. id. janv. avril aout avril juillet nov. 17S8 1796 1797 1803 1806 1810 1812 1813 1816 1820 1821 id, 1823 1825 id. id. 1826 1835 id. id. id. id. id. id. id. id. 1836 id. id. id. 1837 id. 1839 I8/1O 1841 id. 1846 id. id. id. id. 1846 id. id. 1847 id. 1848 1849 id. id. MEMBRES HONORAIRES. OBSERVAT. ddraissionn. diliraissionu. correspond. diSmissionn. correspond. 10 TKOISIEME SECTION. NOMS DES MEMBRES MM. Brown-S6quard. Gerniain(E.) . . DATE DE l'eLECTION, 29 d6c. 1849 5janv. 1850 MEMBRES HONORAIRES. OBSERVAT, SOClfiTfi PHILOMATIOUE DE PARIS. ANNEE 4850. m EXTKAIT DE L'INSTITUT, JOIIIINAL INIVEBSEL UES SCIENCES ET DES SOCIKT^S SAVANTES EN FHASCE ET A t'sTRAfiOER. 1" Scclion.—Sciences mathtJmaliques , physiques et naturelles. Boulevard Poissonnieic , 24 , ^ PariSi SOCIfiTE PHILOMATIQUE DE PARIS. EXTRAITS DES PROCI^S-VERBAUX DES Sl^ANCES PENDANT l'aNNEE 1850. «g»-». SEANCES DE 1850. Seance du 5 Janvier 1850. BoTANTQUE. — M. Weddell communique des observations sur les affinil^s des Rafflesiacees etdes Balanophorees. II iui paralt resulter de I'etude qu'ii a faite de ces plantes : V Que les appendices pris jusqu'ici pour les styles des Balano- phorees ne sont, en realite, que des expansions d'une des par- ties inierieures de la jeune graine ; 2" Que I'organe regarde comme le fruit des Balanophorees cstesjentieilement constitue sur le meme plan que les organes que Ton a deraontr6 elre les graines des Rafflesiacees 5 que ce pretendu fruit n'est en realite qu'une graine nue; 30 Que cequi a eteappele la fleur des Rafflesiacees doit etre considcre comme une inllorcsceuce ; 4° Que ce qui , dans les Rafflesiacees , a ete pris pour un pe- ricarpe n'est autre chose qu'un receptacle creux , plus ou moins exactement closa sa partie superieure, et qui a, avec le recep- tacle des fleurs de Balanophorees, le meme rapport que le re- ceptacle des fleurs du Figuier avec celui des fleurs du Muricr ; que les parties deerites comme des placentas ne sont que dcsplisou des processus. ^\vis ou moins confluents de la surface interne de ce receptacle, et les appendices qui ont ete regard^s comme des styles ou des sMgmates ne sont que des parties acces- soires du meme corps ; 6 5° Que la place que les Rafflesiacees et les Balanophorees doi- vent occuper dans la serie des vegdlaux, esl marquee par les con- siderations preccdentcs, et par leur facies meme (sauf les mo- difications apportees par le parasitismo) parmi les plantes dites Gi/mnosi)crmes. Teratologie vegktale. — M. D. Clos, docteur en medecine ct es-sciences, communique les details d'une nionstruosite de fleur de Papaver oiieiUalc qu'il a eu I'occasion d'observer au jardin botaniquede Rouen. « Dans la fleur en question, les verlicilies caliciual et corol- laire offraient la forme et la disposition norraales. Les etamines avaientaussi conserve tous leurs caracteres, et les particuiaritcs d'orgauisation neportaient que sur Tovairc. Celui-ci etait obo- vale et recouvert d'un seul cote par un appendice blanchatre, intiraement applique sur sa paroi exterieure et s"elevant jusqu'a la raoitiede sa hauteur, oii ilse terminait par un rebord brun, inegal et surmonte de petites saillies dentiformes. » Cette observation semble confirmer I'opinion de M. De Can- dolic qui admet dans le genre Pavot I'existence d'un torus sous forme de lame mince, adherant fortement aux carpelles dontil atteint presque le sommet (voyez son Organ., I, 486 ; II, 40); en sorte que le cas que je signale ne differerait de I'etat normal que par un developpement inegal et beaucoup moindre tant en largeur qu'en hauteur de cet organe. Pour ce qui est de sa signi- fication il me suffira de rappeler que M. Dunal 'considere les appendices analogues conime representant une androcee inte- rieure (voir Dun., Consid. org. de la fleur, p. 99) ; et la couleur foncee du sommet de cc disque ainsi que les petites dents qui le terminent seraient peut-elre de nature a appuyer cette maniere de voir. » L'ovaire offrait a son extrdmite superieure un orifice etroit par lequel sortaienldeux peiales dresses, lonfjsde 4 centimetres environ, de forme oblonguc, a sommet obtus et entier, maiss'a- mincissant et devenant liueaires vers la base, dememe couleur etderaeme consibtance que les exterieurs. Dans toute leur por- tion comprise dans l'ovaire, ces deux petales etaient sondes en UD tube etroit, crcux Oaus le baut, plcin vers Icbas, et qui vcnait s'inserer sur un petit corps en forme de cuuc surbalssc occu- pant Ic fond (lu pislil. » Autour de ee tube et naissant comme lui de ce petit support, se montraient sept etamines, conformees comme les elamincs norraales decettc espece, brunes comme elles et melees a quel- ques filets blanchatres, depourvus d'antheres. De ces sept eta- mines, six etaient plus peiites et renfcrmees dans I'ovaire, mais Tune d'elies avait un filet pres de deux fois plus long , qui elevait i'antherc jusqu'au sommetdos carpelles. » II n'y avait pas trace de pistil dans cette production cen- trale, quise trouvaitainsi reduitei deux petales et a sept eta- mines placees anUour d'eux, » Quant a la siructurc de I'ovaire lui-meme, qui contenait ccsorjjanes, elle ne presentait , sans doute, d'autres particu- larites que cellos que nous avons deja signalees ; du moins nous n'avons rit'n note dc special toucbaut les placentas el les ovules. » Je me perm( ttrai d'insister un moment sur la position rel.i- tive des etamines et dcs petales dans le cas que j'ai rapporte. Si Ton veut cousiderer cette raonstruosite vegeiale comme un exem- ple dc ce que M. Moquin appelle prolifiealion mcdianefloripare, oil une fleur part du centre d'une autre fleur, et semble ctre pro- duite par un prolongement de I'axe ou pedonculc de la premiere atraversellc , il estau raoinssingulier de voir Tinterversion de position des etamines et des petales. D'apres cette maniered'en- visager le phenomene , ceux-ci devraient eire les representants des feuilles carpellaires. 11 ne serait cependant pis impossible que les etamines et les petales fisseut partie d'uu nieme vcrti- cille , dont les divisions exierieures se s( raient seules transfor- mees en etamines , contraireraent a la loi qui veut que les or- ganes de la fleur aient d'autant plus de tendance a se metnmor- plioser, qu'ilssontplus intcrieurs. Et , enel'fet, M. Duchartre a decrit une monstiuosile de Narcissus tubocfonnis , D. 11., dans laqueilc les divisions e.xtericurcs du periantiie avaient pris les caracli'.rcs d'dtamines , tandis qi^c les intcrieurcs n'avaicut pas change de forme ( Voy. Jicv. boi. , II, p. 54 7). Le mcme boti - niste a fait coniiaitre uu aulrc fait leral.)lo{j;ique relalif a une fleur d'Oran{;('r datis biquelle les trois vci'ticilles cxterirurs 8 etaicnt rcstes a I'elat normal, ct oii la place de I'ovairc se trou- vait occupee par plusieurs rangsalternalifsd'etamiues etdecar- pelles (Voir^HH. sc. nat. , annee 1844, p. 29G). Enfin Ton poiirrait encore admettre que la partie surajoutee a la fleur du Papavcr orientale etait composee de deux fleurs concentriques, I'une exterieure reduite aux etamines , I'autre terminale, et composee seulement de deux petales. » De ces diverses interpretations nous ne saurions decider quelle est celle qui est conforrae a la verite. » Nousne croyons pas qu'aucun fait analogue a celui que nous venons de signalerait 6te enregistre dans Jes annales de la science, et c'est ee qui nous a engage a le communiquer a la Socicle. » Seance du 23 fevrier 1850, AcoosTiQUE. — M. Cagniard-Latour met sous les yeux de la Societe une espece de petite flule, en laiton epais, que, pour ses reclierches sur les timbres du son , il vient de faire coustruire par iM. Deleuil. Cette flute est analogue au tube a plateau sifflant d^crit par I'auteur dans son memoire sur le sifflement de la bouche ( Voir Journal de Physiologie de M. Magendie, n^^ de Janvier et avril I830);raais, dans lenouvel instrument, I'extremite par laquelle se fait I'insufflation est elargie, de sorte qu'en realile le systeme est compose de deux tubes H, B, I'un plus gros (jue I'autre, qui sont sondes bout a bout. C'est a I'extremite libre du tube B quesetrouve applique ie plateau |)ortant I'ouverture centrale par I'influence de laquelle le courant insuffle met en vibration I'air contenu dans ces tubes. Leurs dimensions a rin- t^rieur sont a peu pres les suivantes : savoir, pour le tube H,. diametre 28 raiilimetres, longueur 17, et, pour le tube B, dia- metre 15 millimetres, longueur 33. Quant au plateau , qui est aussi en laiton , son epaisseur est de 3 millimetres, et le diame- tre de son ouverture de 6 et demi. M. Cagniard-Latour a reconnu que, s'il insuffle son appareil a pleine bouche avecune force suffisante , il se produit simulta- nement plusieurs sons, parmi lesquels il croit distinguer parti- culierement uu w< dieze d'environ lOGG vibrations simples par 9 seconde , et sa double octave aigue, mais on peu haute , c'est- a-dire assez voisine du re pour qu'il en resulte une certaiue dis- sonance ; de sorte que, fmalement, I'effet sonore de cette flute, quoiqu'il ne puisse resulter que de vibrations purement ae- riennes , ne laisse pas que de lessembler a celui que la raclette ou ripe des macons produit ordinairement par ses frottemeuts sur la pierre , surtout lorsqu'elle est d'une certaine durete. L'auteur, apres avoir fait entendre a la Soeiete ies effets de sa fiute , annonce I'intention de rechercher s'ii sera possible , a I'aide d'un pareil iDslrumentconvenablement modifie , d'imiter aussi Ies timbres de sons produits par Ies vibrations d'autres corps solides. Hydraulique. — M. de Caligny communique une note sur un moyen de reraplacer par un jeu de colonnes fluides le piston d'un nouveau moteur hydraulique a aspiration , qu'il a presente a la Soeiete en 1844, et qu'il a execute en 1847. II s'agit au- jourd'hui seulement des cas o]u cct appnreil est employe a elever del'eau. M. de Caligny fait observer aux personues qui pour- raient le blamer parce qu'il presente la plupf.rt de scs appareils avant de Ies avoir executes , dans Ic but de prendre date, qu'ils fiuissent toujours par fonctionner comme il I'a aimonce, etque cela m6me est une prcuve de i'etat ou il a mis cette partie de la science. Un tuyau de conduite descend d'un reservoir alimente par Ies eaux motrices et dcbouclie hoiizontalement au-dessous da niveau du bief iuferieur. Une soitpape de Cormvall met alterna- tivement en communication ce tuyau de conduite avec an tuyao de conduite dispose au-dessus, et dont I'extremite s.uperieure recourbee debouche dans un reservoir alternativeraent rempii par de I'eau elevee de la maniere suivante. Quand la soupape de Cornwall est ouverte, I'eau du bief d'amont descend dans le premier tuyau de conduite , deja rem- pii d'eiiu qui prend graduellement de la vitesse. Quand cette soupape intcrrompt la communieatioii entre le systeme et le bief superieur, la colonne liquide doiU on vient do parler, conti- nuant a se mouvoir dans le tuyau qui la conticnt , rarefie une colonne d'air comprise entre son sommel el le niveau de I'eau qui se trouve gardee par une soupape du reservoir, dispose a I'autre FAtr^it (K' (7'i$/(/hM.'« section, ISA^, 2 10 cxtreiiute dii liiyau superieur dans lequcl se trouve cetle colonue d'air. A parlir du moment ou cet air est suffisamment rarefie, I'eau monte par uu tuyau d'aspiration ordinaire daus le reser- voir dont il s'agit , jusqu'a ce que les vilcsses des colonues li- quides aspirantes soient etointes. L'eau contcnue dans le tuyau de conduite qui descend du bief d'amontau bief d'aval , revientensuite sur scs pas , en vertu de la dilatalion de I'air dans le tuyau interm^diaire. Mais comme le poids de la partie contenuo entre le niveau des deux biefs lend a s'opposer a ce reiour , cela ne pcut se faire d'une manierc convenablo que dans certaincs conditions , si la soupape de CornNvall peut fouctionner en vertu de principes analogues b. ceux de I'appareil execute en 1847. En effet , dans ce dernier apparel! , la soupape est maintenue fcrm^e an moyen de I'aspi- ration merae dela coloune liquide en mouvement, et elle s'ouvre ensuite au moyen d"un contre-poids quand cette aspiration est finie. Or, pour la nouvelle dispos tion dont 11 s'agit aujourd'hui, il faudrait, dans les memes hypotheses, que la coloune d'air con- tenue a I'interieur de I'appareil reprit la densite suffisante pour que le contre poids put .ngir, Cette condition, pour etre rempiie, cxigcrait (ju'il y lut un rapport convenable enlre la hauteur de la chute motriee, et la hauteur a laquelle on veut eleverde l'eau au-dessus du niveau du bief d'amout , en vertu de la plus ou moins grandc quantite de force vive eminagasinee dans le premier tuyau de conduite. Ou conceit , en effet , que si toutes les choses etaientbien corabinees, l'eau contcnue dans le tuyau de conduite dontil s'agit , etant a son touraspirec pnr suite de la dilatation de I'air dansletuyau inlcrmediaire, reviendraitsur ses pas, et depasserait, a cause de sa vi tesse de retour, le point ou elle resteraitenetjuilibre si ce mouvemont n'existait pas, de noaniere eniin a ramener cet air a la densite convenable pour le jeu de I'appareil. Alors la soupape de Cornwall s'ouvrirait , I'air inte- rieur tcndrail a reprcndro la densite de Pair atmospherique, et l'eau elesee dans le reservoir d'aspiration superieur sortiraitde I'appareil au moyen d'une soupape laterale, comme cela se passe dans la machine qui porte le nom de De Trouville. On peut remarqucr qu'il parait facile d'nppliqucr le memo principcci uu systfeme de petUs aspiratcurs disposes d'uuc ma- 11 nlere analogue h ceux de cette ancienue machine , dont le fjrand aspirateur, piece dispendieuse et incommode, sera remplacepar le premier tuyau dc conduite a colonne liquide aspirante , qui jouit en outre de I'avantage d'utlliser par oscillation ime partie du travail pordu par I'ancienne machine dont il s'agit ; de sorte qu'en definitive le systeme ayant une section beaucoup moindre sera sans doute d'un etablissemeut bien moins couteux. Dans I'appareil a piston meulionne ci-dessus , et qui a ^te exe- cute avec succes en 1847, quoique dans de tres petites dimen- sions , la soupape de Cornwall se ferme an moyen d'un genre de succion analogue a celui qui a ete specinleraent etudie pnr Venturi , et qui se presente a I'epoque ou le tuyau de conduite tend a debiterplus d'eau qu'il n'en peutarriver par I'ouverture de la soupape , en vertu de la hauteur du niveau de I'eau dans le biefd'amont. Iln'est pas indispensable de se servir de cette methode, la soupape pent fonctionner par des moyens mecaniques tresconnus. Mais eufiu , si Ton veut continuer a s'en servir k cause de son extreme simplicite , on peut la simplitier encore. II sufflt de faire ouvrir la soupape par un mouvement de haut en has , au lieu de ie faire par uu mouvement de bas en haut. Alors la soupape, couvcnablement equilibree , si cela est necessaire , s'ouvrrra a I'epoque voulue par son propre poids. II ne sera plus utile d'y joindre , comme ci-dessus , un balancier a contre- poids , que pour lui perraettre de se fermer en vertu de la suc- cion , dans le cas ou elie serait trop pesante. En definitive , la masse totale a mouvoir alternativemeut sera diminuee , et I'ori- fice annulaire, alternativemeut abandonne par la soupape, sera a une profondeur moindre au-dessousdu niveau du biefd'amont, ce qui est en general un avautage pour plusieurs raisons. Quant aux dispositions analogues a celle qui est I'objet special de cette note , ii est iuteressant d'obsorver qu'il ne parait pas en general indispensable de ramener I'air interieur b. la densite de I'airexterieur, pour que I'eau elevee puisse se d^charger latera- lement comme dans la machine de De TrouviUe. II suffit que le reservoir superieurd'aspiration , ou pelit aspirateur, ait une hau- teur d'eau suffisante pour que la pression de I'eau qu'il contient , jointe k la pression conservee en vertu de la tension de I'air in- terieur, depasse en somrae la pression de I'air exterieur ; de sorte 13 qae, dans desappareils du genre deceux dont il s'agit, on con^joit qu'il n'est pas impossible qu'une colonne d'eaud'une certains longueur puisse etre disposee au-dessus du niveau du bief d'a- mout , a I'autre extremite du tuyau intermediaire contenaut la colonne d'air. II est essentiel de remarquer que la soupape de Cornwall , en reunissant alternativement deux tuyaux de conduite, nebouche jamais leurs sections transversales , etpar consequent ne donne pas lieu d un coup de Oelier. II n'est pas necessaire d'entrer dans les details relatifs , par €xemple, aux diametres des diverses parties de I'appareil , et aux diverses conditions relatives au jeu de la soupape, qui ne peu- vent etre bien etablies que par I'experience ; ainsi il est ci peine necessaire d'ajouter qu'on pourra disposer sur le tuyau d'aspiration un reservoir d'air rarefie , comrae celui que Ha- cliette conseille d'adapter au tuyau d'aspiration de certaines pompes. Seanee du 2 mars 1849* Anatomie yegetale. — M. Ernest Germain, de Saint-Pierre, lit une note portaut pour titre : De la structure du butbe ou tubercule des Orchis et du bulbe pedicelle des Tulipes, « Cette note, dit-il, a pour objet la structure restee inexpliqu^e jusqu'a ce jour du bulbe ou tubercule des Orchis et des bulbes anormaux de certaines Liliacees. » Les bulbes ou tubercules reproducteurs des Orchidees nais- sent a I'aisselle des feuilles inferieures de la lige florifere. On a longtemps pense que le nouveau tubercule nait toujours du raemc c6te de la tige, de telle sorte que la plante avancerait chaque annee de I'epaisseur d'un bulbe dans une meme direc- tion ; on a, en dernier lieu, admis que le nouveau bulbe se deve- loppe alternativement une annee ci droite et I'annee suivante h gauche, de telle sorte que la plante resterait h peu pres a la meme place. L'observation et la culture d'un assez grand nombre d'Orchidees indigenes m'a demonlre que ni I'une ni I'autre de ces opinions n'est I'expression exacte de la verity. En effet , il se developpe tres souvent non pas un seul tubercule , mais deux, a peu pres opposes a la base d'une mfeme tige; I'annea IS suivante chaeun de ces tubercules emet line tig6 floriferfl qu! produit a son tour deux nouveaux tubercules dont la direction forme un angle droit avec la direction des precedents ; de telle sorte que la plante est representee d'annees en annees par des individus dont le nombre va toujours en doublant et qui s'eloi- gnent et s'entrecroisent dans toutes les directions ; j'ai constate plusieurs fois cette disposition chez les Orchis galeata et O. Simia, et chez le Saiijrium hircinum. Quelquefois aussi il ne so developpe chez les memes especes qu'un seul tubercule qui prend naissance soil d'un c6t6 soit de I'autre. Chez d'autres, il existe trois ou un plus grand nombre de tubercules qui appartenant k des feuilles successives de la meme spirale se dirigent dans des sens differents ; c'est ce que Ton observe chez VHerminium monorchis et chez le Serapias Lingua. (Chez les especes que ja viens de citer, ils sont port^s sur de longs pedicelles. ) » Afindeme rendre compte de la nature de ces tubercules, je les ai suivis depuis leur premiere apparition jusqu'a leur d^ve- loppement coraplet et a leur destruction ; et j'ai constate les faits suivants : Longtemps avant I'epoque de la floraison , des la fin de I'automne , on trouve a I'aisselle d'une ou plusieurs des feuilles inferieures du tubercule destine a fleurir, un bourgeon qui doit constituer plus tard un nouveau tubercule. Ce bourgeon, en grossissant, dilate la base de la feuille a I'aisselle de laquelle il a pris naissance ; un peu plus tard, la gaine de cette feuille , distendue trop fortement, est dechiree et travers6e par le bour- geon ou jeune tubercnle dont la base se prolonge des cette epoque et descend au-dessous du niveau de son insertion. Si Ton fait une coupe verticale de ce jeune tubercule, on voit qu'il se compose dans ses deux tiers sup^rieurs d'une sorte de pedicelle creux qui n'est autre chose qu'une dilatation en forme de sac ou d'eperon de la base de ses premieres feuilles. Cette dilatation en eperon de la base des feuilles est le resultat de la pression oblique qu'a exercee sur ces feuilles externes, encore tres jeunes, le corps du bourgeon qui est doue d'une tendance particuliere a se prolonger au-dessous de son insertion. Un cordon nourricier ou raphe (representant I'axe du bourgeon dans I'intervalle qui separe I'in- sertion des feuilles dilat^es en dperon de I'insertion des feuilles terminales ) est adherent a la parol interne du canal de I'eperoD- 1/1 te tiers infdrieur du jenne tubercule se compose de la partie ter- minale du bourgeon consistant eu plusicurs feuilles eraboitees , et eraeltant inferieurement une masse radiculaire soudee a la cavite de i'eperon qu'elle continue k distendre a mesure qu'elle acquiert plus de volume. Cette masse radiculaire est d'abord indivise et plus ou moins globuleuse; elle conserve souvent cette forme pendant toutesa duree, c'est ce qui arrive chez VOrcliis galeata et\e Satijrmm hircinum ; chez VOrcliis bi folia elle se prolonge en une, rarement en deux fibres radicales; cbez d'au- tres enfin elle se diviseen lobes peu profonds conime cbez 1' Or- chis sambucina, ou bien elle se prolonge en quatre ou six raci- nes paralleles comme chez V Orchis maculala ; soit que I'eperon distendu outre mesure cesse insensiblement de recouvrir ces longues racines, soit qu'il les recouvre jusqu'a leur extremite d'une mince membrane. » La demonstration de la presence de I'eperon au niveau de la partie radiculaire du tubercule (a laquelle partie il est adhe- rent) resulte de I'examen do plusieurs jeunes bulbes chez les- quels j'ai trouve I'eperon de la feuille la plus exterieure (qu sans doute n'avait pu se developper assez rapidement pour sui- "vre I'accroissement de la partie inferieure du bourgeon) traversee par I'eperon de la seconde feuille qui seule avait pu suivre re- volution du bourgeon ; dvidemmeut , la premiere feuille, avant de s'etre laisse traverser, formait un cul-de-sac qui renfermait la base descendante du bourgeon, et, si la dilatation eutete assez rapide , elle eut continue a envelopper toute la masse et a faire corps avec elle. » L'observation du mode de vegetation de V Orchis albida me parait conflrmer I'exactitude de cette maniere de voir. Chez cette espece il n'existe pas de tubercule , parce que les sacs ou ^perons so laissent immediatement dechirer et traverser par les racines emises a la base du bourgeon ; il en resulte que les ra- cines sont completeraent libres et isolees des leur naissance; leur coupe transversale montre que leur axe est occup6 par un seul faisceau fibreux et non par plusieurs comme chez les tu- bercules renfermes dans les eperons (tubercules qui paraissent constitues pnr les elements de plusieurs racines aggloraerees ) ; en regardaat avec attention au niveau de I'origine des racines Id de V Orchis albida, ou trouve une petite gaine constituee par les debris d'un eperon court qui a ete dechire par le passage des racines prcsque aussltot apres sa formation. — Les racinesdes Spirantlies me paraissent etre le resultat d'une semblable orga- nisation. » Outre la masse radiculaire dont je viens d'exposer la struc- ture, des racines naissent plus tard de la base de la tige ( qui resuite du deveioppement uiterieur du bourgeon) ; j'ai trouv^, dans la famllle des Liliacees, chez les Lilium Martagon et L. Pijrenaicum (ct le meme fait existe probablement dans d'autres especes de la meme section), un exemple analogue de racines naissant a la base de la tige pour venir en aide aux racines emises par le bulbc. » Le fait de la dilatation en sac ou eperon de la base des feuilles exterieures d'uu bourgeon bulbeux (eperon dans lequel s'intro- duit la masse du jeiine bulbe), bicn qu'exceptionnel dans I'bis- toire des organcs de la vegetation, est loin d'etre un pheno- raene sans analogue chez des plantes appartenant k d'autres families que les Orchidees. — Je me contenterai aujourd'hui de parler des bulbes p^dicelles ct descendants qui existent dans le genre Tidipa , la structure de ces bulbes presentant une ana- logic frappaute avec celle du tubercule ou bulbe des Orchidees. « Plusieurs naturalistes out parle de ia forme bizarre des bulbes pedicelles des Tulipes. Pallas parait I'avoir signalee le premier dans sou Voyage dans les provinces de I'Empire russe; depuis , MM. Treviranus, Ernst de Berg et Kaeker, out men- tionue cos bulbes sans en donner d'explication. M. Raspail les decritdaiis son Systerae de physiologic vegetale et les compare a des fruits ou a des graiucs ; il y trouve les analogues des enveloppes de I'embryon et de I'cmbryon lui-raeme; enfin, M. Henry a public sur ce sujet un memoire fort etendu. Aim d'eviter de me laisser influence r par les opinions emises , je n'ai voulu en prendre connaissance qu'opres avoir etudic la question dans la nature et avoir arrete les bases de ma propre interpre- tation. Cette interpretation differe essentiellement de celle des observatcurs que je viens do citer. » Dans le genre Tulipe , iudepeudamment des cayeux analo* gues a ceux qui existent chez un grand nombre d'autres Liiia- 16 cees, il existe des cayeux d'une nature toutc speciale. Une ou plusieurs tuniques du bulbe emettent a leur aisselle un organe qui a I'apparence d'une fibre radicale , mais plus gros que les fibres radieales qui partent de la base du bulbe. — Si on fend dans sa longueur un de ees prolongemenls ( longs de vingt ^ trente centimetres chez le Titlipa sylvestris, plus courts et plus volumineux chez le Tulipa Gesueriaun , ou on ne les rencontre qu'accidentellement ), ou voit que ce prolougement constitue un tube cylindrique a I'extremite duquel on trouve un bourgeon r^flechi , c'est-2i-dire dont la pointe est dirigee vers la base du tube ; ce long tube est I'eperon d'une feuille dont le linabe est quelquefois foliace , mais plus ordinairement est reduit a une courte membrane. » M. Henry considere cette feuille prolongee en eperou comme appartenant au bulbe mereJe me crois fonde, au contraire, a la considerer comme etaul la premiere feuille d'un bourgeon axillaire ; en effet, si on examine un cayeu non pedicelle de Tu- llpe, on verra que sa base est oblique et presente un veritable eperon rudimentaire ; c'est ce meme eperon (rudimentaire dans le cayeu sessile) qui se developpe considerablement dans le cayeu pedicelle ; I'observation des transitions qu'il est facile de reri- contrerentre les cayeux a base seulement oblique et les cayeux deja manifestemcnt pedicelles ne peutllaisser aucun doute h cet 6gard. Je dois ajouter cependant que, quand le bulbe n'a pas la force de produire une tige florifere, il m'a semble que ie bour- geon terminal qui serait devenu tige florale si le bulbe eiit ete plus fort, est susceptible de prendre la forme d'un bourgeon descendant ou bulbe pedicelle; dans ce cas, la feuille prolongee en eperon, tout n appartenant au meme axe que le bulbe des- cendant, nppartient aussi u la plante mere (puisque c'est I'axe principal dont le sommet se reflechit). * Dans tous les cas, cet eperon est le resultat de la pression laterale et de haut en has operee par la parlie tormiiiale du bourgeon sur la base de sa feuille infericure. — Cette parlie ter- minale du bourgeon 'onsiste d'ubord en une tres petite masse cclluleuse qui s'en^age de plus en plus dans la depression ou eperon qu'elle a ddterminee; I'axe du bourgeon axillaire s'al- longe ainsi ind^fiuiment sans grossit et en refoulant dcvant lui 17 le cul-de-sac de I'^peron qui s'allonge aussi ihdefininlmeiit jus- qu'i ce qu'il y ait un temps d'arret dans I'allongement de I'axe } c'est alors que la partie terrainale du bourgeon grossit, prend les caractferes d'un bulbe et distend eu une poche termiuale le cul- de-sac de i'eperoa qui conserve pendant toute cette evolution une telle vitalite que son ^paisseur au lieu d'etre moindre est la plus considerable au point ou il est le plus distendu (exacte- ment comme les parois de I'uterus dcs Mammiferes prennent une plus grande epaisseur a mesure que I'organe est plus dis- tendu par le produit de la conception). » Mon opinion differe encore de celie de \I. Henry qui consid^FB le fondde I'eperon comme Tinsertion reelie du cayeu, et regarde le cordon de vaisseaux nourriciers qui arrive au cayeu comm;e une d^pendance de la feuille , tandis que je regarde ce cor- don de vaisseaux nourriciers comme elant I'axe meme du bour- geon soude avec la parol de rcperon, I'inserlion reellc de cet axe sonde etant I'aisseiled'une des feuiiks du bulbe-mere. » Ce cayeu , enferme dans un sac ^ la face interne duquel sae est sonde le pedicelle ou axe du cayeu, nous presenle une ana- logie frappante avec un ovule rcflechi ; ou y trouve un raphd represente par le merithalle sonde k la face interne de la feuille exlerieure qui joue le role de primine, et une chalaze au point u nalt la deuxierae feuille du bourgeon (qui serait analogue k la secondine), avec cette difference importaute qu'ici la primine se developpe manifestement avant la secondine. Mais ici s'arrete I'analogie avec I'ovule, car le bourgeon qui continuera a se de- velopper ne peut representer I'embryon, puisque la radicule cor- respond ici a la chalaze et non au micropyle represente par I'ou- verture de la cavite de I'eperon, ouverture par laquelle se fait jour la pointe du bourgeon lors de la germination du bulbe de- venu libre par la destruction de la partie tubuleusede I'eperon; cette destruction a lieu par dessechement dans le courant de I'ete ; I'eperon qui dans I'origine etait blancetcharnu est a cette epoque r^duit k une membr.ine mince et de couleur brune. — C'est h tort que I'on comparerait la feuille charnue, que j'ai nommee secondine, a un cotyledon ; elle en joueevidemment le role, niais elle n'en est pas I'analogue. » Je tcrminerai en insistant sur Its rapporls et les differences EJtrait de I'Institut, 1«« scclioii, I8 o. 3 18 qui existent entie le liulbc pcdicelU- el deiccnjanl clesTuIipcset Ics buibes ou tubcrcuUs des Oichiddes quo nous vcnons d'exa- miuer. Nous, tiouvoas dans Ics deux cas un bourgeon bulbcux qui repousse devaut lui la base d'uue ou deux de s.'s premieres feuilles, et se loge dans le sac qu'il y determine par sa pressioji continue. La difference la plus saillante est que, chez VOrchis, la racine est contemporaine dij boul'gepn, foime la plus gr^ande parlie et Ifjs racines dans ce grand embranchcment (les ycig^tau^. , 1 .; >fi< 20 serve dans le Tamus communis. (Voy. Dufrochet, M^moire 1, p. 288.) » Au contraire, Ics tubercules des Spiranthes {cesttvalis et aulinimalis) soat do veritables racines adventivcs ; ils different de ceux des Orchis par leur nombre variable ; par rabsence de ra- cines filiforraes au-dessus d'eux, les seules auxquelies il faille les comparer dans les Orchis; par leur systerae vasculaire reuni en un seul corps et non en faisceaux distincts, enfin en ce qu'iis partent'd'un plateau et non de sa base. C'est qu'en effet ce pla- teau radicif^re est I'equivalent, dans les Spiranthes, des tuber- cules d'Orchis produits par gemmation. » Les pretendus bulbes d'Orchis et d' Ophrys\sor\t bien evi- demmentdes tubercules. On pent etablir les distinctions suivan- tes entre ces deux sortes de corps. — Le tubercule est un ren- flement souterrain dont la dilatation porte sur des parties axiles et dont les organes appendiculaires^spnt nuls ou reduits a de petites ecailles ; tandis que dans les bulbes, ces derniers, nom- breux, imbriques ou erabrassants et charnus, I'emportent ordi- nairement sur I'axe par la masse. Les bulbes se detruisent par la base, ce qui n'est pas le cas pour les tubercules. Enfln, un bulbe represente toujours un bourgeon ou rameau, tandis que le mot tubercule a une acception beaucoup plus large, ainsi qu'on peut en juger par la classification suivante que nous pro- posoDS des tubercules : 1. Tubercules radicaux : dilatation du corps de la racineque I'on rcconnalt a la presence des rangees rdgulieres des radieelles h sa surface. Ex. : Garotte, Betterave, Panais, Navet, cultives. 2. Tubercules du collet : absence de feuilles et de radieelles syra^triquement placees ; souche paitant de leur base ; jeunes, ils sont surraontes ordiuaircmeut d'un ou de deux cotyledons. Ex. : Corydalis cava et llalleri, Cijclamen, Carum bulbocasla- wum, etc. 3. Tubercules du collet ct de la souche : radieelles distribuees r^guli^rement sur la partie iof^rieure du tubercule, caractere qui manque sur la portion sup^'ieure, laquelleest aussi depour- ■vue de feuilles et surmontde de cotyledons. Ex. : Radis. 4. TuberctUes hypomeriihalliens ou tubercules de la partie d'uQ rameau situee aii-dessous de la premiere feuille de cclui- 21 ci ; origine axillaire ; ul radicclles ci feuillcs symetriquemeat disposees. Ex. : Orchis provenus de gemmation. 5. Tubercnles monomerithalliens ou d'un 'entreuoeud de la tige; ni feuilles ni radicelles placees avec ordre a leurpourtour; souche ne partani pas de leur base : Tamus communis. 6. Tubercules poly7iieriihal liens et comprenant, soil plusieurs entrenoeuds, soit un rameau tout entier (tubercules rameaires). En presence de feuilles ou ecailles r^guliferement ageucees, ab- sence de radicelles offrant ce caractere. 7. Tubercules adveniifs , ils sent formes par des racines ad- ventives, e'est-a-dire uees en tout autre point de la plants que sur la souche et sans syraetrie. Distingues par ces deux carac- teres et ausssi par I'absence des feuilles ; ils sont tantut siraples, ex. i5pimw Dans uue note precedente siir la striutuie du bulbe ou tubcrcule des Oi cliidees (section des Opiirydecs) j'ai demoulro, que cc bulbe est compose dans sa paitie superieure par I'eperon des fcuillcs du bourgeon dans Icquei descend le bourgeon lui- nicme qui cmet n sa base une masse radicuiaire adbercnte a un sac qui la renfeime ; ce sac constitue chcz ces bourgeons anor- niaux une veritable coleorbize. » BoTANiQUE. — Une note snr la })lace que doit occiiper Ic fjciire Ik'gonia oto la fam'illc des Br.qoniacccs dans la mtlhode natw'cUe est communiquee par M. I). Clos. « l.esespecosdu genre Beyonia tiennent aujourd'hui un des premiers rangs en borticullure; leur nombre est deja conside- rable, ct plusieurs d'entre elles font rornement de nos serres. On a done pu eludicr avec soin lenr organisation, ct cependant ou n'est guere plus fixe quanl u la place qu'il convitnt d';issi- gner ace genre dans la classification natiirelle qu'on ne Tetait du temps de A. L. de Jussieu qui le comprenait dans sa liste des inccrue sedis. « II n'est pas peu curieux dc vo r, dit .)!. Liudley » [Vrgct. K'vnjd., p. 318), les opinions des botJinistes sui' lis » ai'fiaites de ces plantes bien connues renter indecises jusqu'a » ee jour. Jo supposai d'abord que la f;imille avail des rapports » avec les Hydrangees par suite de quelque ressemblance dans » les graiues. D'autres les out rapprocbees des Polygonees, a » cause des stipules, du fruit a Irois ailes ct du calice co- » lore; Link les met pres des Ombeilitercs , Martins pres des » Scevolees et Meisner avec les Euphorbiaeees... Mais leurs affi- « nites reclles semblenl etre avec les Cucurbitacees. » Celte derniere opinion est aussi celle de MM. Endlieher, Brongniart ct Ad. de Jussieu. Sans doute il existe des points de contact multiplies cntre ces deux families ; niais les Cucurbitacees, mal- gre leurs flcurs uuiscxuees, n'ont jamais plus de cinq etamincs ; icur fruit est babitucllement cbarnu et depourvu d'ailes ; la placentation est tout autre; les grainis sont giosseset compri- mees ; enfin eiks out des vrilles (stipules transi'ormccs?) el leur tige n'est pas arliculce. Ce sont la des differences capitales. Quant aux caractcrts qui separent les Bcfjoma des autres fa- 35 milles deji'i citecs, ils soiit trop connus, tini" saillants nourque jc croie devoir Ics mcntionncr. » Mais il est unc t'aniille avcc laque'l'? i( s Brr/. nin inc sem- blcut avoir bieii plus de rapports qu'avcc ci'IIos dont il vient d'e- tre question , e'est la famille des Aristolociiiees. A vrai dire, si I'oii compare un Ber/omaa\ecime espece du genre Arisloloclnn, on aura quelque peine a c